mardi 7 octobre 2008

Au réveil

Je me suis levée avec mon mari ce matin. J'ai ouvert la porte au chat et j'ai vu les étoiles de la nuit dehors, alors que le froid du matin n'était pas encore là. Puis j'ai vu le jour se lever au travers de la fenêtre, là-bas au loin sur les hauteurs du Verdon que l'on aperçoit jusqu'ici. Mon mari a mis de la musique, a fait du café neuf, m'en a servi une tasse et m'a embrassée en me souriant avant de partir travailler.


Et qu'est-ce que je fais maintenant, je me recouche un peu ou non ?

lundi 6 octobre 2008

Le linge propre

Je me suis levée (trop tard, encore, mais j'ai réussi à gagner trois petits quarts d'heure sur mes horaire de ces derniers jours : je progresse), j'ai mis de l'eau à chauffer et suis allée me débarbouiller. Je suis sortie devant la maison et j'ai bu un café au soleil avec le chien à mes pieds.


Puis j'ai enfilé une veste et je suis allée mettre le nouveau cheval au parc. Quand je suis revenue du parc il s'est mis à tomber trois gouttes, sous le soleil devenu timide. Je me suis tournée vers l'ouest et il y faisait tout gris, avec un gigantesque arc-en-ciel (et je vois que ce n'était pas le seul). C'était beau.


Je suis revenue, j'ai nettoyé un peu le box, et puis je suis allée boire une menthe à l'eau avec les gens de la ferme qui étaient là. Les filles sont rentrées des vendanges très tôt, il n'y a plus grand-chose à faire, cette année ils font presque tout à la machine.


Devant la menthe à l'eau se prépare la réouverture d'un commerce du village, c'est pour bientôt, beaucoup de la ferme en sont, ça intéresse tout le monde et chacun y va de son petit conseil sur les travaux, le mobilier, les techniques de vente.


Je regarde au loin le nouveau cheval qui se fait attaquer par les moucherons, il hoche la tête et remue la queue sans cesse, et je ne sais pas trop quoi faire pour l'en soulager. On a parlé de lui mettre un bonnet, mais on s'est dit qu'il était déjà trop aristocrate sans avoir besoin de le déguiser en plus ;-) Avec un peu de chance il s'habituera.


En fait, le plus dur c'est que là j'ai fait à peu près tout ce que j'avais prévu de faire dans la journée. Et il n'est même pas tout à fait midi. Les filles m'ont proposé de descendre avec elles au village d'à côté cet après-midi, faire trois courses, mais je n'en ai pas bien envie. Je les aime beaucoup mais je peine à prendre leur rythme à elles, elles ont des habitudes qui ne sont pas les miennes et beaucoup ne prennent pas facilement leur place dans le déroulement de mes journées. Et j'aime encore beaucoup passer du temps seule, et ça m'est sans doute nécessaire.


Alors à présent, je me trouve dans le moment où je sais ce que je pourrais faire (ranger la vaisselle propre et nettoyer la cuisine, prendre une grosse douche et m'épiler en attendant que la machine à laver ait fini puis ranger le linge sec et étendre le mouillé, passer un coup de balai dans les chambres,...), mais je n'ai plus très envie de rien. Ou j'ai peur de le faire. J'ai peur de ne pas bien le faire. J'ai peut-être peur d'arriver au bout de ma liste de choses à faire.


On n'a toujours pas retrouvé les clés qu'il faut pour démonter le lit de bébé qu'on avait mis dans la pièce qui devait être sa chambre. On y passe de temps en temps, mais on a complètement désinvesti cette pièce, on ne l'utilise plus telle qu'elle devait l'être et pas encore telle qu'elle le sera finalement. Et il y a toujours ce lit qui brise notre volonté, même si l'on n'en parle pas, même si l'on se contente de penser à autre chose, de ne pas le regarder quand on passe. Il y a aussi les cartons de vêtements de bébé que l'on avait laissés ouverts volontairement mais que l'on pourrait fermer et stocker à présent, il suffirait de mettre les boules de cèdre dedans, de les scotcher et puis de les mettre... où ? Je ne sais pas où l'on va les mettre, j'ai peur de les ranger dans le grenier, j'ai peur qu'ils prennent l'eau, se fassent ronger par des bestioles, je ne sais pas si ça craint ou pas mais j'ai peur de les laisser dans un endroit où l'on ne peut pas veiller à ce qu'ils soient protégés. Mhhh. Je réalise que j'ai terriblement peur de tourner complètement la page (même si ce n'est pas la présence de ce lit ni de ces cartons qui y change vraiment quelque chose en réalité, je le sais bien). Sur le coup je trouvais infiniment glauque ces parents qui ne touchent pas à la chambre de leur enfant disparu, mais à présent je peux comprendre ce qu'ils ressentent et ça n'a rien de glauque. C'est une paralysie.


Les nuages se sont dissipés maintenant. Il va faire chaud cet après-midi. J'ai envie de boire un autre café, et quand je serai en bas je sais que machinalement je finirai par le vider, ce lave-vaisselle propre. Que je me ferai à manger, puis que j'irai chercher quelques herbes sèches à placer dans le vase que l'on nous a offert hier, et que ça remplacera les roses qui à présent sont fanées. C'est joli, des bouquets dans la maison. Je regarde l'étendoir à linge et me dis que je peux le faire. Je peux le faire.


Parfois, le goût à la vie tient juste à un bout de drap sec qui attend sur un étendoir au soleil.

samedi 4 octobre 2008

Pas trop d'idée

Je ferais bien un petit billet ce matin, mais je ne sais pas de quoi parler.

jeudi 2 octobre 2008

Le petit nouveau

Le premier est arrivé hier soir, avec quelques jours d'avance. Il est venu tout droit du Danemark (enfin pas exactement en fait : il a fait une pause au Luxembourg), en camion, un drôle de trajet pour lui sans doute. Il est sorti du van tout alerte, a marché un moment pour se remettre la circulation en route et a senti partout, a regardé tout ce monde autour de lui qui venait l'accueillir. Ça doit être tellement différent du milieu qu'il a quitté...


Il est grand le petit nouveau, bai brun foncé, un jumper à la retraite d'après son maître, pas peu fier de le faire défiler sous nos "waaaaa" admiratifs. Le poil court et brillant, l'allure fière et fine, une petite marque en tête si j'ai bien vu, il ressemble à une genre de selle français - mais qui serait made in là-haut. Il va prendre un peu de temps pour se mettre au diapason de la ferme parce qu'actuellement il dort dans un box et mange des céréales (son maître a dit : "No grass !" et j'ai pensé "Ben va y avoir du boulot..."). Il a même une couverture pour les nuits un peu froides (mais entre ici et son pays d'origine la notion de "froid" ne doit pas être tout à fait la même... j'imagine).


Ce matin ils l'ont mis en parc avec d'autres chevaux de la ferme. On verra comment ça se passera pour faire connaissance, s'il se fait des amis. Au moins, eux n'auront pas le problème de la barrière de la langue... qui nous a rendu la tâche ardue hier soir : comment fichtre est-ce qu'on peut bien dire "licol", ou "sellerie" en anglais, hein ?


[ La réponse est : halter pour "licol", et saddlery pour "sellerie" ; merci WordReference ;-) ]


Tout à l'heure j'irai lui faire un coucou, voir comment ça se passe. Et puis j'irai voir les sabots du cheval déferré aussi, pour observer comment se passe la transition. Pour l'instant il demande une de ces concentrations pour marcher, c'est impressionnant ! Tant de sensations à réapprendre...

mardi 30 septembre 2008

Oublier tout savoir

C'est le thème-phare d'un magasine que j'ai acheté l'autre jour et que je ne connaissais pas : Planète cheval au naturel.



Il y a des chevaux à la ferme. Et l'on n'a de cesse de me proposer de m'en occuper, quand j'irai mieux. Alors je reprends un peu de service dans cette passion qui m'a tenue si longtemps et dont j'avais peu parlé ici parce que je ne pratiquais plus. Donc en tombant sur ce magasine, j'ai bien eu envie de voir ce qu'ils racontaient dedans, question de me remettre... le pied à l'étrier.


Et j'y ai lu un article (résumé ici : Avec application... on achève bien les chevaux !) qui a remis des tas de choses en question dans ma tête. Je pensais qu'un certain nombre de mes connaissances équestres étaient sures, relevaient de la connaissance naturelle des chevaux et n'étaient pas à remettre en question, bien que je ne les avais pas vérifiées par moi-même mais je croyais que si tout le monde se basait sur cela, c'était que ça devait être vrai.


Des choses comme le fait que quand on pince (voire, quand on brosse) un cheval le long de la colonne vertébrale entre l'emplacement de la selle et le début de la croupe, il réagit en creusant le dos parce que ça le chatouille. L'auteur explique (avec des éléments qui semblent tomber sous le sens, quand on y réfléchit 5 minutes) qu'il n'en est rien, et que si le cheval s'abaisse comme cela c'est parce qu'il a mal. Et pourquoi a-t-il mal d'après lui ? Parce qu'il porte des fers, qui modifient complètement ses aplombs et son équilibre, et qui lui font forcer sur son dos, qui souffre (surtout quand on vient le lui rappeler en le pinçant).


Des choses, aussi, comme le simple fait qu'un cheval a une espérance de vie d'environ 25 ans. J'ai toujours entendu dire à peu près ça, +/- 5 ans grosso modo. (Au passage, c'est nettement moins qu'un âne qui vit une bonne soixantaine d'années si mes souvenirs sont bons.) Alors les chevaux "de loisir" sont mis au travail à partir d'environ 18 mois (plus ou moins progressivement, ça dépend des méthodes et des gens) et partent à la retraite à une vingtaine d'années, suivant leur état général (souvent piètre sur la fin du "service"). Là, l'auteur de l'article explique que lui, éleveur de chevaux "au naturel" n'a pas tenu compte des on-dit en la matière ; il pose qu'un cheval a fini sa croissance à 7 ans, alors il les met au travail à 10 ans (alors que ça commence à représenter un "âge avancé" dans les centres équestres), les met en retraite à 30 ans, où ils vivent tranquillement jusqu'à... une quarantaine d'années !


Autant dire que je n'en revenais pas, à la lecture de cet article. Tant de choses paraissant évidentes qui s'effondraient d'un coup. Remarquez, j'aime bien les connaissances a priori qui s'écroulent : ça laisse place à l'observation et la réflexion. Mais là ! Quand je pense qu'à peine quelques heures avant d'acheter ce magasine j'étais encore en train d'expliquer à une voisine que c'était normal que son cheval ne soit plus trop vaillant parce qu'il a 20 ans et que dans les clubs c'est l'âge de la retraite...


Alors, alors on va tout reprendre depuis le début. Ici à la ferme, tous sont très ouverts. Alors on va pouvoir faire des essais. Et puis les chevaux sont placés dans des conditions qui ne se prêtent pas trop mal à tendre vers des conditions naturelles, donc ça ne nécessiterait pas de trop grands chamboulements, on pourrait y aller petit à petit en modifiant certains détails par ci par là.


La première étape, et tellement essentielle, consiste à observer les chevaux, les observer sans a priori, dans leurs relations entre eux, dans leurs habitudes, et refonder notre relation avec eux en prenant leur mode de vie naturel en compte, et non pas que le nôtre. Je peux commencer à le faire doucement, ça. Et puis ça me fait tellement plaisir de retrouver le contact des chevaux.


