lundi 11 septembre 2006

Rians

La petite ville de Rians a déjà son site web officiel. Mais elle a aussi le Rianscope, qui a été créé à l'initiative d'habitants.

Comme le montrent ces sites la ville regorge d'activités et d'initiatives, notamment culturelles. C'est tellement rare dans le coin que ça vaut le coup de le souligner: quel village à moins de 50km d'Aix peut se targuer d'avoir des galeries d'artistes, à part Rians? Quel village a plusieurs bon restos un peu sympas et originaux? (*) Quel villge organise régulièrement des sorties nature, des fêtes, etc.? Quel village a un luthier et un sellier, et tant d'autres artisans encore?

C'est probablement l'un des plus jolis, et l'un des plus vivants, et l'un des plus agréables villages du coin, rassemblant toutes les qualités possibles: campagne, et vie culturelle (et pas en essayant de se prendre pour une ville, non: en mettant en valeur ses propres qualités). C'est dommage que ça soit si loin de mon lieu de travail, et si près de Cadarache, sinon j'y habiterais déjà.

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(*) Il y a bien les Sarments à Puyloubier (dont la page web n'est pas à jour!), qui a pour (géniale) spécificité de ne proposer que des produits locaux (et tellement bien cuisinés dans des recettes originales), mais c'est bien le seul...

dimanche 10 septembre 2006

Ouverture de la chasse

Pour info parce que j'ai cherché un moment avant de trouver (source) :

Périodes de chasse en France


On chasse plus de 6 mois par an
Lorsque l'on pense : ouverture de la chasse, on pense au mois de septembre. Effectivement l’ouverture générale a lieu :
  • le 1er dimanche de septembre en Corse;

  • le 2ème dimanche de septembre dans le sud de la France (Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Poitou-Charentes, Limousin, Aquitaine, Midi-Pyrénées, Franche-Comté, Auvergne et Rhône-Alpes);

  • le 3ème dimanche de septembre en Pays de Loire, et départements de la Côte d’or, de l’Indre et Loire, de la Saône et Loire;

  • le 4ème dimanche de septembre dans le Nord de la France (Nord, Picardie, Ile de France, Centre, Haute-Normandie, Basse-Normandie, Bretagne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Bourgogne).

Mais il faut savoir que l’ouverture de la chasse aux oies et limicoles a lieu en août. Dur mois, durant lequel à partir du 15, les battues au sanglier se pratiquent de plus en plus. Enfin, sur autorisation individuelle, la chasse, à l’approche ou à l’affût du sanglier, du chevreuil ou du daim peut commencer dès le 1er juin. Depuis 2005, le renard peut être chassé lors de ces chasses précoces aux sangliers ou aux chevreuils. Autre nouveauté 2005, la chasse de la perdrix est possible depuis le 1er dimanche de septembre dans 7 départements (03-08-10-51-59-62-80) et à condition que se soit sur des populations naturelles (sans lâchers), avec plan de gestion.

Fermeture de la chasse
La fermeture générale a lieu le dernier jour de février. Pour certaines espèces, comme les tétras et le lièvre, la fermeture est plus précoce mais la chasse à courre se lieu jusqu’au 31 mars (la destruction par le tir des espèces classées «nuisibles» se poursuit au-delà de la fermeture de la chasse).

Conclusion
La chasse à tir dure donc 6 mois (de septembre à février), mais le tir peut en fait se pratiquer 10 mois par an ! Chaque année, vous pouvez demander en Préfecture, ou en Mairie, l’arrêté préfectoral fixant les périodes et les conditions de chasse dans votre département.

Il faut ajouter à cela que les chasseurs n'ont pas le droit de pénétrer dans les vignes avant le 1er octobre.

Potagers argentins et salades arfricaines

Je trouve deux textes en parallèle ce matin. Le premier parle de jardins potagers urbains en Argentine. Le second (*) parle de la pénurie en eau causée par nos achats occidentaux de denrées produites en Afrique alors qu'elles n'auraient rien à faire traditionnellement.


