Tiens, je pourrais commencer par évoquer mon dossier de candidature parce que c'est lié (mais juste pour dire, hein !). J'ai tellement peur d'échouer que je me mets moi-même des bâtons dans les roues, je recule en faisant semblant d'avancer, j'hésite, j'oublie, je zappe, je désorganise.
Pour les cadeaux de Noël c'est pareil. J'ai tellement peur que ça soit râté, que ça ne leur plaise pas, que ça ne corresponde pas à ce que j'ai en tête (qui est, il faut le dire, trop grandiose pour être possible en vrai) que j'ai laissé filer le temps, oubliant des choses nécessaires, des étapes à préparer. Résultat on est à deux jours de Noël et je n'ai toujours pas peint mes boites en carton, qu'il faudra que je vernisse ensuite, et qui devront sécher un certain temps avant que je puisse les remplir de mes crèmes et onguents divers. Le tout pour mardi, si ça continue ça va être vraiment, vraiment mission impossible.
Tout ça parce que j'ai cette peur idiote de l'échec. Qu'il vaut mieux une intention grandiose avortée plutôt qu'un essai pas à la hauteur. A la hauteur de quoi, on se le demande, hein. Et à la hauteur de qui, aussi. J'ai peur que l'on n'aime pas ce que j'ai fait, mais j'ai aussi (et surtout je crois) peur de ne pas être moi-même satisfaite de ce que j'ai fait. Tant que c'est à l'état d'intetion ça peut être génial, fantastique, magnifique, mais dans la pratique je me retrouve toujours entravée par des considérations bassement budgétaires, du manque de matériel, des objets dont j'ai besoin et que je ne trouve pas.
Déjà, le fait de ne pas trouver exactement les boîtes que j'avais en tête ça m'a énervée, ça m'a déçue, ça m'a enlevé une bone partie de mon enthousiasme parce que je sais qu'au final ça ne ressemblera pas à ce que j'avais en tête du coup. Mais je sais aussi que c'est une bonne excuse que je tisse et que je développe pour ne pas faire, ne pas tenter, ne pas concrétiser malgré tout.
Alors je sais que Coco va répondre que non et que ça sera très bien et que c'est toujours bien ce que je fais et tout ça. Mais je n'ai pas cette perception-là au fond de moi. En surface non plus d'ailleurs ;-) Mais je ne m'en plains pas : je ne fais qu'essayer de passer outre ce blocage.
Ecrire, dessiner, fabriquer des choses très diverses, coudre à présent, cuisiner, inventer des rangements pour la maison, faire de la musique, créer des morceaux, tant de choses que je fais, parfois, mais trop laborieusement à mon goût, avec toujours cet arrière-goût de "j'aurais pu mieux faire", "c'est pas comme je voulais", "j'ai fait avec ce que j'ai pu mais ce n'était pas à ça que je pensais". C'est gâcher mon plaisir. C'est stupide.
Tiens, il est 11h et on a des amis qui débarquent pour déjeuner, il faudrait que je range la maison mais le fait de savoir que de toute façon je ne pourrai pas ranger vraiment, complètement, parce qu'on a trop de choses et pas assez de place me retire toute envie de faire un petit effort. Envie qu'il fasse beau. Envie que la maison soit accueillante mais impression de ne pas pouvoir y parvenir quoi que je fasse.
Il faut laver la chienne, hier soir elle s'est roulée dans un tas de fumier trempé, je ne vous raconte pas l'odeur c'est une infection.
Je vais mettre un peu de musique.