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J'ai oublié quelques liens qui peuvent être utiles :


  • Equi-libre, l'association de Pierre Enoff, l'auteur de l'article en question. Il s'agit d'un centre d'hébergement et de randonnées équestres situé dans les Pyrénées. Il y organise aussi des stages pour apprendre à laisser les chevaux vivre pieds nus (i.e., sans fers).

  • Apparemment il a un site alternatif au premier, ici. Les thématiques restent les mêmes, randonnées, chevaux pieds nus, etc.

  • Un article (en anglais - il y a bien une traduction en français mais elle est faite automatiquement et c'est pas vraiment le top) sur pourquoi ne pas ferrer : apparemment la police de Houston s'y est mise.

  • Et puis en plus local j'ai même trouvé ce blog, sous-titré : "Blog pour le cheval au naturel sans mors et sans fers, médecines douces : Var et Alpes maritimes et par extension région PACA"

lundi 29 septembre 2008

Les jours qui passent

Reprendre vie. C'est assez soudain. Se re-saisir. Une dure dure nuit passée pleine de cauchemars et de peurs après deux jours de calme. De calme qui m'inquiétait, qui menaçait de cacher quelque chose en dormance. Je ne suis certainement pas au bout de mes surprises, dans mes ressentis présents et futurs. Observer ça et apprendre, m'apprendre à nouveau, toute nouvelle que je suis à présent, mère - même sans fils - et toujours vivante.


Mon mari m'aide. Les gens autour, voisins amis famille m'aident. L'acuponcture m'aide. Les douleurs qui subsistent ne m'aident pas. Moi qui ai attendu neuf mois je pensais que l'attente était finie et me voilà à nouveau au pied du mur, comptant les jours qui me séparent de mon rétablissement, comptant les jours qui me séparent du retour de mon apparence d'avant. Je les compte avec hâte et appréhension : j'ai tellement peur que tout disparaisse, toute marque de lui, et parmi elles mon ventre et même ce sang qui restent pour l'instant des preuves qu'il a été là, qu'il a existé, que tout cela n'a pas été qu'un rêve merveilleux brusquement transformé en cauchemar. Mais c'est aussi tellement lourd d'être constamment rappelée à l'ordre par les besoins physiques, par l'obligation de faire attention, de toujours penser à ne pas forcer, à ne pas ci ne pas ça.


Je ne sais plus quoi dire, je suis comme tarie : ça fait cinq paragraphes que je commence et que j'efface, à propos de choses différentes, que je ne veux pas dire, ou ne sais pas dire peut-être. Pour lesquelles les mots ne viennent pas ou ne veulent pas rester.


J'arrive à faire des projets à long terme, à imaginer des choses que je referai, un jour prochain quand j'aurai repris la forme et puis même plus tard, je parviens à avoir des envies ; mais à présent je n'arrive à presque rien, je m'en rends bien compte. Ils sont beaucoup à me dire que je suis forte, parce qu'ils le croient, parce qu'ils le voient, mais quand je me trouve face à moi-même je ne sais pas si je suis aussi forte qu'ils le prétendent. On m'a toujours dit ça. Parfois je voudrais qu'on ne me voie pas forte. Ou alors, je ne sais pas. Oui bien sûr j'arrive à me changer les idées, j'arrive à rire et même à faire le ménage mais - et je ne réalise ce que ça signifie qu'en laissant les mots affluer - il me manque quelque chose. Il me manque la présence de mon fils évidemment, sauf qu'elle est tellement vague cette présence, tellement inconnue de moi, tellement désirée et si brusquement retirée que je ne sais pas ce qui me manque finalement. Peut-être que je la cherche, peut-être que c'est ça ce deuil si étrange d'une personne qui n'a jamais ouvert les yeux sur le monde qu'au travers des membranes maternelles : peut-être que ça me demande infiniment de force de deviner cette présence inconnue ce qui me manque. Peut-être que je m'en veux de ne pas le savoir. Que je suis terrifiée à l'idée d'oublier mon enfant parce que je connais pas la couleur de ses yeux.


Je connais malgré tout la douceur de sa peau. La finesse de ses traits. La sensation de son poids sur mon corps. Je ne veux pas oublier ça et j'ai tellement peur de le perdre parce que c'est tout ce que j'ai de lui, cet instant de tendresse posthume. Tous les objets souvenirs et les images ou même les mots n'ont rien à voir : je ne veux pas perdre cette sensation et pourtant je sais bien qu'elle finira par s'effacer comme toutes les autres. Elle n'est pas comme toutes les autres, je ne veux pas qu'elle disparaisse. Et je piétine. Je parcours le chemin à l'envers pour ne pas oublier qu'un matin de septembre, j'ai tenu mon fils dans mes bras.


La route sera longue comme ça, je le sais. Mais elle est trop importante pour ne pas consacrer le temps nécessaire à chaque étape.

jeudi 25 septembre 2008

Il est parti

Il est parti, hier, sous les regards silencieux. Toutes les larmes versées nous ont aidés à lui dire adieu, dans notre tête, dans notre corps. Un tout petit cercueil très simple, quelques roses déposées par ceux qui l'ont aimé avant même de pouvoir le connaître, son bracelet de naissance et puis quelques vêtements que l'on avait choisis pour lui l'ont accompagné.


Avant la cérémonie d'adieu, il y a eu la mise en bière. Instant très difficile que les retrouvailles avec ce petit corps inspecté sous toutes les coutures par des équipes médicales pendant une dizaine de jours depuis sa naissance. Mais passé l'effroi des premières secondes, quel soulagement de le retrouver un peu, même comme ça. On a réalisé que l'on attendait cela depuis toutes ces longues journées. C'était bon de le revoir, bon de le suivre sur la route, qu'il soit enfin là près de nous même pour quelques instants seulement.


Qu'est-ce qu'il était beau. Le nez de son père et les mains démesurées de sa mère. Il était beau comme le plus beau des cadeaux que l'on ait pu se faire l'un à l'autre. Il était beau comme le souffle de vie qui l'avait animé pendant tous ces mois dans mon ventre. Il était aussi beau qu'il était désiré.


Hier il a plu. Il a plu surtout sur le chemin vers le funérarium. Quand on est sortis de la cérémonie, le soleil a pointé un rayon vers nous.


Il fait beau, aujourd'hui.

lundi 22 septembre 2008

Merci

Pour tous les mots reçus ici, par email, par courrier, par téléphone ou de visu ; pour les pensées et le soutien, pour tout l'amour, la compassion, la compagnie, pour l'empathie ; pour l'aide et la présence offertes, pour les nouvelles prises, pour chaque geste vers nous.


Il n'y a certes pas de mots magiques pour enrayer la douleur, mais tout cela nous sauve du chaos qui règne en nos coeurs.

vendredi 19 septembre 2008

A toi

On avait imaginé plein de choses. On t'avait rêvé berger, batteur de jazz, sportif ou bien savant, beau et fier assurément, et puis tant d'autres choses inattendues. On t'attendait avec impatience maintenant, fébriles à l'idée d'enfin te tenir dans nos bras, de toucher ta peau, de nous perdre dans ton regard, de te caresser, te chatouiller, te porter, te regarder, te sentir, on attendait que tu entres dans notre vie de toute ta présence.


C'est par ton absence que tu y entres. On n'avait pas pensé cela possible. Notre rencontre a été éphémère, marquée par la douleur de l'adieu à te faire, déjà, avant même de pouvoir faire ta connaissance.


Tu es malgré tout entré dans notre famille, et tu resteras toujours notre fils aimé, attendu, désiré. Tu nous manques - et ton absence fera désormais partie de notre histoire. Avec le temps la blessure deviendra moins déchirante et cédera la place à tout l'amour que l'on a pour toi. Je t'ai porté dans mes entrailles, ton père dans ses espérances et l'on te portera toujours dans nos coeurs.


A Villequier

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;
Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux ;

Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure
Je sors, pâle et vainqueur,
Et que je sens la paix de la grande nature
Qui m'entre dans le cœur ;

Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,
Emu par ce superbe et tranquille horizon,
Examiner en moi les vérités profondes
Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon ;

Maintenant, ô mon Dieu ! que j'ai ce calme sombre
De pouvoir désormais
Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l'ombre
Elle dort pour jamais ;

Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,
Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l'immensité ;

Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ;
Je vous porte, apaisé,
Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire
Que vous avez brisé ;

Je viens à vous, Seigneur ! confessant que vous êtes
Bon, clément, indulgent et doux, ô Dieu vivant !
Je conviens que vous seul savez ce que vous faites,
Et que l'homme n'est rien qu'un jonc qui tremble au vent ;

Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme
Ouvre le firmament ;
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement ;

Je conviens à genoux que vous seul, père auguste,
Possédez l'infini, le réel, l'absolu ;
Je conviens qu'il est bon, je conviens qu'il est juste
Que mon cœur ait saigné, puisque Dieu l'a voulu !

Je ne résiste plus à tout ce qui m'arrive
Par votre volonté.
L'âme de deuils en deuils, l'homme de rive en rive,
Roule à l'éternité.

Nous ne voyons jamais qu'un seul côté des choses ;
L'autre plonge en la nuit d'un mystère effrayant.
L'homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu'il voit est court, inutile et fuyant.

Vous faites revenir toujours la solitude
Autour de tous ses pas.
Vous n'avez pas voulu qu'il eût la certitude
Ni la joie ici-bas !

Dès qu'il possède un bien, le sort le lui retire.
Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours,
Pour qu'il s'en puisse faire une demeure, et dire :
C'est ici ma maison, mon champ et mes amours !

Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient ;
Il vieillit sans soutiens.
Puisque ces choses sont, c'est qu'il faut qu'elles soient ;
J'en conviens, j'en conviens !

Le monde est sombre, ô Dieu ! l'immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L'homme n'est qu'un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Je sais que vous avez bien autre chose à faire
Que de nous plaindre tous,
Et qu'un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,
Ne vous fait rien, à vous !

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,
Que l'oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;
Que la création est une grande roue
Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un ;

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,
Passent sous le ciel bleu ;
Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent ;
Je le sais, ô mon Dieu !

Dans vos cieux, au-delà de la sphère des nues,
Au fond de cet azur immobile et dormant,
Peut-être faites-vous des choses inconnues
Où la douleur de l'homme entre comme élément.

Peut-être est-il utile à vos desseins sans nombre
Que des êtres charmants
S'en aillent, emportés par le tourbillon sombre
Des noirs événements.

Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses
Que rien ne déconcerte et que rien n'attendrit.
Vous ne pouvez avoir de subites clémences
Qui dérangent le monde, ô Dieu, tranquille esprit !

Je vous supplie, ô Dieu ! de regarder mon âme,
Et de considérer
Qu'humble comme un enfant et doux comme une femme,
Je viens vous adorer !

Considérez encor que j'avais, dès l'aurore,
Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,
Expliquant la nature à l'homme qui l'ignore,
Eclairant toute chose avec votre clarté ;

Que j'avais, affrontant la haine et la colère,
Fait ma tâche ici-bas,
Que je ne pouvais pas m'attendre à ce salaire,
Que je ne pouvais pas

Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploie
Vous appesantiriez votre bras triomphant,
Et que, vous qui voyiez comme j'ai peu de joie,
Vous me reprendriez si vite mon enfant !

Qu'une âme ainsi frappée à se plaindre est sujette,
Que j'ai pu blasphémer,
Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette
Une pierre à la mer !

Considérez qu'on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,
Que l'œil qui pleure trop finit par s'aveugler,
Qu'un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,
Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler,

Et qu'il ne se peut pas que l'homme, lorsqu'il sombre
Dans les afflictions,
Ait présente à l'esprit la sérénité sombre
Des constellations !