Ça me fait penser à ce que j'ai pu lire ces dernières semaines dans Vacarme. Leur numéro du printemps était consacré à l'Amérique Latine. Il y avait plein de choses à lire et je ne saurais trop le conseiller.


Ça me fait penser aussi à ce fait, pas si compliqué, de consommer local. Ça n'est que le 7e point des dix conseils pour entrer dans la décroissance de Casseurs de pub, aussi étonnant que ça pusse paraître. Ça arrive loin après "jeter sa télé". Même si c'est mieux que rien, n'empêche que consommer local permet de remédier à pas mal de problèmes. Ne serait-ce que parce qu'on apprend par là à s'intéresser à comment sont fabriquées, élevées, conçues les choses que l'on consomme, chose que l'on ne peut pas faire pour ce qui vient de loin, même en y mettant la meilleure volonté du monde. Parce que ça nécessite donc de s'impliquer dans son environnement local, et que c'est un début parfait pour arriver au reste.


Je peine à comprendre comment on peut, dans un coin comme le mien, faire venir des tomates d'Espagne ou des choses comme ça.


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(*) C'est une traduction d'un article paru dans The Independent, mais qui est payant sur le site d'origine. A croire que l'indépendance a un prix...


dimanche 30 avril 2006

Sainte Baume

Première balade herboristique récupérée sur feu le site de l'Amicale OPLF. Je l'antidate pour conserver une chronoligie normale (mais je fais paraître ce texte ici le 19/01/07).


Il y avait un bois sacré, qui, depuis un âge très reculé, n’avait jamais été profané. Il entourait de ses rameaux entrelacés un air ténébreux et des ombres glacées, impénétrables au soleil. Il n’est point occupé par les Pans, habitants des campagnes, les Sylvains maîtres des forêts ou les Nymphes, mais par des sanctuaires de dieux aux rites barbares ; des autels sont dressés sur des tertres sinistres et tous les arbres sont purifiés par le sang humain. S’il faut en croire l’antiquité admiratrice des êtres célestes, les oiseaux craignent des percher sur les branches de ce bois et les bêtes sauvages de coucher dans les repaires ; le vent ne s’abat pas sur les futaies, ni la foudre qui jaillit des sombres nuages. Ces arbres qui ne présentent leur feuillage à aucune brise inspirent une horreur toute particulière. Une eau abondante tombe des noires fontaines ; les mornes statues de dieux sont sans art et se dressent, informes, sur des troncs coupés. La moisissure même et la pâleur qui apparaît sur les arbres pourris frappent de stupeur ; ce que l’on craint ainsi, ce ne sont pas les divinités dont une tradition sacrée a vulgarisé les traits ; tant ajoute aux terreurs de ne pas connaître les dieux qu’on doit redouter ! Déjà la renommée rapportait que des tremblements de terre faisaient mugir le fond des cavernes, que des ifs courbés se redressaient, que les bois, sans brûler, brillaient de la lueur des incendies, que des dragons, enlaçant les troncs, rampaient ça et là. Les peuples n’en approchent pas pour rendre leur culte sur place, ils l’ont cédé aux dieux. Que Phébus soit au milieu de sa course ou qu’une nuit sombre occupe le ciel, le prêtre lui-même en redoute l’accès et craint de surprendre le maître de ce bois. (d’après Lucain, la Phrasale, 49 av.J.C.)


Avant de recevoir le nom de Sainte-Baume, le massif était connu comme Le Gargare. Garganos, héros celte bon vivant dont Rabelais s’inspira librement, a prêté son nom à bien des sommets de nos contrées, de la Normandie à l’Italie du Sud. (source)


