Avant-hier j'ai reçu un mail, de la part d'un homme. Un vrai mail je veux dire. Il avait envie de développer un truc informatique pour son plaisir, et il a cherché des ressources sur lesquelles se baser, il a tapé ce qu'il cherchait dans Google. Et il est tombé sur moi.
Ça m'a fait tellement drôle : j'ai essayé de taper sa requête dans Google et en effet, incroyable, je suis la seule à sortir. Pourtant, c'est une requête très simple qu'il a tapée, évidente quand on s'intéresse à cette question. J'ai trouvé ça dingue... et intéressant par rapport à ce que me disait mon directeur de thèse à l'époque, mais ce n'est pas la question aujourd'hui.
Et puis c'est tellement décalé, imaginez : je n'ai pas mis le nez dans mon boulot depuis bien 2 ans et demi, j'ai abandonné. Là, il me pose des questions naïves certes, mais je me rends compte avec quel plaisir, avec quelle facilité je lui réponds. Et je lui réponds vite, chose qui ne m'arrive plus que très rarement depuis que je ne travaille plus. Je réalise le recul que j'ai pris par rapport à tout cela. Il y a toutes ces choses que j'ai oubliées, tout ce vocabulaire, toutes ces habitudes que je ne retrouve plus, ce pli que j'ai perdu ; mais il y a aussi la nouvelle perspective que cela me donne, et je trouve ça vraiment intéressant, presque rassurant.
Ça m'a rappelé quand, il y a quelques années, lorsque je m'acharnais à trouver un poste à la fac (en vain), un soir mon amie bibliothécaire m'avait envoyé un mail pour me dire : Tu sais, on a beau dire, ça fait 4 ans que tu as soutenu et pourtant, le document qui est le plus téléchargé sur le site internet de notre labo, ça reste ta thèse. Je trouvais ça dingue. Ma thèse ? Mais personne ne la cite !
Et ça me rappelle aussi que cet été j'ai rencontré quelques jeunes maitres de conférence. Tous recrutés locaux. Et que ce matin, j'ai reçu un mail envoyé à l'une des listes de ma vieille fac (je n'arrive pas encore à passer le cap de m'en désinscrire). D'une nana qui avait fait sa thèse en même temps que moi. Si elle poste sur cette liste, c'est qu'elle a été recrutée. En local.
Pourquoi tout le monde est recruté et pas moi ?
(NB : C'est à moi-même que je pose la question hein, ne vous méprenez pas)
vendredi 31 août 2012
Amertume
Ecrit par Mimille à 20:03
— Catégories : Docteure chômeuse, En question, Université mon amour
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lundi 27 octobre 2008
326 pages* plus tard
Ecrit par malie à 12:45
— Catégories : Chez les voisins, Docteure chômeuse, Postdocteure, Recherche mon amour, Thèse and Co.
(*) Pour dire qu'après mon commentaire au billet de Mowgli j'ai été vérifier ! Et elle fait plus de pages que dans mon souvenir...
Mowgli a fini de rédiger sa thèse. J'ai appris ça aujourd'hui. Et elle commence à se demander comment c'est, l'après-thèse. Alors ça me remet en tête ces questions que moi aussi je me posais, il y a 2 ans (bigre ! 2 ans déjà).
J'ai cru que j'aurais plusse de temps. Pour moi, pour les autres, pour la maison, pour les balades, les photos, le dessin, les envies, mon mari, la vie quoi. Ben non. Le temps gagné sur les recherches et la rédaction a été totalement réinvesti dans du temps de candidature. Je me rappelle, une semaine pile-poil après ma soutenance je devais rendre mon dossier de qualification, toute première étape d'un parcours (si bien décrit par Pandore) qui me parait aujourd'hui interminable. Le lendemain de cette deadline c'était l'ouverture du concours CNRS : un mois de travail acharné, vacances de fin d'année comprises. Quelques semaines à "souffler" en me demandant bien ce qui allait pouvoir sortir comme postes de maître de conférence, à tester mes chances là où le vent semblait me porter, à sentir comment le vent soufflait, tout en préparant mes auditions pour le CNRS. A peine revenue de celles-ci les postes MCF sont parus : re-dossiers. Puis ce fut la préparation des auditions où j'avais gagné mon ticket. Tout ça pour me retrouver, fin mai, avec rien (y compris dans le portefeuille...). Rien que du temps pour chercher un postdoc de toute urgence...