Aujourd'hui, moi qui fus faible comme une mère,
Je me courbe à vos pieds devant vos cieux ouverts.
Je me sens éclairé dans ma douleur amère
Par un meilleur regard jeté sur l'univers.

Seigneur, je reconnais que l'homme est en délire
S'il ose murmurer ;
Je cesse d'accuser, je cesse de maudire,
Mais laissez-moi pleurer !

Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,
Le soir, quand tout se tait,
Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,
Cet ange m'écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d'envie,
Sans que rien ici-bas puisse m'en consoler,
Je regarde toujours ce moment de ma vie
Où je l'ai vue ouvrir son aile et s'envoler !

Je verrai cet instant jusqu'à ce que je meure,
L'instant, pleurs superflus !
Où je criai : L'enfant que j'avais tout à l'heure,
Quoi donc ! je ne l'ai plus !

Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,
Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !
L'angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,
Et mon cœur est soumis, mais n'est pas résigné.

Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,
Mortels sujets aux pleurs,
Il nous est malaisé de retirer notre âme
De ces grandes douleurs.

Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires,
Seigneur ; quand on a vu dans sa vie, un matin,
Au milieu des ennuis, des peines, des misères,
Et de l'ombre que fait sur nous notre destin,

Apparaître un enfant, tête chère et sacrée,
Petit être joyeux,
Si beau, qu'on a cru voir s'ouvrir à son entrée
Une porte des cieux ;

Quand on a vu, seize ans, de cet autre soi-même
Croître la grâce aimable et la douce raison,
Lorsqu'on a reconnu que cet enfant qu'on aime
Fait le jour dans notre âme et dans notre maison,

Que c'est la seule joie ici-bas qui persiste
De tout ce qu'on rêva,
Considérez que c'est une chose bien triste
De le voir qui s'en va !

-- Victor Hugo, Les contemplations. Villequier, 4 septembre 1847.

lundi 8 septembre 2008

L'attente

J'ai lu, j'ai parlé, écouté, demandé, j'ai observé. J'ai ressenti, appris de moi et de lui. J'en ai compris que ça sera une expérience inattendue, dont on peut espérer bien des choses mais dont on ne peut en fait que tout ignorer avant qu'elle n'arrive. Que ça peut se passer de toutes les manières imaginables - et même au-delà de l'imagination, parfois. Souvent. Toujours ?


Un certain nombre de femmes en parlent comme d'"un mauvais moment à passer" mais je ne le vois pas comme ça. Pourquoi mauvais ? Pourquoi une grossesse réputée merveilleuse mènerait à un moment si détestable ? C'est un moment essentiel à passer, où tant de choses vont se passer, justement. Un moment à vivre pleinement parce que ça sera là, dans ce temps, que se passera la transition entre ma vie de jusqu'ici et celle d'après, et tout cela vaut bien que j'y consacre de l'énergie, de la concentration, de la volonté et tout le reste. Et tout ce que je pourrai y mettre, puisqu'à cet instant ma vie sera en train de changer. La sienne aussi d'ailleurs, et sans doute qu'il en fera autant de son côté. Ça sera notre moment à tous les deux, rien qu'à tous les deux, intégralement concentrés sur nous-même et sur l'autre, sur ce travail essentiel, vital que l'on va accomplir ensemble.


Je découvre, je comprends peu à peu pourquoi est-ce que depuis toujours je veux qu'il en soit ainsi. Pourquoi c'est si important pour moi, dans mon chemin personnel. Et bien que je ne sois pas toujours heureuse de toutes les étapes de ma vie, je suis par contre heureuse de ce que ça a engendré chez moi : cette volonté de faire de mon accouchement un événement grandiose, savoureux, de vie et de communication de la vie. Evidemment que j'ai le trac devant cet inconnu toujours relaté comme au-delà de l'imagination, mais je suis contente de savoir que je vais le vivre, bientôt, que je vais le partager avec ce petit bout d'homme qui grandit encore en moi pour quelques semaines, quelques jours ou quelques heures encore.


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Beaucoup de mal à revenir m'exprimer en ce lieu, sans doute parce que beaucoup de choses ont déjà changé et que j'avais besoin d'autres choses, avant. Et puis une envie, ce matin. Pour la suite on verra ; je ne manque absolument pas de choses à dire, de tous ordres ; c'est où, quand et comment les dire qui ne me reviendra pas forcément. On verra bien. Et je dois répondre à tous vos commentaires depuis un bon mois...

vendredi 1 août 2008

Extrrrrrrêment vite fait...

...juste pour dire que oui tout va bien. On a déménagé, je n'ai pas eu le temps de bloguer, et là plus de connexion avant un petit moment. En attendant je garde en mémoire quelques choses à venir raconter ici quand je retrouverai internet, et puis des photos aussi de notre nouveau chez nous !


A très vite (aussi vite que possible) et je vous souhaite un très bon été à tous

vendredi 4 juillet 2008

Objet blog(u)ant enfin retrouvé

J'avais perdu Obni !



Il a changé de version de Dotclear depuis quelques mois, et depuis il n'apparaissait plus dans mon agrégateur parce que cela avait modifié son adresse. Et moi de mon côté, faisant mille choses à la fois, je ne m'en suis rendue compte que bien tard...


Voilà donc le mal réparé, Obni est de retour, son adresse corrigée, dans mon agrégateur et ici aussi dans ma liste de liens. Ouf !

dimanche 29 juin 2008

Lu, vu, entendu

- J'en ai tellement marre de te rendre malheureux. Si je devais me couper un bras pour que ça te rende heureux je le ferais.
- Si tu te coupais un bras ça ne pourrait pas me rendre heureux. Sois heureuse, d'abord, il n'y a qu'en cela que tu pourras me rendre heureux.

vendredi 27 juin 2008

Let's move north

Ça y est, c'est signé, on va déménager. On quitte le sud...


... de la Sainte Victoire.


On quitte la vallée de l'Arc. Notre fils naîtra dans le Var, et de ça je suis joyeuse (y'a pas de petits plaisirs).


On va changer de façon de vivre aussi, probablement assez largement. On passe d'une petite maison indépendante à un bout d'une ferme qui fonctionne un peu comme un petit hameau. Quand on a visité, on a vu du monde qui passait devant la maison en demandant au propriétaire "Alors ? Comment ils sont ?" Ça a l'air de se rencontrer régulièrement et de concevoir le grand catalpa côté sud comme une place de village. Ça a l'air de vivre, pas en communauté non, mais en interdépendance. En connexion.


C'est plus grand. On aura une chambre pour le bébé. Et une vraie grande pour nous, où je pourrai installer la machine à coudre sur une table toute exprès. Et un bureau/atelier pour mon mari.


Y'a toute la forêt à portée de main (de pieds...) et des champs de céréales et une vue sur tous les massifs alentour à découvrir, et des poules et un bel âne de Provence qui m'a l'air tout jeune et quelques chevaux que je n'ai pas encore vus mais qu'on m'a racontés, et des gens partout de tous âges et de toutes origines, y'a une zone à chasse interdite au bout du chemin, y'a des chemins de balade à ne pas savoir par où commencer, y'a plein d'oiseaux et ce calme bruyant de la nature qui nous enveloppe.


Je vous dis pas le trac que j'ai. On va déménager ! Ça peut paraître infiniment couillon d'avoir le trac de quitter la vallée, mais ça faisait longtemps qu'on y habitait, on y avait toutes nos habitudes, on commençait à bien la connaître, on s'y était attachés et on en connaissait pas mal d'histoires de lieux et de familles, de plantes et d'animaux.


Là où l'on va, il y a plein de choses que l'on aime. On y allait assez souvent, d'ailleurs, pour des fêtes et des brocantes. On était attirés par le coin, et on avait déjà visité des choses, mais jamais rien qui nous convienne vraiment assez pour accepter d'y emménager. Et puis tout s'est passé très vite. Une annonce, un coup de fil, une visite dans la foulée, un apéro, une nuit de sommeil et c'était fait. Alors qu'on était sur un autre plan, qui trainait... et que l'on n'arrivait pas à se résoudre à accepter.


On a un mois pour encartonner notre éternel cafoutche et le transférer là-haut. Ça va promettre de chaudes journées...

mardi 24 juin 2008

La fin de la semoule

Cela faisait des jours, des semaines que quoi que je fasse, où que je regarde, quelle que soit l'échelle, tout allait de travers. Sauf le bébé - manquerait plus que ça, tiens - mais c'était bien le seul. Une lente éternité de mauvaises nouvelles m'enveloppait un peu plus chaque jour, toute échappatoire me semblait impossible, chaque issue se refermait devant moi. (Et non, on n'avait même pas encore de cigales !) Je comptais les rares heures que j'arrivais à passer sans désespérer, sans pleurer, sans me sentir sombrer.


Et puis je ne sais pas ce qui s'est passé. Hier on n'a pas appris de mauvaise nouvelle. Ou alors elles sont passées inaperçues sous un flot de bonne humeur générale. Il ne s'est rien passé d'inoubliable, mais c'était juste bien.


Et les cigales sont arrivées, enfin.

jeudi 19 juin 2008

(Là) où va le monde

Les chercheurs bloquent le CA du CNRS.
On refuse de donner la nourriture périmée des supermarchés à ses frères affamés de peur de perdre sa place.
Esbjörn Svensson est mort.
Le Sénat rejette l'amendement sur les langues régionales.
Quelle belle journée.

Le titre me manque


Esbjörn Svensson Trio, "Ballad for the unborn", in Seven days of falling, 2004.

Richard G. en parle . Citizen Jazz l'annonce comme ça. Moi, je n'étais pas au courant, je viens de l'apprendre en parcourant mon agrégateur.


Esbjörn Svensson est mort.


Ça faisait des années qu'il passait en concerts par ici, lors de tous les festivals estivaux du coin, et chaque année je remettais à plus tard parce que pas le temps, parce que pas là, parce que pas les moyens. Voilà que c'est perdu, je ne le verrai jamais en scène. Il paraît que c'était magique, que c'était une expérience de puissance, de beauté, d'harmonie. Je le crois sans problème en écoutant ses albums studio que je connais.


D'un accident de plongée.


Combien de mes heures de travail ont été rythmées, initiées, imbibées de ses notes ? Combien de fois E.S.T. m'a apporté la juste sérénité qu'il me fallait, la vitalité, la joie, la beauté ? Qui n'a pas apprécié les morceaux que je leur ai fait écouter ?


Il avait 44 ans.


J'aimais l'écouter, et j'aimerai toujours le faire, mais je n'aurai plus cette joie de découvrir de nouvelles interprétations. De le savoir évoluer en même temps que moi, que nous, de créer sa musique dans cet environnement qui est notre réel commun : le monde. Immédiatement, là, je me mets à penser à mon futur fils. Jamais il ne vivra la joie, l'enthousiasme, le plaisir de la découverte d'un nouvel album d'E.S.T. Il y en aura d'autres certes, mais il était l'un des créateurs vivants que j'estimais le plus.


Son prochain album sortira en septembre.


C'est si lointain, et c'est si triste.

lundi 9 juin 2008

Un doute affreux

Tout à coup coup, alors que je range un peu le souk total qu'est ma cuisine, un affreux doute m'assaille : le tilleul fraîchement cueuilli, pour le conserver, est-ce qu'il faut que je le fasse sécher avant de l'enfermer dans un bocal ? Parce qu'il est encore tout frais et j'ai peur qu'il moisisse si je le stocke tout de suite dans un récipient hermétiquement fermé. Mais dans ce cas quelle est la meilleure méthode pour le faire sécher : à l'air libre (mais la poussière ?), ou au soleil (ha ha la bonne blague), ou par un autre moyen (et alors lequel) ?