En arrivant sur le plateau du Plan d’Aups, dit le frère Philippe Devoucoux du Buysson (ancien gardien de la grotte), le visiteur s’émerveille d’abord devant la majesté de la longue barre rocheuse qui s’allonge au dessus de lui sur 12 Km de long d’Est en Ouest. Au centre de cette barre exposée au Nord, le regard est principalement attiré par une falaise légèrement incurvée, de près de 150 mètres d’à-pic. Au coeur de celle-ci s’ouvre une ténébreuse caverne appelée «baoumo» et devenue «sainte Baume» depuis le séjour solitaire qu’y aurait effectué sainte Marie Madeleine. Le nom a, depuis, englobé tout le massif dont la ligne de crête culmine à plus de 1000 mètres…
Le pèlerin ou le visiteur devra, dans un premier temps, monter pendant plus d’une demi-heure à travers une forêt épaisse et inquiétante où les rayons du soleil, pourtant éclatants en Provence, ne pénètrent jamais. Les chênes et les hêtres y sont plusieurs fois centenaires, et certains ifs, dit-on, seraient âgés de mille ans. Partout l’eau suinte, noire, dans l’étrange forêt. Tout est sombre et silencieux. Le poète Lucain, au 1er siècle donne de ce bois sacré une description détaillée dans La Pharsale. (source)


Quelques arbres gigantestques de la forêt





Le flanc nord du massif de la Sainte Baume est caractérisé par une longue falaise haute de plusieurs centaines de mètres au pied de laquelle s’étend une forêt inhabituelle en Provence, une forêt druidique aux essences variées et plusieurs fois centenaires. (…)
La forêt de la Sainte-Baume fut probablement un bois sacré chez les Gaulois et la tradition qui en faisait un lieu respecté a survécu. Celle-ci est, depuis longtemps, “hors coupe”, c’est-à-dire qu’on n’y retire que les arbres morts. (source)


Cette forêt fait 140 hectares. Abritée par la falaise et protégée depuis longtemps, on y trouve des essences rares en Provence, et des arbres d’une taille rare.

Le massif est strictement réglementé : pas de moteurs, pas de vélos, pas de chiens, pas de portables, pas de cris, pas de feu, pas de camping, défense de ramasser les plantes,… et la surveillance est assurée par des gardes à cheval depuis des siècles.

Les feuilles d’érables de Montpellier repoussent







Et celles des érables champêtres aussi



Des feuilles de chêne blanc qui repoussent



Un fruitier en fleurs, je ne sais pas si c’est un poirier ou un pommier



Un alisier torminal d’une bonne quinzaine de mètres de haut



Le massif de la Sainte-Baume comporte des biotopes très différents du fait de l’orientation est-ouest de la chaîne et de son altitude élevée pour la Provence (point culminant: le massif des Béguines, 1147m) Sur le flanc nord, la célèbre forêt de la Sainte-Baume avec sa hêtraie constitue les derniers vestiges des forêts qui couvraient la Provence il y a 10.000 ans. (source)


Petite fleur (une anémone hépatique, je crois)



Un bouton d’or (renoncule)



Du tamier, ou de la salsepareille je me souviens jamais



Des hellébores en fleurs



Un genre de sauge, je crois



Une narcisse des poètes



Une orchidée pourpre





Un orchis olbiensis (orchis de Hyères)



Une fleur inconnue (et minuscule de surcroît). Un polygale peut-être?



Une asphodèle





Et un joli pissenlit en âge d’être soufflé





Des Liens:

dimanche 18 décembre 2005

Sainte Victoire

“Quand on est né là-bas, c’est foutu, rien (d’autre) ne vous dit plus” (Paul Cézanne)


Le massif


La Sainte Victoire, qui s’appelait Mont Venturi (Còla de Venturi en provençal) avant d’être évangélisée, était la muse bien connue de Cézanne. Le nom actuel viendrait de la victoire de Caïus Marius sur les Timbres et les Teutons en 122 avant JC, la bataille ayant eu lieu à Pourrières. Plus tard, au Moyen-Age, la montagne aurait été sanctifiée (d’où une appellation intermédiaire de Sainte Venture et autres noms approchants), jusqu’au XVIIe siècle où le nom aurait été francisé.


Cela dit, dans le coin je trouve qu’on a une tendance un peu lourde à justifier tous les noms d’endroits par cette fameuse victoire de Caïus Marius.