...Postdoc que j'ai trouvé, et que j'ai passé à écrire des articles jusqu'à fin novembre, puis à refaire des dossiers et re-préparer des auditions (entre deux contractions) jusqu'à fin mai. Tout ça pour rien, à nouveau. Et c'est reparti pour une recherche de postdoc.
L'après-thèse, c'est perdre l'entrain que l'on avait gagné pendant la rédaction, perdre l'étincelle de la recherche, dans les méandres des procédures de candidature. Juste après cette apothéose de la soutenance, ce moment magnifique, on se retrouve à patauger dans les descriptions de travaux passés présents et à venir comme si on y était, d'abord en y croyant à bloc et puis petit à petit tout ça devient de plus en plus abstrait, on se dit qu'on a envie d'écrire qu'on fera n'importe quoi comme recherche du moment qu'ils nous prennent, qu'on acceptera de bosser dans une ambiance pourrie avec des collègues blasés, dans une région inconnue et lointaine, qu'on passera sous toutes les fourches caudines du monde si seulement on nous en donne l'occasion. On s'embourbe avec le temps qui passe.
Cette année je voudrais recommencer mon dossier de candidature à partir de rien, plutôt que de repartir de la même base, qui semble-t-il n'est pas suffisamment séduisante malgré tout le bien qu'on a pu m'en dire (et pourtant c'est pas faute d'en avoir reçu, des félicitations à ce sujet). Le billet de Mowgli tombe à pic parce que c'est justement ce que je m'apprête à faire maintenant, dans le mois qui vient, pour me remettre dans le bain du travail, tout en gagnant du temps pour quand je reprendrai le travail et ne pas avoir à y consacrer tout mon temps d'alors. Et puis ça me permettra de faire le point sur ce que j'ai fait, ce que je sais faire et ce que j'ai envie de proposer. Mais pour l'instant ma volonté s'arrête là... à désirer me refaire un dossier tout neuf. Faire des dizaines de candidatures sans dans le même temps pouvoir faire avancer ses recherches, ses véritables travaux, la raison même pour laquelle on fait tous ces dossiers, c'est sacrément usant.
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lundi 13 octobre 2008
Bazar du lundi matin
Ecrit par malie à 10:09
— Catégories : Docteure chômeuse, Ecologie, En ceinte, En consigne, Jardinage, Postdocteure, Simplicité volontaire, Thèse and Co.
Quelques gouttes de pluie ce matin. Le ciel est bas et gris, quelques oiseaux osent chanter, réfugiés sur le toît pendant que les chasseurs tirent en bas dans les bosquets. Casquettes orange vif que l'on voit pointer entre les branches à intervalles réguliers, grelots et cloches des chiens : ça n'a que peu à voir avec les chasseurs qui cherchent à se cacher pour ne pas être vus du gibier, et se fondent dans la nature pour s'inscrire dans un certain équilibre.
Mon mari est tombé malade à peine quelques heures après m'avoir dit entre ses dents, en rentrant du travail, qu'il était en colère contre le monde entier, parce que le monde entier avait des enfants et pas nous. Puis la fièvre est arrivée et l'a fait pleurer pendant presque toute la semaine. Ma sage-femme m'avait expliqué une fois que la composition des larmes n'était pas la même quand on pleure pour se débarrasser d'une poussière p.ex., et quand on pleure de chagrin ou de douleur : j'aurais été curieuse de savoir quelle était la composition de ses larmes cette fois-ci.
Moi, pendant ce temps, j'ai voulu être "forte" pour l'aider à tenir le coup, être vigoureuse et joyeuse et énergique pour deux. Mes efforts m'ont conduite à un mal de gorge cuisant, qui a disparu quelques heures après avoir pu pleurer tout mon saoul dans ses bras en lui disant tout ce qui se bloquait dans ma tête.
Et il y en a, des choses coincées là-dedans. Quelques jours après l'accouchement je disais déjà que je voyais qu'il y avait une partie de moi que j'avais enfermée et rien que d'y penser j'en avais un vertige fou. J'en ai déjà parlé un peu ici : j'arrive à faire des projets à moyen ou long terme, mais rien pour le présent, et surtout rien pour moi-même. Enfin, je me rends bien compte que c'est faux puisque je m'en sors, et plutôt pas trop mal pour le moment. Mais quand la peine me saisit... je ne vois plus rien clairement. Je me mets à porter un regard qui trouble tout ce que j'aperçois, le travail que je n'ai aucune envie de reprendre, l'aménagement de la maison que l'on n'arrive pas à faire avancer aussi vite que l'on voudrait, les chevaux dont je voudrais m'occuper plus mais je n'y arrive pas, cette peur qui me tenaille de perdre encore quelqu'un, le vide que mon enfant ma laisse. Il m'arrive à certains brefs instants de me surprendre à penser que tout cela n'est qu'un mauvais rêve et que mon fils est là, qu'il va arriver, qu'il est vivant, que c'est juste un moment d'angoisse qui suit tous ces longs mois de questionnements, de chambardements.