Une bonne âme pour m'aider ?

Pas de nouvelle : Bonne nouvelle ?

Aujourd'hui est le premier jour de la conférence à laquelle j'assiste tous les ans depuis que je pratique ce sport (de combat) qu'est la publication d'articles scientifiques. Celle-ci est un peu comme une réunion de famille, à quelques exceptions près on s'y retrouve presque au complet tous les ans, et ça fait toujours plaisir, malgré la pression scientifique et émotionnelle.


Cette année je me demandais comment ça allait se passer pour moi. J'avais du mal à m'imaginer cette édition parce qu'elle a lieu près de chez moi. A une distance assez courte pour faire les allers-retours tous les jours, et assez grande pour que ça me fatigue un peu, tout de même. De quoi ne pas y être plongée comme d'habitude, et alors, quid des apéros, des soirées, de ces moments rares et importants où les liens se tissent ?


La question a été résolue il y a un peu plus d'un mois avec le début de mes contractions : pas moyen d'y aller. Puis, mon stress se calmant pas mal, j'ai décidé que j'irais y faire un tour, deux fois. Même si finalement, pour des raisons extérieures, ça devient plus difficile que prévu et si ça se trouve, je ne pourrai pas y aller du tout (ce qui est problématique, mais quand on n'a pas le choix...).


Je n'ai prévenu que mes amis les plus proches de mon absence pendant la conférence, pour les autres je suis censée y être. La semaine dernière, j'avais envie de prendre des nouvelles de certains d'entre eux, mais ne voulant pas vendre la mèche de mon absence je ne l'ai pas fait. Hier soir ça n'a pas coupé, on m'a déjà téléphoné pour me demander si j'étais là, parce qu'on était arrivé et que l'on voulait savoir si j'avais prévu de dîner quelque part, si l'on pouvait se voir.


J'ai reçu ce message ce matin sur mon téléphone. Et alors que j'avais presque oublié que ça commençait aujourd'hui, je me suis brusquement retrouvée à me demander : qui m'appellera ? qui s'est rendu compte de mon absence ? qui prendra de mes nouvelles ? vais-je recevoir des pluies de SMS me demandant où je suis, ce que je fais, pourquoi je ne suis pas là ? (Ou même s'ils savent pourquoi parce qu'ils ont demandé à mes amis proches, vais-je recevoir des petits mots sympas, des quelque chose, des signes ?)


Rien, pour l'instant. J'espérais en recevoir un, ou deux, quand-même, ça m'aurait procuré un petit plaisir personnel, le plaisir de constater que certains se rendent compte quand je ne suis pas là. Mais rien. Peut-être plus tard ? Je ne sais pas. Ça n'est pas spécialement blessant, c'est juste un peu triste, je trouve. Bah... c'est con comme des fois on se crée des mondes illusoires dans lesquels on s'enferme volontairement, comme ça.


A vrai dire si, j'ai reçu un SMS... de la part de qqn qui maronnait parce qu'elle est en panne de voiture et ne pourra pas y aller avant la fin de la semaine...!

Le temps passe... mais reste tout pourri

Il a failli faire beau...


Et puis le ciel s'est tellement chargé en électricité, qu'à chaque éclair la sonnerie du téléphone retentissait. L'électricité s'est coupée un peu, puis est revenue. Et il pleut.


Nos agris de voisins nous prédisent un été pourri. Plus le temps passe, plus c'est ce que je pense aussi, même si je n'y connais rien pour ma part.

jeudi 5 juin 2008

Coups de gueule : 2 pour le prix d'1

Premier effet pas cool


Jusqu'à hier je pensais publier une gueulante à propos des engins militaires. Apparemment ils en ont assez de leurs terrains de jeu, du plan de Canjuers (avant / après) qu'ils ont réquisitionné dans les années 70 (pour l'anecdote, j'aavais lu qqpart - il faudrait que je retrouve le lien - que dans le village qu'ils ont récupéré sur le plan, le premier truc qu'ils ont utilisé en guise de cible c'était l'école), ils en ont assez de tourner autour de leur base de Salon de Provence, alors ils ont décidé de venir faire un tour dans la haute vallée de l'Arc. Faut dire, c'est tellement joli, hein. Alors jusque là, de temps à autre on avait quelques avions de chasse qui passaient à basse altitude, mais pas trop souvent. On avait assez régulièrement un hélicoptère qui passait une bonne heure à faire des allers et retours incessants au-dessus du village, de la maison, de la barre du Cengle, nous gratifiant de son boucan de tous les diables, quels que soient l'heure et le jour (...mais pourvu qu'il fasse beau !).


Avant-hier, en milieu d'après-midi, deux avions de chasse sont passés à quelques dizaines de mètres au-dessus de la maison. Leur bruit impossible et soudain m'a conduite au bord de la syncope, chancelante, tremblante, le bide en vrac pendant presque une heure. Hier, vers midi, rebelote. Et hier soir, voilà-t-y pas l'hélico qui vient faire du vol stationnaire au-dessus de la maison pendant un quart d'heure. Insupportable. Ça m'a mise en rogne, je vous dis pas. Je leur ai crié ce que je pensais de ce qu'ils faisaient, mais bon... et je sais que je ne peux rien y faire. Je ne comprends pas comment une telle nuisance peut être autorisée, si ce n'est que ce sont des militaires, et il me semble que la "raison" militaire a toujours raison sur tout le reste.


Deuxième effet pas cool


Ce matin, même pas 5h, il fait encore nuit (vu la saison, c'est dire si c'est tôt). Du bruit comme si un 33 tonnes était emballé sur la nationale et avait fini sa course à 2 m de la maison. Mais pas du tout : c'est juste un vigneron qui a décidé de venir pulvériser je ne sais quel cocktail de substances puantes et très probablement hautement nocives. Et il commence son triste boulot par la zone qui est à moins de 5m de notre maison. On l'entend qui s'éloigne lentement au bout du champ. Qui revient de notre côté. Qui fait demi-tour le long du mur (de notre chambre), qui repart. Qui revient, etc. N'en pouvant plus, on se lève, tant pis ça peut arriver.


Vers 6h le chien émerge et veut sortir. Le vigneron est parti traiter un autre bout de vigne plus loin, on entr'ouvre la porte au chien : ça pue c'est infernal. Mon mari est censé sortir faire de la mécanique (urgente...) sur la voiture avant de partir au boulot mais ce n'est pas possible, du coup. Et voilà que l'autre vigneron, celui qui s'occupe de la vigne de l'autre côté de la maison, se ramène avec le même matériel, et s'y met de son côté. Il est bientôt 9h [ contrairement à ce que l'heure du blog affiche, d'ailleurs, il faut que je vérifie ça ] et ça continue. Son installation sur son tracteur est tellement longue qu'il est obligé de venir faire ses manoeuvres dans notre jardin. Il pourrait, il devrait couper la diffusion de sa substance nauséabonde pendant qu'il tourne en-dehors de la vigne mais pensez-vous. On s'en prend plein. Sur le jardin, sur la voiture. Sur le potager. C'est désespérant.


Aussi insupportable que ça puisse être pour nous, il a très probablement le droit de venir exercer une activité hautement bruyante avant 5h du matin à moins de 5m d'une maison d'habitation. Il a très probablement le droit d'épandre ses produits (j'ai entendu dire à plusieurs reprises que les produits que l'on met sur les vignes, ce sont de loin les plus polluants de toute l'agriculture) à une si courte distance d'une habitation, quitte à nous condamner à rester confinés dans la maison pendant toute une demi-journée pour éviter le pire de l'exposition à ces produits (surtout moi qui suis enceinte...). Ce qui n'épargnera malheureusement pas notre production alimentaire, en revanche. Qu'il en ait le droit, comme mes militaires préférés ont probablement celui de passer où ils veulent quand ils veulent à la fréquence qui leur chante quels que soient les désagréments pour les riverains, je n'en doute pas.


Mais un soupçon de bon sens, merde, c'est pourtant pas beaucoup demander.


- - - - - - -


PS : Et vous savez quoi ? Aujourd'hui c'est la Journée mondiale de l'environnement. Voilà qui tombe bien, je devrais peut-être aller en parler avec les vignerons...?


PS2 : Et devinez qui reprend sa ronde dans le ciel autour de la maison... j'en ai marre et je ne peux rien faire. Et il me nargue en plus, je suis sortie regarder où il était, il était en vol stationnaire juste au-dessus du jardin à même pas la hauteur d'un immeuble et il est resté là, pendant que je le regardais. Y'a rien à voir ici, qu'est-ce qu'il fout, hein ? Il surveille mes tomates ?

mardi 3 juin 2008

Reprise des cosmétilités

En ce moment il y a plein de senteurs dans la nature, ça m'a donné envie de me remettre à tenter quelques préparations cosmétiques. Vu ce que j'avais sous la main, j'ai ramassé des pétales de rose et d'églantier (rosa canina), des feuilles de mélisse, et puis j'ai trouvé de la vanille pour commencer. Et j'ai préparé trois macérats huileux :


  • Mélisse dans un tout petit peu d'HV de germe de blé, un peu de noisette et le reste d'olive,

  • Vanille dans HV d'amande douce,

  • Pétales de roses (sauvage et élevée) dans HV de noisette et un peu d'amande douce.


Je les ai préparés en toute petite quantité question de faire des tests, et puis je ne sais pas encore précisément à quoi je vais les employer, ça dépendra tout d'abord du résultat...


Le truc, c'est que suivant les recettes que l'on trouve sur le net, on voit que certains macérats nécessitent d'être exposés au soleil et d'autres non. Or je n'ai pas trouvé de règle générale : est-ce que ça dépend des plantes utilisées, ou alors des huiles végétales, ou encore du temps de macération, ou d'autre chose ? Aucune idée. Alors dans le doute (et le soleil étant une denrée rare ces jours-ci il faut bien le reconnaître), je les ai mis au soleil toute une journée, et à l'abri depuis. Et on verra bien ce que ça donnera.


Finalement, il me reste pas mal de pétales de roses alors je vais tenter de faire un vinaigre de fleurs (pétales de rose dans vinaigre de cidre, sans exposition au soleil cette fois). Et là aussi on verra bien...

vendredi 30 mai 2008

Le fil et le thé

Parfois, j'ai envie de.


D'enfiler l'immense vieux K-way de mon père qui n'est plus étanche depuis belle lurette, une paire de bottes de pluie que je n'ai pas mais dont j'avais regardé les prix (trop élevés) dans une jardinerie il y a quelques semaines, et d'aller marcher sous la pluie pour me remplir de ses effluves.


De trouver quelques cartons et d'y ranger tous les bibelots de la maison, comme je l'avais lu dans L'art de la simplicité.


De ré-ré-réorganiser le séjour encore une fois pour y faire un coin "création" avec un bureau, un ordi, la machine à coudre, les cahiers les crayons les pinceaux, et surtout des rangements (que je n'ai pas) (et de toute façon je n'ai pas la place de le faire).