Le nom du village de Pourrières par exemple ; la plupart du temps, si vous cherchez son étymologie, vous trouverez que son nom vient de campi putridi (je vous laisse deviner la traduction littérale...), parce que la fin de la bataille avait eu lieu ici (elle avait commencé vers Ventabren si mes souvenurs sont bons) et que l’histoire veut que les Romains aient laissé tous les corps pourrir sur place (beuark). En fait, si vous poussez un poil l’investigation, vous en viendrez à remarquer que Pourrières vient assez probablement de porrì, poireau, et a été formé de la même façon que la plupart des lieux-dits voisins: Ollières = où l’on fait de l’huile (d’olive, pardi!), Pallière = où l’on fait de la paille, etc., et donc Pourrières = où l’on fait des poireaux.


Le nom de la Sainte Victoire, comme on vient de le voir, viendrait aussi de là ; mais également le nom de l’un de ses sommets, le Pic des Mouches, qui soit-disant (selon l’une des nombreuses histoires sur ce nom) s’appellerait ainsi parce que notre Caïus Marius, tellement fier d’avoir gagné sa bataille, aurait fait monter des cadavres jusqu’au sommet le plus haut du massif… rien que ça ! (et re-beuark - pas un tendre ce Marius-là)


Mais, revenons-en à notre montagne.



C’est un massif montagneux qui est situé entre la vallée de l’Arc au sud, et la vallée de la Durance au nord (sur 5 km de large), entre Aix-en-Provence à l’ouest et Pourrières à l’est (sur une vingtaine de km de long). Son point culminant est soit le Pic des Mouches, soit le Baou de Vespres, qui fait 1011 mètres d’altitude (mais l’altitude n’est pas exacte et une sombre histoire de calculs fait que l’on est pas certain duquel des deux est le plus haut - officiellement c’est le pic des mouches, et à vue d’oeil ça serait plutôt le baou de vespres, mais de toute façon c’est à un mètre près…). Elle a une forme générale de vague, rocheuse sur la face sud et couverte de forêt sur la face nord.


On commence notre balade du jour à peu près au milieu de la face sud. Au pied du massif, la garrigue, première étape de repousse qui traîne depuis l’incendie de 1989. Ici précisément, le sol est tellement aride et la couche de terre tellement fine (et le mistral tellement vif) que la végétation met un temps fou à reprendre ses droits.



Le Grand Site Sainte Victoire


Fin août 1989, 5000 ha du massif ont brulé sur la face sud. Depuis ce moment, il a été créé une structure qui veille à entretenir le massif et le protéger ; on l’appelle le Grand site Sainte Victoire, c’est un syndicat mixte composé du Conseil Général des Bouches-du-Rhône, de la Communauté d’Agglomération du Pays d’Aix et de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.


Le Grand Site gère [aujourd’hui] un espace de plus de 34 500 hectares qui s’étend sur 14 communes (Aix-en-Provence, Beaurecueil, Châteauneuf-le-Rouge, Jouques, Le Tholonet, Meyrargues, Peyrolles-en-Provence, Puyloubier, Rousset, Saint-Antonin-sur-Bayon, Saint-Marc-Jaumegarde, Saint-Paul-lez-Durance, Vauvenargues, Venelles) […]. Ce territoire est en partie classé au titre de la loi de 1930 sur le patrimoine et le paysage (6500 ha) et inscrit au réseau Natura 2000 (29000 ha). (source)

Les missions du Grand Site :


  • La gestion des massifs forestiers pour la prévention contre l’incendie.

  • La gestion dynamique de la forêt, menée en concertation avec les propriétaires, les élus et les professionnels, vise à concilier production, défense contre l’incendie, qualité des paysages et de l’environnement.

  • La préservation des paysages et du patrimoine naturel, culturel et bâti.

  • La réhabilitation de la Croix de Provence et d’autres petits édifices religieux ou historiques, la restauration de restanques [bancaou] et de bories [borià] témoignent du souci de préserver un patrimoine de qualité, caractéristique du paysage provençal.