Mais non. Mon fils est mort et il pleut ce matin. Notre maison est devenue une habitation pour deux personnes. Je suis en congé et je devrais en profiter pour préparer un nouveau dossier de candidature pour cette année, parce que j'ai décidé de tout refaire à partir de ce que j'ai appris ces deux dernières années, de ce qui a fonctionné, et ce qui a juste fait bonne impression mais sans m'ouvrir de portes. Que si j'attends de reprendre le travail pour le faire, je n'aurai pas le temps de faire ça et de la recherche en même temps, et que ça fait trop longtemps que je n'ai pas fait de recherche intensive, qu'avant ça me plaisait, que l'envie devrait revenir avec la pratique, avec l'approche d'une solution à un problème, avec la sensation d'aller dans la bonne voie, avec la hâte fébrile de voir les résultats d'un test, avec les réponses que l'on voit apparaître des erreurs que l'on trouve.
Oui, j'en parle bien ;-) mais tout ça n'est que de la théorie. Dans la pratique, la première chose que je devrais faire c'est de me chercher un job pour quand j'aurai fini mon postdoc, ce qui va arriver assez vite, et pour cela je n'ai aucune énergie qui me vient.
Et puis dans l'immédiat, mon énergie va se concentrer sur le ménage de la maison qui est devenue un véritable champ de bataille depuis les pluies diluviennes de la semaine dernière... vivement que l'on ait pu planter le gazon.
A part ça, profitant d'un stand qu'ils avaient installé à la fête de la courge, ce week-end j'ai enfin adhéré à Kokopelli (y'a aussi leur futur site, en cours de construction, là). Ça a été une rudement bonne occasion et j'en suis très contente. Et de les rencontrer, en chair en os (...et en sachets de semences !), ça a été une très chouette rencontre.
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mardi 27 mai 2008
Sur le quai
Ecrit par malie à 15:27
— Catégories : Docteure chômeuse, En consigne, Thèse and Co.
Je me sens un peu comme la femme d'un marin qui partirait sur un baleinier pour les mois à venir alors que moi je reste là à le regarder partir sans bouger...
Ou alors comme quand j'étais plus jeune et que je préférais être derrière la scène que devant. Quand je passais tout le spectacle de l'école dans les coulisses parce que je préférais être derrière que sur le devant de la scène. Comme quand je refusais de monter un cheval qui gagnait les concours et que je me bornais à monter les vieilles carnes et les plus peureux, question d'être sûre de ne pas me retrouver sur le devant de la scène. Ou alors que si jamais je m'y retrouvais, je pourrais être certaine que c'était vraiment parce que les gens trouvaient que je valais quelque chose que je ne mettais pas en avant - que je m'évertuais à cacher, même. Et j'en suis toujours restée, du coup, à la grande question : est-ce que j'ai ce quelque chose et que je le cache, ou alors simplement est-ce que je ne l'ai pas et que c'est pour ça que je ne gagne pas ?
Tous les ans je me trouve avec de nouveaux copains de galère, à la recherche d'un poste. Et tous les ans je les vois trouver un poste. Et pas moi. Ensuite on peut dire tout ce qu'on veut, on peut rester conscient du fait que c'est un grand tirage au sort qui nous dépasse très largement nous, les candidats, il n'empêche que ça fait un sacré pincement au coeur.
Ça ne m'empêche pas du tout d'être très contente pour les bonnes nouvelles que je reçois. Pour celle que je viens de recevoir, en l'occurrence. Vraiment, ça me remplit de joie et le sujet de cette bonne nouvelle peut être fier de lui, il l'a bien mérité. Et moi, je suis fière de lui, même si je n'ai rien à voir avec sa réussite.
Est-ce que les souvenirs cités plus haut, et ce que je vis aujourd'hui, a un quelconque rapport en réalité ? Ou bien est-ce que c'est moi qui les relie, peut-être là aussi pour me conforter dans ce "si je ne brille pas c'est uniquement parce que je ne le cherche pas" ? Et si je ne le cherche pas, finalement, c'est parce que je ne veux pas risquer d'apprendre que je ne pourrais pas briller si j'essayais ?