D'aller acheter du tissu pour faire cette jupe dont j'ai trouvé le patron et que je pourrais sans trop de peine adapter à mes formes du moment. Du tissu de couleur vive, pas du beige ou du marron passe-partout. Et d'acheter du tissu aussi pour faire des rideaux à la tonnelle dehors. Et un nouveau hamac. Et réparer notre vieux transat dont il ne reste que le squelette. Mais je n'ai pas la voiture - et le seul tissu qu'on a en stock est pour refaire le canapé. Remarquez, je pourrais me lancer dans la réfection du canapé, je n'y avais même pas pensé ; sauf qu'on n'a pas de biais pour faire les bords.


De vendre tout ce qu'on a de superflu, de dénoncer notre bail, et de partir nous installer en Haute Provence. Vieux rêve qui donne le vertige...


D'être satisfaite de ce que j'ai. De fabriquer un cadeau pour mon mari, pour le lui offrir quand il rentrera du travail, quelque chose qui lui ferait vraiment plaisir. Je n'ai aucune espèce d'idée de quoi.


...


Finalement, je vais plutôt me faire la fin du thé et essayer de travailler un peu, de faire ce que l'on a convenu avec mon collègue qui est passé hier.

mardi 27 mai 2008

Sur le quai


Je me sens un peu comme la femme d'un marin qui partirait sur un baleinier pour les mois à venir alors que moi je reste là à le regarder partir sans bouger...


Ou alors comme quand j'étais plus jeune et que je préférais être derrière la scène que devant. Quand je passais tout le spectacle de l'école dans les coulisses parce que je préférais être derrière que sur le devant de la scène. Comme quand je refusais de monter un cheval qui gagnait les concours et que je me bornais à monter les vieilles carnes et les plus peureux, question d'être sûre de ne pas me retrouver sur le devant de la scène. Ou alors que si jamais je m'y retrouvais, je pourrais être certaine que c'était vraiment parce que les gens trouvaient que je valais quelque chose que je ne mettais pas en avant - que je m'évertuais à cacher, même. Et j'en suis toujours restée, du coup, à la grande question : est-ce que j'ai ce quelque chose et que je le cache, ou alors simplement est-ce que je ne l'ai pas et que c'est pour ça que je ne gagne pas ?


Tous les ans je me trouve avec de nouveaux copains de galère, à la recherche d'un poste. Et tous les ans je les vois trouver un poste. Et pas moi. Ensuite on peut dire tout ce qu'on veut, on peut rester conscient du fait que c'est un grand tirage au sort qui nous dépasse très largement nous, les candidats, il n'empêche que ça fait un sacré pincement au coeur.


Ça ne m'empêche pas du tout d'être très contente pour les bonnes nouvelles que je reçois. Pour celle que je viens de recevoir, en l'occurrence. Vraiment, ça me remplit de joie et le sujet de cette bonne nouvelle peut être fier de lui, il l'a bien mérité. Et moi, je suis fière de lui, même si je n'ai rien à voir avec sa réussite.


Est-ce que les souvenirs cités plus haut, et ce que je vis aujourd'hui, a un quelconque rapport en réalité ? Ou bien est-ce que c'est moi qui les relie, peut-être là aussi pour me conforter dans ce "si je ne brille pas c'est uniquement parce que je ne le cherche pas" ? Et si je ne le cherche pas, finalement, c'est parce que je ne veux pas risquer d'apprendre que je ne pourrais pas briller si j'essayais ?


Et puis pourquoi est-ce que je ressens ça, alors que finalement je ne suis pas si mécontente que ça d'être là où je suis, de faire ce que je fais ? Ça, je le sais : c'est parce que c'est bigrement difficile de mettre de côté ce satané esprit de concours, d'il faut être le meilleur pour être respectable, d'il faut faire un parcours sans faute. Moi j'ai fauté, et j'en accumule et de plus belles. Je ne suis plus dans le peloton de tête comme je l'étais, ou comme je croyais l'être, ou comme on croyait que je l'étais. Je joue en 2e division. Pas de quoi motiver mon réseau de relations, ils auront désormais toujours mieux à faire, meilleur à soutenir.


J'ai très, très longtemps baigné dans cette ambiance de concours. Et j'ai du mal à me sortir de ça, du mal à percevoir les choses différemment. Même si je sais que c'est possible. Même si je sais que la réussite n'a rien à voir avec la qualité. D'un autre côté, rien ne permet jamais de quantifier la qualité, et c'est d'ailleurs pas plus mal.


(Et tout ça n'a rien à voir avec l'enfantement. L'un n'empêche pas l'autre, et l'un n'apporte pas de soulagement, de remplacement à l'autre, ce sont deux choses différentes.)


(Heu... et je ne dis pas ça non plus pour m'apitoyer sur mon sort, ni pour qu'on me dise "mais si, t'es douée...", "mais si, tu vas finir par trouver...", "ne perds pas espoir...", tout ça. Juste parce que c'est vrai. C'est tout.)

Mal goupillé

Ben mince alors, depuis tout à l'heure je réponds à mes commentaires en me disant qu'ensuite je vais aller faire un petit tour dehors pendant qu'il y a un rayon de soleil...
...même malgré le vent à décorner les boeufs qui s'est levé entre temps...
...et voilà que je viens de finir...
...et que ça vient de tout se couvrir. Non mais vraiment !

lundi 26 mai 2008

L'orage se dégage mais ce n'est pas encore le retour du beau temps

Ces dernières semaines j'ai écrit pas mal de billets mais ne les ai pas publiés, parce qu'ils étaient trop hurlants de désespoir. Et ce désespoir que je voyais dégouliner malgré moi de tous les mots que je tentais de poser ici, ce n'est qu'une partie de ce que je ressens en ce moment, alors je ne voulais pas qu'il prenne toute la partie émergée de l'iceberg. D'ailleurs que j'aie des sautes d'humeur assez importantes, que je joue à Jean-qui-rit / Jean-qui-pleure, rien de plus normal vu les événements du moment. Ce n'est pas une raison pour en faire une généralité.


Ce matin je me suis réveillée en pensant à ça : l'autre jour, en commentaire d'un billet de Kalai Elpides, j'avais lu la chose suivante :


Toutes ces "révélations" ne vous interrogent-elles pas? Avez vous réellement envie de vous corrompre dans une Université? Voulez vous gâcher votre talent en vous corrompant dans une institution pourrie, en perdant votre éthique? N'avez vous d'autres choix? L'université n'est elle faite que pour se reproduire, elle et les privilèges de ceux qui la servent? Voulez vous plonger vos (futurs éventuels) étudiants dans le désarroi dans lequel vous êtes ou leur offrir un non avenir, les envoyer à l'abattoir? N'avez vous pas envie de lutter contre les dérives que vous dénoncez (de l'intérieur, vous ne pourrez jamais rien faire d'autre que de baissez votre culotte contre votre volonté).
Vous êtes encore intègre, vous avez du talent, beaucoup de gens vous aiment actuellement pour ce que vous êtes encore...
Faite le bon choix s'il vous plait, ne brisez pas nos coeurs en vous faisant acheter par une rente indue...

(original)

Autant dire qu'à quelques jour de mes auditions, dans cette période où tout est sans cesse remis en question et surtout les bases de toute ma vie, ça m'a fait pas mal cogiter. J'ai tâché de me poser la question, A quoi bon ?, en toute objectivité - ce qui, bien entendu, n'est guère possible à ce moment-là... mais j'ai essayé tout de même. Et ce matin, il m'est venu deux réponses :


  • D'une part, que si je veux faire ce métier, ce n'est pas pour le plaisir des concours de recrutement, mais c'est pour tout le reste. Enseigner, faire de la recherche, participer à des projets, se remettre sans cesse en question dans ce qu'on fait et pourquoi on le fait. Ça, ça ne nécessite pas de baisser sa culotte - du moins, pas tout le temps. Et c'est quelque chose que j'aime faire.

  • D'autre part, que de toute façon, il me semble évident que croire qu'il en serait différemment ailleurs serait se mettre profondément le doigt dans l'oeil. On ne va pas me faire croire que les recrutements sont plus justes dans le privé.


Cela étant dit, je ne sais pas si je continuerai la course pour autant. Parce que je suis fatiguée de tout ça, parce que pour l'instant je ressens que ça fait deux ans que je m'ennuie dans mon travail, que je ne m'amuse plus autant qu'avant, que je ne fais plus ça que dans la perspective d'améliorer mon CV pour un éventuel recrutement, et que ce n'est pas comme ça que j'arrive à faire de bonnes choses, c'est-à-dire des choses qui me satisfont, qui me rendent heureuse d'exercer mon métier. Et parce que pour l'instant en tout cas, je n'ai plus la niaque. Je n'ai pas envie de re-re-refaire mon CV une nouvelle fois l'an prochain, de devoir repasser autant de temps à réfléchir à comment mettre au mieux en avant ce qui fait de moi une candidate à retenir. Tout ça m'ennuie, d'autant plus que dans ce milieu, l'activité de candidature occupe environ 5 mois de travail non stop, c'est beaucoup trop, c'est usant (surtout quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, et encore plus quand ça n'a pas grand rapport avec notre dossier).


Et puis dans ces moments on voit, on entend tellement de choses dégoûtantes. Je n'en citerai pas, il y en a tellement déjà qui sont racontées au le web, ce serait inutile d'en rajouter, juste que l'on n'entend quasiment jamais parler d'un concours qui se serait bien passé, en respectant les règles du jeu, sans que les résultats soient connus d'avance ou bien qu'il y ait un subit Deus ex machina qui vienne chambouler un classement honnête pour des raisons tout à fait extérieures au fait présent. Je voudrais qu'un jour on m'annonce que je suis auditionnée dans telle fac et que l'on me donne dans le même temps la liste des autres auditionnés et la composition de la commission de spécialistes (et même la date à laquelle ils statueront) ; et je voudrais qu'après le concours on puisse me dire ce qui a été dit à propos de ma candidature, que l'on puisse me faire un rapport honnête et complet des points forts et faibles qui ont fait que j'ai été classée ou non, et que l'on me donne la liste des classés. Ça ne me paraît pas trop en demander... mais pourtant, pour l'instant, il semble que ça le soit. Et je ne voudrais pas entendre parler des dossiers passés à l'as pour de mauvaises raisons, des petites cuisines internes, des injustices criantes sous toutes leurs formes, et surtout pas du résignement crasse des membres des commissions de spécialistes qui déplorent tout cela et pourtant en font bel et bien partie, en jouent le jeu, ne remuent dans les brancards que dans les couloirs, ou devant les candidats, ou dans des blogs ou des articles de journaux, espérant se donner je ne sais quelle bonne consicence.


S'il y avait une chose à modifier immédiatement pour sauver l'enseignement supérieur et la recherche, ce serait le mode de recrutement. Certainement pas dans le sens de la réforme qui nous pend au nez, non. Mais ne serait-ce qu'en obligeant les recruteurs, puisqu'ils ne semblent pas le comprendre d'eux-mêmes, que c'est non seulement la carrière des gens qu'ils ont en face d'eux mais aussi l'avenir de la construction et de la diffusion des savoirs en France qu'ils mettent en jeu dans leurs petites tractations de couloir. Que quand on auditionne 5 ou 6 candidats on peut se permettre de consacrer 5 minutes par personne à la sortie de la commission pour leur donner les résultats, même par email si l'on ne veut pas (risquer de ?) le faire par téléphone, même le lendemain si l'on ne peut pas le faire le soir même, même déléguer cette lourde tâche si l'on a prévu de partir en week-end dès la fin de la journée. On peut le faire, on peut deviner que c'est important pour les candidats qui ont dépensé de l'argent, du temps et de l'énergie et plein de volonté pour venir présenter leurs travaux, et leur motivation sans cesse remise en question. On peut devnir que ce petit geste qui ne coûte pas grand-chose ferale plus grand bien à ceux qui galèrent de l'autre côté du miroir, pendant que les titulaires se gargarisent de crachats dans la soupe - qu'ils finissent par avaler, comme tout le monde, même s'ils font la grimace, du moment que ça ne met pas leur poste, leurs facilités, leurs acquis en danger.