  • Autre héritage moins connu et pourtant d’une valeur exceptionnelle, le patrimoine naturel : 900 espèces de plantes à fleurs (20% de la flore française), 27 de mammifères et plus de 120 d’oiseaux trouvent ici les conditions propices à leur développement.

  • Des actions en faveur du patrimoine archéologique et historique confortent cette politique.

  • L’accueil du public et la gestion de la fréquentation.

  • La politique globale d’accueil du public, établie en concertation avec les partenaires, vise à proposer une offre de découverte de qualité tout en maintenant globalement le nombre de visiteurs à son niveau actuel.



Les alentours


Du pied du massif, quand on se tourne vers le sud, on voit l’étang du Troncas plein d’eau (c’est la première fois que je le vois en eau). Le Troncas est sur le plateau du Cengle (un endroit très renommé pour le nombre d’oeufs de dinosaures qu’on y trouve, comme je l'ai déjà dit), et en-dessous c’est la vallée de l’Arc.




L’étang du Troncas (j’ai trouvé aussi mention de la trenque, avec l’accent pointu) et la “brèche” associée (écoulement creusé de main d’homme dans la pierre jusqu’au bord du plateau) est une réalisation des Templiers, qui en 1143 avaient élu domicile sur le plateau du Cengle, alors à l’état de marais, l’asséchèrent et y construisirent la commanderie du Bayle :


Sinon la plus importante, la Commanderie du Bayle fut peut-être l’un des premiers établissements Templiers de Provence et avait pour Commanderie-soeur celle de Marseille. Juchée sur le plateau du Cengle, sur fond de montagne Sainte-Victoire, elle conserve encore aujourd’hui de beaux restes. On peut la voir (1) avec ses deux tours massives et sa cour aux larges dalles. Sur l’une des portes, on ne peut pas manquer de remarquer, outre l’étoile aux seize rais des seigneurs des Baux, la croix pattée du Temple. Au sud de cette Commanderie, au milieu d’un champ, s’ouvre un puits vaste et profond. C’est là que les Templiers de l’endroit auraient enfoui leur trésor (2). (source)

La commanderie devient propriété des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en 1312, puis… puis passe aux mains d’une (riche) famille qui possède la quasi-totalité du village de Saint Antonin sur Bayon jusqu’à assez récemment (la commanderie leur appartient toujours et ils y habitent).


(1) En réalité c’est difficile, parce qu’elle n’est pas visitable (on comprend aisément pourquoi). Et il est difficile de la voir de loin, vu comme elle est placée. Mais elle est tout à fait splendide, je peux vous l’assurer (moi qui ai habité dans sa bergerie réaménagée... hé oui !). C’est dommage, il y a quelques années on pouvait en trouver une photo sur le web, mais je ne la retrouve plus.


(2) J’ai cherché dans le puits en question, mais j’ai jamais rien trouvé !!


Si on regarde vers l’ouest maintenant, on se retrouve en direction d’Aix, avec une jolie succession de vagues de roche et de végétation rase (c’est la crête de marbre) :




Sources diverses et sites intéressants




Arbres et arbustes


Un genre de genêt


Pas une grande variété dans la garrigue de ce côté. Voici un arbuste dont j’ignore le nom, qui fait des fleurs jaunes tout l’hiver et qu’on voit de très loin, surtout sur la jupe du Cengle :



et un détail du même arbuste. On dirait des fleurs du genêt classique qu'on trouve dans les jardins, mais l’arbre n’a rien à voir (et sa saison de floraison non plus !)