(Oui, il y en a qui se bougent vraiment, qui osent risquer de se mettre eux-mêmes dans une situation inconfortable pour faire changer cela. Mais honnêtement, il y en a combien ? J'en connais un, en tout et pour tout. Et il a dû tout faire tout seul parce qu'il ne trouvait personne pour l'épauler, même au niveau national.)


Mhhh, j'avais dit que je ne voulais pas paraître désespérée... :-/


Mais c'est parce que le centre de ce billet, c'est que j'ai retrouvé ce pourquoi je voulais faire ce travail. Je ne l'éprouve plus en ce moment, mais je sais de quoi il s'agit malgré tout. C'est déjà ça.



...A part ça, l'orage de hier / ce matin s'est très lentement dissipé, a laissé place à une tentative de rayon de soleil vers 11h30, puis à un grand souffle de mistral depuis une demi-heure. Qui n'a même pas la force de pousser les nuages, on dirait... dites, c'est quand le printemps ?

jeudi 22 mai 2008

Epistolarité et images à venir

Je ne sais pas pourquoi, mes emails sont toujours trop longs. Je fais ce que je peux, mais j'écris toujours beaucoup. Serait-ce que parce que j'ai toujours beaucoup à raconter ? Ou que je ne sais pas le faire sans détails ?


Sinon, j'ai plein de photos à mettre en ligne ici, mais je n'ai pas le temps encore. Peut-être ce week-end.

mardi 20 mai 2008

Un peu de bien

Merci à tout le monde pour tous les gentils petits mots de ces derniers jours (semaines !). Je n'ai pas pris le temps de répondre mais j'ai tout lu au fur et à mesure, et ça m'a beaucoup touchée.


Oui, les nouvelles sont bonnes. D'abord, l'épisode précédent avait été causé par le stress professionnel, donc depuis je m'efforce vraiment d'apprendre à le gérer, à le laisser passer sur moi sans y laisser de trace, parce qu'à présent l'enjeu ne concerne pas que moi (qui m'en remettrais), mais aussi bon bout de chou en construction (pour qui ça serait moins sûr). C'est loin d'être gagné mais je fais tout mon possible, j'y consacre toute mon énergie.


Et le bout de chou en question, on a enfin pu faire sa connaissance de visu il y a une semaine. Ça sera un petit mec (ce qui signifie que ce test a donc fait erreur). Un parfait petit gaillard avec tous ses membres et tous ses organes, et apparemment très vif puisque depuis un moment maintenant il bouge tellement que non seulement je le sens très clairement mais mon mari aussi le sent, et on peut même le voir quand il tape vers la surface de mon ventre. On a une image de l'écho où il attrappe son pied avec sa main, un grand classique mais c'est tellement émouvant quand c'est le nôtre à soi qu'on voit faire ça.


Et non seulement il bouge, mais apparemment il réagit même à nos sollicitations : quand on fait une légère pression des doigts sur mon ventre il répond d'un petit coup au même endroit. Je me demande d'ailleurs comment ça fonctionne parce que, quand bien même il aurait un embryon de conscience (ce dont on ne sait rien, finalement), il ne peut avoir aucune conscience de l'existence d'un au-delà de ce monde monoplace dans lequel il est plongé, et encore moins d'un autre qui existerait dans cet au-delà, alors je me demande bien pourquoi il réagit, est-ce qu'il conçoit ça comme un stimulus et si oui de quel ordre, si ça l'amuse, si c'est un réflexe, si c'est une défense, ou tout autre chose ou bien tout à la fois.


Un étrange moment que cette échographie. Je sais bien que le job de ce spécialiste-là est de détecter toutes les malformations possibles et qu'il est donc focalisé là-dessus, mais quand c'en est au point de passer à côté de toute l'émotion que vivent les futurs parents au même moment, grâce à ce qu'il est en train de faire, je trouve ça vraiment dommage. Je sais bien qu'on ne l'a vu qu'une vingtaine de minutes, mais ce type qui était là à nous réciter qu'il pouvait y avoir plus de 500 malformations rien que pour le coeur du foetus, je suis sûre qu'il serait vachement plus profondément heureux s'il profitait ne serait-ce qu'un tout petit peu de la joie que son métier peut procurer aux gens, aussi, même en restant conscient que ce n'est pas ça le centre de sa tâche.


A part ça j'ai un mal de dos de tous les diables, ça, ça ne s'arrange pas. J'attendais avec impatience le 19 mai pour que la piscine du village d'à côté ouvre enfin ses portes pour la saison, mais il fait un tel temps de chien que je ne suis même pas allée voir si elle avait bel et bien ouvert, finalement. Mais j'ai hâte, je sens bien que ça me fera un bien fou.


En attendant, j'ai repris les balades, ce qui est bien agréable (et c'est fou toutes les orchidées que je n'avais pas vues autour de la maison, il y en a partout de plein de sortes) mais je commence à tourner un peu en rond. Heureusement que je peux reconduire sans crainte, maintenant que l'on a vérifié que tout allait bien, je vais pouvoir élargir un peu mon champ de marche. Mais ce n'est pas pour tout de suite.


Pour l'instant j'ai d'autres choses à faire, inattendues et professionnelles, qui m'obligent à me remettre à travailler pour les jours à venir, mais qui peuvent en valoir la chandelle... Ou bien non, on verra bien. Je pense que je garderai donc encore un silence quasi-complet pendant quelques temps, parce que j'ai la tête à trop de choses à la fois, et que je ne suis pas souvent d'humeur à venir écrire ici. Soit parce que je suis trop triste (j'ai de sacrées sautes d'humeur), soit parce que je suis trop occupée faire autre chose. Mais ça reviendra.

vendredi 9 mai 2008

Un peu de mal

Une bonne frayeur ces derniers jours. Ce week-end on a un peu baroudé, invités par ci par là, lundi et mardi j'ai fait mes 3h de trajet quotidien pour aller travailler, et puis mardi soir on est sortis avec un ami, on a bu un coup et dîné au restau... je ne sais pas très précisément ce qui a le plus joué là-dedans, mais le lendemain j'avais mal à l'utérus. Comme j'étais crevée, j'ai passé presque toute la journée à dormir, et puis en fin de journée, comme les douleurs ne passaient toujours pas, je suis allée marcher un peu. Ça s'est soulagé. Et puis c'est revenu pendant le trajet en voiture qui nous amenait chez nos amis, où l'on était invités le soir. En en discutant avec mon mari, il m'a conseillé de téléphoner à la sage-femme au cas où.


Et là, catastrophe : d'après ce que je lui raconte elle m'explique que ce sont des contractions, que ce n'est pas forcément grave mais que par contre c'est très sérieux, qu'il faut que je prenne du Spasfon et que je me coule un bain. Ne pouvant pas le faire puisque je ne suis pas chez moi, elle me conseille de passer à l'hôpital de la ville, qu'ils vérifieront ce qu'il se passe, et qu'au pire ils me garderont 48h sous perfusion de Spasfon. Panique, on file à l'hosto, je commence à être sérieusement terrorisée, je m'en veux à mort de ne pas avoir su détecter ça. Et pour couronner le tout à l'hôpital c'est du grand n'importe quoi. Les urgences maternité sont vides, alors on va jusqu'aux aux urgences normales, qui nous disent d'y retourner et de sonner à la porte. On sonne, on nous indique d'aller sur notre gauche (alors que dans l'entrée les urgences mat' sont indiquées à droite... à gauche c'est les urgences pédiatrie...), on entre dans la maternité (comme dans un moulin, on croise deux mecs un peu louches de je ne sais quel service qui se baladent alors qu'on passe devant des salles avec des couveuses...), on tombe sur une infirmière et on lui explique, elle nous répond que non non, il faut aller au service gynéco (c'est d'une logique imparable, bien sûr). On y va, on tombe sur une infirmière, qui nous explique tant bien que mal où est la salle des urgences gynéco, et nous annonce que l'obstétricien n'est pas disponible pour le moment parce qu'il en train de faire une césarienne... Bon. On va attendre devant la salle en question (franchement bien cachée), on attend on attend, toujours rien, j'angoisse à mort, ce qui n'arrange rien, je ne sais pas si je dois rester assise ou debout, je me sens toute contractée, je me retiens de pleurer tant bien que mal. Au bout d'un moment la dernière infirmière passe, nous voit et nous demande "Ben ? Il est toujours pas revenu ??
- Non.
- (...)
- Y'aurait pas moyen de voir quelqu'un d'autre ?
- Ben... qui donc ?
- Je sais pas moi, une sage femme par exemple.
- (l'air étonné) Ah non alors, les sages-femmes ne font pas ça !"

Bon bon. Je n'en peux plus, mon mari non plus, il sort rappeler à la sage-femme pour savoir ce qu'on doit faire, si l'on n'a pas une autre option que de rester là comme des cons dans cet endroit où je n'ai confiance en personne, je les vois déjà me faire toutes sortes d'examens inutiles et dangereux pour le bébé en me déclarant que c'est obligatoire, et finir par m'annoncer qu'on doit m'accoucher que ça sera mieux, et moi je n'ai pas confiance, je n'ai pas confiance, je veux rentrer à la maison, je repense au fait qu'initialement la SF m'avait juste dit de me plonger dans un bain, je veux rentrer chez moi et prendre un bain, et dormir contre mon chéri, à la maison, au calme, tranquilement, me reposer chez moi. La SF, apprenant que l'on n'a toujours pas été pris en charge est outrée, et nous conseille effectivement, si je me sens de rentrer (évidemment que je me sens ! Tout sauf continuer à attendre dans cet endroit infâme !), de le faire. Puis de me reposer absolument pendant 48h, sous Spasfon régulièrement, sans rien faire.


J'ai donc passé deux jours de repos complet, allongée à ne rien pouvoir faire de plus que me lever régulièrement pour aller faire pipi... parce que le bougre ne m'appuie pas moins sur la vessie pour autant. Hier les douleurs ont commencé à se calmer... pour être remplacées par des courbatures (ben oui, 48h à être contractés, les muscles, ça fait un sacré effort) et un mal de dos à m'empêcher de dormir. Et depuis cette nuit s'est ajouté à ça un mal aux fesses et aux épaules, qui deviennent elles-mêmes toutes tendues.


Je n'ose plus bouger, bien que j'aie moins mal, mais j'ai tellement peur que ça revienne. Je ne veux pas risquer d'accoucher maintenant, c'est vraiment beaucoup trop tôt ça serait l'horreur, mais en même temps c'est cette position couchée qui me fit si mal partout ailleurs, et puisle stress aussi, de ne pas sentir une réelle amélioration, que j'attendais plus rapide, plus franche. Là je n'ai plus vraiment mal (à part hier soir où j'ai eu une brève -mais intense- remontée), je crois que je n'ai plus de contractions (en tout cas rien de plus que les normales c'est-à-dire des légères de temps en temps), mais j'angoisse tellement que même les mouvements du bébé m'inquiètent, j'ai beau savoir que c'est lui ça me fait peur tout de même.


Et puis je voudrais que ça passe. Je ne veux pas non plus passer mes 5 prochains mois couchée, c'est l'horreur. Quand j'y pense, je sens bien à quels moments j'ai abusé, à quels moments je me suis forcée alors que je n'aurais pas dû, mais je n'ai tellement pas l'habitude que je ne m'en rends pas comtpe sur le coup. Déjà, je n'aurais pas dû faire tous ces kilomètres. Mais ça serait resté calme, je crois, si je n'avais pas reçu mardi une mauvaise nouvelle professionnelle. Une nouvelle qui m'a mis le moral complètement à zéro, qui m'a vraiment dégoûtée de continuer, qui m'a ôté tout espoir de trouver un travail pour l'an prochain. Et moi, parce que j'étais bloquée sur mon lieu de travail jusqu'au soir et parce que je ne voulais pas sombrer en larmes devant tout le monde (ni entendre des "Mais noooon... c'est pas si graaaave..."), j'ai pris sur moi. Même le soir j'ai dû en faire autant, parce qu'à peine rentrée du boulot on avait rendez-vous avec un ami et qu'on a passé la soirée à discuter de plein de choses passionnantes, mais pendant ce temps l'angoisse me dévorait de l'intérieur sans que je puisse l'extérioriser pour ne pas qu'elle s'installe. Ben c'était une belle connerie, puisque ça m'a tellement stressée, tellement tendue intérieurement, qu'évidemment cette tension s'est reportée sur l'utérus et les contractions ont commencé.


Et à présent je ne sais pas trop quoi faire pour bloquer ça. Relativiser ? Je veux bien, je ne demande que ça même, mais ce n'est vraiment pas simple de n'avoir absolument aucune idée de ce que pourra bien être ma vie d'ici à quelques mois. La seule chose dont je reste sûre, c'est mon mari, et c'est déjà pas si mal (en tout cas j'espère, parce que sinon...). A part ça, non seulement ma vie ma totalement changer parce que je vais être maman (enfin... si je ne gâche pas tout avec mon stress d'ici là), mais en plus je ne sais pas ce que je ferai ni où je serai. C'est vraiment pas facile de ne pas pouvoir du tout me projeter, de ne pas avoir la moindre idée, juste petit à petit de barrer des possibles, et qu'il en reste de moins en moins dans la liste, à part la dernière ligne : "Autre".


Ce matin je me disais que j'allais tenter de faire un billet positif avec tout ça. Ben c'est pas facile. C'est d'ailleurs sans trop de doutes pour ça que je ne suis toujours pas remise sur pieds. Il faut que j'accepte ça et que j'arrête de me cramponner à... à je ne sais quoi, à tout ce qui me retient. C'était quoi qui était mieux dans ma situation de l'an dernier par rapport à celle de cette année, hein ? Qu'est-ce que je pourrais bien regretter ? On se l'demande.


Pour fêter ça, je ferais volontiers ma petite sieste de 10h30... sauf que j'ai trop mal au dos :-/

mercredi 30 avril 2008

Impression corporelle

Hier pendant ma sieste j'ai senti un battement. Un peu comme j'aurais pu sentir le battement de mon coeur, sauf que c'était beaucoup plus rapide. Une fois chez l'acuponctrice j'avais senti quelque chose comme ça, elle m'avait expliqué que c'était l'un des autres flux énergétiques de mon corps, qu'il n'y avait pas que le coeur qui battait.


Mais là, je ne saurais pas expliquer pourquoi mais vu le rythme et la façon dont ça irradiait dans tout le corps à partir du ventre, j'avais la claire impression que c'étaient les battements du coeur du bébé que je sentais, comme s'il s'était placé dans une position dans laquelle mon corps qui faisait office de caisse de résonance de son flux d'énergie à lui.


C'est possible ça ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

lundi 21 avril 2008

Une affaire de poids

Hier matin je me suis pesée, la balance affichait 13 kg de plus qu'avant ma grossesse. En réalité c'est un peu moins (parce que j'étais (lourdement) habillée, mais tout de même, je continue à grossir, lentement mais sûrement.


Et puis hier soir, alors que j'étais en train de calculer diverses mesures pour un patron de pantalon, j'ai cherché par hasard sur le web si je trouvais quelque chose comme des mensurations moyennes de bidon de femme enceinte. Je n'ai pas trouvé... mais par contre j'ai trouvé pas mal de discussions de nanas qui se racontaient, en gros, des choses du genre "Houlala je suis à 7/8 mois, j'ai pris 13 kg, je n'arrive plus à me lever / à monter des escaliers / etc.".


Alors, je comprends mieux. Je comprends mieux pourquoi je me trouve si vite si fatiguée en ce moment... la grosse dizaine de kilos que j'ai pris, ça représente +20% de poids acquis en même pas 4 mois, c'est considérable et évidemment, puisque je les prends dans la situation toute particulière de la grossesse ma musculature ne se développe pas en conséquence : mon corps a d'autres choses à penser qu'à faire du muscle ces temps-ci.


L'autre jour en balade je me suis accroupie pour regarder un insecte dans une fleur de mésugue, et pas moyen de me redresser à la force de mes jambes. Hier soir je me suis installée par terre pour dessiner les pièces de mon patron de pantalon sur le tissu... et j'avais une de ces douleurs aux genoux ! Hé oui, je pèse beaucoup plus lourd que d'habitude, donc tout ça est parfaitement normal. Or j'avais tendance, avant d'y réfléchir en tenant compte de toutes les données, à trouver cela inquiétant : tout de même, qu'est-ce que je peux être fatiguée, ce n'est pas normal, je n'ai plus de tonus, plus de force... En réalité il n'en est rien : j'ai pris plus de 10 kg en quelques mois et donc, je pèse sacrément plus lourd et mon corps n'a pas eu le temps de s'adapter complètement à cela !



Je me demande un peu, au passage, comment les gros vivent cela au quotidien. Certes je ne pense pas que ça soit si fréquent que ça de prendre 10 kg en 3 mois dans une situation plus courante (i.e., en n'étant pas enceinte), mais tout de même ça doit être super dur de bouger un corps lourd dans toutes les situations du quotidien. Ne l'ayant jamais vécu, je ne m'étais jamais posé la question. Et quand je pense à toutes les fois où des gros déploraient ma "maigreur" en s'inquiétant du fait que je devais manquer de tonus, que je devais être fragile, avec presque une impression de danger à être si légère, je me rends compte à quel point au contraire c'est plus facile, moins fatiguant, plus tonique de se bouger quand on est léger. Oui j'enfonce une porte ouverte, mais c'est parce que je viens de la découvrir, et puis finalement ce n'est apparemment pas si évident que ça !

jeudi 17 avril 2008

Une bonne chose de faite

C'est trois fois rien, mais j'ai ENFIN réussi à rassembler les matériaux, les outils et la disponibilité nécessaires pour réparer le collier en cornaline que ma maman m'avait offert à Noël, et qui m'avait explosé au cou il y a quelques mois. Je suis toute contente, il est trop joli.


Alors j'en profite un peu... la cornaline, c'est ça (source) :


La cornaline est une variété translucide de la calcédoine, elle-même variété de quartz microcristallin contenant un peu de fer. Elle a une dureté de 7, une densité de 2,65 et doit son nom à la cornouille, fruit du cornouiller qui a la même coloration. Elle peut ainsi varier du rose chair au rouge brun profond, expliqué par la présence d’hématite. La cornaline se fait cependant rare, c’est pourquoi il est nécessaire d’être vigilant, la plupart des cornalines du marché se trouvent être en réalité des agates que l'on a teintée grâce à une solution de nitrate de fer. La cornaline se trouve dans la nature sous forme de nodules. Les plus anciens gisements exploités par les romains se trouvent en Arabie et en Inde. Elle est actuellement extraite au Brésil, en Inde et en Uruguay et est principalement employée en bijouterie et pour la fabrication d’intailles et de cachets.

Et apparemment j'ai rudement bien fait de le réparer, si j'en crois ses applications en litothérapie (source) :


Cornaline - joie de vivre

Aides physiques : Anémie. Asthme. Colique. Congestions. Crampes musculaires. Douleurs de l'aine ou du bas du ventre. Douleurs du foie. Elimination des toxines. Embellissement de la peau. Empoisonnements. Fécondité. Infections. Parodontose. Saignements de nez. Scarlatine. Septicémie. Spasmes du système digestif. Varicelle. Cet élixir renforce les fonctions des organes génitaux, soulage les douleurs menstruelles, purifie et stimule le foie. Il est bénéfique en cas de stérilité et d'impuissance et il peut aider les personnes souffrant d'anorexie. Il soulage les troubles circulatoires, calme les névralgies et les problèmes des voies respiratoires. Cet élixir améliore également les allergies au pollen et accélère la cicatrisation des blessures.

Actions sur le mental : Concentration. Confusion. Courage. Découragement. Frigidité. Fuite des réalités. Hallucinations. Impuissance. Joie et bonne humeur. Paresse. Sociabilité. Minéral qui vitalise les corps physique, émotionnel et mental. Accroît l'harmonisation avec le moi interne. Facilite la concentration. Ouvre le cœur. Cet élixir stabilise les personnes très émotionnelles. Il améliore l'aptitude à communiquer sur le plan relationnel.

Hé ben c'est juste ce qu'il me fallait !!! ;-) (C'est fort rigolo d'ailleurs, parce qu'au moment où on a conçu notre futur bébé, moment où j'allais plutôt vachement bien d'ailleurs question pêche, pensée positive et concentration, hé bien je le portais tout le temps, ce collier...)

Une chance sur deux

Qu'est-ce qu'on ferait pas pour s'occuper ;-)


D'après ça, ce serait une fille que j'attendrais... Hé dites, les déjà-mamans, est-ce que ça marche pour vous ? (ben quoi, on peut rigoler) Si je ne m'abuse, pour ma maman ça correspond...

mardi 15 avril 2008

Le cercle vicieux / Les choses

Allez, une petite séquence Caliméro...


L'un de mes problèmes principaux pour tenir ma maison au propre (ne serait-ce qu'un petit peu...), c'est que je ne peux pas la ranger. Comme elle est trop petite, il y a toujours des choses qui restent entassées ça et là, attendant mieux, sans que le mieux espéré arrive jamais. Alors je ne peux pas la nettoyer correctement, il reste toujours des endroits que je ne peux pas atteindre, qui doivent attendre. Et puis ça n'a jamais l'air vraiment rangé. Et puis ça se re-salit à toute vitesse, parce qu'étrangement, les piles de choses entassées ont une curieuse propension naturelle à s'étendre à vitesse grand V et à envahir la maison dès qu'on tourne le dos.


Quand on a emménagé dans cette toute petite maison, je m'étais dit que c'était une bonne occasion pour nous de tenter de nous débarrasser un peu de notre trop plein d'affaires, parce que l'on n'aurait pas assez de place. Et c'est vrai, on n'a vraiment pas du tout assez de place. Mais ça ne nous empêche pas d'entasser.


Je me demande toujours comment font les filles qui maintiennent leur maison super nickel tout le temps, et l'autre jour j'ai été chez l'une d'elles. Il y a un truc qui m'a frappée : il n'y a rien qui dépasse chez elle. Tout est rangé à sa place, dans des placards, des tiroirs, des étagères. Moi, même en faisant tous les efforts du monde je ne peux pas faire ça parce que je n'ai pas assez de placards, de tiroirs et d'étagères pour ranger toutes mes affaires, et par conséquent il y a toujours des tas de choses qui traînent. Et je ne peux pas nettoyer efficacement quand il y a tant de choses qui traînent partout.