Cade


Un petit cade, ou genévrier oxycèdre (Juniperus Oxycedrus) comme on dit dans les salons mondains :




Détail du cade, avec ses feuilles qui piquent et des baies rouges :



Du bois de cade. Y’en a plein de tas qui trainent ça et là. Quand ils sont gros et pas trop abîmés (notamment par les sangliers), on les ramasse pour en faire des petits objets de lutherie :



Un autre squelette de cade (c’est trop joli), dans un mur de rochers :



Pin


Quelques malheureux pins qui poussent. J’ai remarqué qu’une grande quantité de ces pins sont habités par des chenilles processionnaires, dans ce coin. On n’aime pas trop les pins, parce que c’est de la végétation sèche, mais leur présence marque le début de la deuxième étape de repousse après la garrigue. Ensuite, ils abritent les divers chênes verts et blancs, qui formeront une forêt un peu humide, qui elle permettra aux érables (essentiellement érables de Montpellier, mais aussi champêtres et d’Italie) de pousser, accompagnés de toute la diversité des espèces de la vraie forêt méditerrnanéenne, celle qu’on ne voit presque plus parce qu’elle brûle avant d’avoir fini sa pousse.



Détail du pin précédent :



Chênes


Un envahissant chêne kermès (Quercus coccifera), l’une de ces essences qui couvrent la garrigue et empêchent le reste de pousser. Son nom vient de la cochenille qui le parasite (Kermes ilicis), et qui était dans le temps ramassée par les petites mains des femmes et enfants, pour l’utiliser en teinture, notamment dans un quartier juste en-dessous de l’actuelle fac de lettres d’Aix et qui s’appelle Coton Rouge.


Par endroits (autour de l’oppidum qui est plus à l’ouest juste au-dessus du village de Saint Antonin sur Bayon), ce chêne couvre la totalité de la surface au sol, c’est étonnant.



Détail du chêne kermes :



Un chêne vert (Quercus ilex). Ici ils sont tous petits et assez rares. Il y a encore moins de blancs.



Détail d’un chêne vert, apparemment atteint de quelque chose, mais je ne sais pas quoi.



Filaire


Le filaire à feuilles étroites (l’ami du chêne vert paraît-il), qu’on trouve par ici mais qui restent très petits.



Détail du filaire :



Divers


Un détail de (joli) tronc. Passé un temps, il y avait de gros arbres ici. Maintenant, les plus hauts qu’on voit de là ne dépassent pas un mètre ou deux. Faut le temps.



Un insolite bout de bois rond… (la photo est naze, mais quand-même c’est étonnant).




Plantes


Mésugue


Autre classique de la garrigue : la mésugue (en français on dit ciste cotonneux, et en latin on dit Cistus Albidus) :



Immortelles


Une touffe :



Immortelles de près, soufflées par l’hiver :



Clématite


Une clématite flammette (Clematis flammula) aux charmantes couleurs, on dirait que le froid l’a cuite avec ses tons rouges-roses-oranges.



Inconnues


Quelques touffes inconnues et/ou difficiles à reconnaître en hiver, mais très fréquentes dans le coin :




Ça c’est peut-être une Aphyllante de Montpellier, mais je ne suis pas sûre :



Encore une inconnue au bataillon (ressemble un peu à la camélée mais ce c’est pas ça, les feuilles n’ont pas tout à fait la même forme et jamais vu de fruits sur celle-là) :



Un détail de la précédente :



Et pour finir, une petite plante inconnue mais fréquente: j’ai entendu souffler “persil sauvage” par un garde forestier (?)




Roche


Un pic de poudingue.



Poudingue. Ce terme est issu de l’anglais : pudding = gâteau traditionnel. Le poudingue est une roche détritique formée pour 50% au moins d’éléments arrondis (galets) de diamètre supérieur à 2 mm et liés par un ciment. L’arrondi des galets est dû à une usure mécanique (transport fluviatile assez long, agitation par les vagues et les courants,…). Dans le bassin d’Aix-en-Provence, les niveaux terminaux du Crétacé contiennent une puissnate formation conglomératique dite “Poudingue de La Galante” qui est souvent considérée comme appartenant aux niveaux de transition Crétacé -Tertiaire. (d’après ceci)

Il paraît qu’on en trouve même à Versailles. Pourtant ça n’a pas l’air si résistant que ça à l’érosion.


Un détail : des galets plus ou moins brisés dans une espèce de marne qui va du blanc au rose.