Et puis ce n'est pas zen du tout, jamais. Même quand j'y passe une journée complète ou deux, même une fois que j'ai fait tout ce que je pouvais faire, il reste toujours autant de choses à faire pour que ça soit rangé, pour que ça paraisse rangé. Il y a toujours des choses qui attendent dans les coins, de changer de pièce, d'être rangés dans un endroit qui pour l'instant est inaccessible parce qu'enfoui sous d'autres choses à ranger, et que je ne peux pas ranger parce que ce sont des affaires de mon mari (et gare à moi si je mets mon nez là-dedans ! Quoi que je fasse c'est toujours une catastrophe). Il y a toujours trop d'étagères ouvertes à tout vent qui prennent irrémédiablement la poussière quoi que je fasse, il y a toujours deux à trois fois plus de livres que de place dans la bibliothèque, il y a toujours du linge que je dois ranger dans la salle de bains parce que ça ne rentre plus dans la chambre, mais dans la salle de bains ça prend l'humidité et ça pue. Il y a toujours tous ces bidules de tous les jours que l'on doit garder sous la main, parce qu'on est comme ça, et qui traînent, partout, et qui prennent une place folle. Il y a toujours tous ces fils électriques, pour la chaine et pour les ordis et le modem et tout ça qui sont là par terre à prendre la poussière et à gêner. Il y a tous ces machins dont je ne sais désespérément pas quoi faire : les bobines de ficelles de tailles diverses, les paires de ciseaux, stylos et outils de base divers, les chargeurs de piles, de batterie, les appareils photo et compagnie, les réserves de petite monnaie, les trousseaux de clés, les factures à payer avant de les ranger, les réserves de papier cadeau, les botins, les magasines,...


Pour l'organisation des meubles je m'en sors plutôt bien : que ça vienne tout de suite ou un peu plus tard, je finis toujours par trouver une disposition agréable. Mais pour ce qui vient dans et sur les meubles, y'a pas moyen. Et puis de toute façon ici, c'est tellement petit, qu'il y a plein de choses que l'on ne peut pas faire même si on le veut. Mettre la table à manger dans la cuisine, par exemple. Ça solutionnerait des tas de choses, en tout cas ça me ferait super plaisir et ça dégagerait de l'espace visuel dans le salon, mais j'ai eu beau retourner le problème dans tous les sens, ce n'est pas possible à moins de nous séparer de la cuisinière et du lave-vaisselle... :-/ Et pourtant, pourtant, j'y reviens régulièrement parce que ça serait tellement mieux.


[ Je ne cite pas tout ça (uniquement) pour me plaindre, ni en attendant une réponse, mais parce que l'exposer va peut-être m'aider à trouver une solution, ou même un embryon de début de piste de solution... ]


Dans la chambre il y a cette penderie en dur, qui est à l'image de tous les aménagements de la maison : jolie comme tout, mais tellement mal pensée que ça la rend presque inutilisable. Ses portes sont nettement plus courtes que sa longueur ce qui fait qu'il reste plein de place inaccessible sur les côtés sauf à se contorsionner comme une gymnaste, et puis elle a deux portants l'un derrière l'autre ; ça pourrait être une bonne idée parce que ça doublerait la surface de penderie mais non ! Aucun des deux n'est utilisable parce qu'ils sont trop près l'un de l'autre, et trop près du mur d'un côté, de la porte de l'autre. Même les cintres nus n'y entrent pas. Il y a aussi une colonne d'étagères, bien planquée sur un côté donc inaccessible à cause de la largeur de la porte, et beaucoup trop profonde pour pouvoir utiliser la surface efficacement. Ceci pour donner un exemple, parmi tant d'autres possibles...


Alors, des fois, au lieu de consacrer 15 minutes de disponibilité à faire un peu de ménage, je m'asseois là et je désespère, parce que où que se pose mon regard ce n'est que piles de trucs remplissant le moindre espace censé laisser passer l'air et le regard, accumulant poussière et poils de chien, assombrissant l'espace, grignotant la sérénité de la pièce.


D'habitude, ça me ronge parce que quand je fais un peu de ménage régulier, ça ne se voit pas. Mais là avec la grossesse, j'ai de plus en plus besoin de me sentir bien dans ma maison, de la trouver accueillante et douce, et quoi que je fasse y'a pas moyen d'y parvenir. Je ne m'y sens pas bien. Et je réalise que finalement, ça fait des années que c'est comme ça, bientôt 10 ans que je ne me sens jamais bien chez moi. J'ai essayé des tas et des tas de fois d'y remédier, en procédeant de plein de façons différentes mais rien n'y a fait. J'ai même essayé de modifier mon point de vue puisque je n'arrivais pas à modifier le lieu lui-même mais ça n'a pas marché. Alors je ne sais que faire, ça me semble sans fin. J'ai toujours été bordélique, mais avant,quand je rangeais mon souk j'arrivais à un moment donné à un état où tout était à sa place ; là, cet état n'existe plus.


- - - - - - - - - - -


Bon, c'est pas tout ça de se plaindre, il y a aussi des jolies choses dans la vie, et là tout de suite il y a un truc qui me donne le sourire, c'est ça :



Voir tous les titres de Alain Souchon


Il a tourné sa vie dans tous les sens
Pour savoir si ça avait un sens l'existence
Il a demandé leur avis à des tas de gens ravis
Ravis, ravis, de donner leur avis sur la vie
Il a traversé les vapeurs des derviches tourneurs
Des haschich fumeurs et il a dit

La vie ne vaut rien, rien, rien, la vie ne vaut rien
Mais moi quand je tiens, tiens,
Là dans mes mains éblouies,
Les deux jolis petits seins de mon amie,
Là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie,

Il a vu l'espace qui passe
Entre la jet set les fastes, les palaces
Et puis les techniciens de surface,
D'autres espèrent dans les clochers, les monastères
Voir le vieux sergent pépère mais ce n'est que Richard Gere,
Il est entré comme un insecte sur site d'Internet
Voir les gens des sectes et il a dit

La vie ne vaut rien, rien, rien, la vie ne vaut rien
Mais moi quand je tiens, tiens,
Là dans mes mains éblouies,
Les deux jolis petits seins de mon amie,
Là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie

Il a vu manque d'amour, manque d'argent
Comme la vie c'est détergeant
Et comme ça nettoie les gens,
Il a joué jeux interdit pour des amis endormis,
Et il a dit

La vie ne vaut rien, rien, rien, la vie ne vaut rien
Mais moi quand je tiens, tiens,
Là dans mes mains éblouies,
Les deux jolis petits seins de mon amie,
Là je dis rien, rien, rien, rien ne vaut la vie.

Grrrr, 2ème : Y'a plus de saison

Je m'disais mais qu'est-ce qu'il fait froid, c'est tout de même pas possible d'avoir si froid, j'ai les doigts gelés, les pieds enroulés autour de mes jambes, et je commençais à mettre ça sur le dos de la grossesse mais qu'est-ce qu'elle peut me faire ressentir des choses bizarres celle-là alors...


...alors que pas du tout. Je viens de retrouver le thermomètre : il fait 14° dans la maison. Tu m'étonnes que j'aie froid ! Hop, sans hésitation, j'enfile un chandail et je rallume le chauffage. On va pas se laisser aller !

jeudi 10 avril 2008

Echo(-graphie... ou presque !)

En écho à un billet d'Anita qui m'a plu, voici des questions qui, notez bien, n'appellent aucune réponse.


  • C'est quand le printemps, pour de vrai ?

  • Pourquoi mon père ne passait jamais la 4e vitesse sur sa BX ?

  • Est-ce qu'il restera des postes à pouvoir en sciences humaines et sociales à l'université après les réformes nationales en cours ?

  • Est-ce qu'un jour j'arriverai sans difficulté à distinguer un ophrys lupercalis d'un bilunulata ?

  • Comment ai-je bien pu faire pour accumuler une pile de 10cm de courrier reçu à ouvrir...?

mardi 8 avril 2008

On nous ment !!

Je suis un peu verte (mais soulagée, finalement). Je viens d'entendre à la radio, à l'instant, un petit passage à propos des maladies virales que les femmes enceintes peuvent transmettre à leurs bébés. Et de parler de la toxoplasmose (que l'on peut attrapper par les chats ou les viandes pas assez cuites), la rubéole (les fromages au lait cru), etc. Et là j'enrage !! Je suis immunisée à tout ça (tout sauf la listériose évidemment), et malgré tout on n'arrête pas de me dire de ne pas manger ci et ça. Ben mince alors ! Je savais qu'il ne fallait pas écouter ces choses-là et de me contenter de manger ce que je veux en veillant juste de ne pas faire d'excès, mais j'avais toujours une petite dose de culpabilité, alors que non, il n'y a aucune raison !


Oui parce que la viande crue je peux m'en passer sans problème, mais le fromage au lait cru... c'est un supplice...


Bon, je vais tout de même tâcher d'aller trouver des infos plus précises qu'un vague article de journal radio pour vérifier.

lundi 7 avril 2008

Bilan de la journée

  • J'ai pris un grrrrand bain,

  • J'ai mis des tuteurs aux plants de tomates,

  • J'ai planté des laitues blondes et rousses, des épinards et de la mâche (je sais c'est tard mais vu le temps qu'il fait...),

  • Je me suis épilée (vous ne vous imaginez pas depuis combien de temps je ne l'avais plus fait !),

  • J'ai cherché des patrons de vêtements pour future maman... mais quasiment en vain, je n'ai rien trouvé qui me plaisait, (au moins j'aurai essayé)

  • Et je suis en train de me préparer (mieux vaut tard...) un soin pour gros bidon, avec ce que j'ai sous la main pour l'instant. On fera mieux plus tard.


C'est pas grand-chose, mais c'est pas rien du tout non plus. Et demain... sera un autre jour !

Toute vidée

J'entre dans ma 17e semaine. Normalement, je suis en plein 4e mois, je devrais pêter la forme et tout et tout. Ben... je crois que le boulot de ces dernières semaines a eu raison de toute cette énergie que je devrais avoir ! J'ai surtout besoin de repos, je passe des heures entières à ne rien faire, je dors, je reste sur le canapé au soleil, même pas envie de lire ni rien, juste me reposer, ne rien faire et n'avoir rien à faire. Quand je me bouge un peu ça va, je tiens le coup, mais dès que j'arrête je sens la fatigue qui revient... et le sommeil qui me reprend ! Je n'imagine même pas ce que ça aurait donné si je n'avais pas été censée être en super forme en ce moment.


Quand j'y pense, je pourrais faire des tas et des tas de choses. Ranger la maison. M'occuper du jardin, y'a du boulot aussi de ce côté-là. Aller me balader tant qu'il fait beau (il paraît qu'à partir de demain il va se remettre à pleuvoir). Lire, me coudre des vêtements (j'ai quelques idées), ou même écrire ici ou rattraper mon retard de lecture de blogs. Mais... pas moyen. Je suis simplement, complètement à court d'énergie. Je m'demande si je vais arriver à ne prendre qu'une seule semaine de vacances, une seconde ne serait vraiment pas du luxe (et quand je pense que je dis ça dès le premier jour de congé !! Ça promet).


Voilà. Après ce dur effort de rédaction ;-) je vais aller me reposer un peu au soleil, tiens.

jeudi 3 avril 2008

Grrrr (les dents qui claquent)

Je viens d'entendre un bout de météo sur Inter, ils parlaient de 25° en Provence. Et pendant ce temps, là où je vais, c'est prévu comme ça :



Oui ben ça va hein, c'est pas la peine d'en rajouter !!