Et puis pourquoi est-ce que je ressens ça, alors que finalement je ne suis pas si mécontente que ça d'être là où je suis, de faire ce que je fais ? Ça, je le sais : c'est parce que c'est bigrement difficile de mettre de côté ce satané esprit de concours, d'il faut être le meilleur pour être respectable, d'il faut faire un parcours sans faute. Moi j'ai fauté, et j'en accumule et de plus belles. Je ne suis plus dans le peloton de tête comme je l'étais, ou comme je croyais l'être, ou comme on croyait que je l'étais. Je joue en 2e division. Pas de quoi motiver mon réseau de relations, ils auront désormais toujours mieux à faire, meilleur à soutenir.
J'ai très, très longtemps baigné dans cette ambiance de concours. Et j'ai du mal à me sortir de ça, du mal à percevoir les choses différemment. Même si je sais que c'est possible. Même si je sais que la réussite n'a rien à voir avec la qualité. D'un autre côté, rien ne permet jamais de quantifier la qualité, et c'est d'ailleurs pas plus mal.
(Et tout ça n'a rien à voir avec l'enfantement. L'un n'empêche pas l'autre, et l'un n'apporte pas de soulagement, de remplacement à l'autre, ce sont deux choses différentes.)
(Heu... et je ne dis pas ça non plus pour m'apitoyer sur mon sort, ni pour qu'on me dise "mais si, t'es douée...", "mais si, tu vas finir par trouver...", "ne perds pas espoir...", tout ça. Juste parce que c'est vrai. C'est tout.)
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lundi 26 mai 2008
L'orage se dégage mais ce n'est pas encore le retour du beau temps
Ecrit par Mimille à 13:14
— Catégories : Docteure chômeuse, En consigne, Politique(s), Recherche mon amour, Thèse and Co., Université mon amour
Ces dernières semaines j'ai écrit pas mal de billets mais ne les ai pas publiés, parce qu'ils étaient trop hurlants de désespoir. Et ce désespoir que je voyais dégouliner malgré moi de tous les mots que je tentais de poser ici, ce n'est qu'une partie de ce que je ressens en ce moment, alors je ne voulais pas qu'il prenne toute la partie émergée de l'iceberg. D'ailleurs que j'aie des sautes d'humeur assez importantes, que je joue à Jean-qui-rit / Jean-qui-pleure, rien de plus normal vu les événements du moment. Ce n'est pas une raison pour en faire une généralité.
Ce matin je me suis réveillée en pensant à ça : l'autre jour, en commentaire d'un billet de Kalai Elpides, j'avais lu la chose suivante :
Toutes ces "révélations" ne vous interrogent-elles pas? Avez vous réellement envie de vous corrompre dans une Université? Voulez vous gâcher votre talent en vous corrompant dans une institution pourrie, en perdant votre éthique? N'avez vous d'autres choix? L'université n'est elle faite que pour se reproduire, elle et les privilèges de ceux qui la servent? Voulez vous plonger vos (futurs éventuels) étudiants dans le désarroi dans lequel vous êtes ou leur offrir un non avenir, les envoyer à l'abattoir? N'avez vous pas envie de lutter contre les dérives que vous dénoncez (de l'intérieur, vous ne pourrez jamais rien faire d'autre que de baissez votre culotte contre votre volonté).
Vous êtes encore intègre, vous avez du talent, beaucoup de gens vous aiment actuellement pour ce que vous êtes encore...
Faite le bon choix s'il vous plait, ne brisez pas nos coeurs en vous faisant acheter par une rente indue...
(original)
Autant dire qu'à quelques jour de mes auditions, dans cette période où tout est sans cesse remis en question et surtout les bases de toute ma vie, ça m'a fait pas mal cogiter. J'ai tâché de me poser la question, A quoi bon ?, en toute objectivité - ce qui, bien entendu, n'est guère possible à ce moment-là... mais j'ai essayé tout de même. Et ce matin, il m'est venu deux réponses :
- D'une part, que si je veux faire ce métier, ce n'est pas pour le plaisir des concours de recrutement, mais c'est pour tout le reste. Enseigner, faire de la recherche, participer à des projets, se remettre sans cesse en question dans ce qu'on fait et pourquoi on le fait. Ça, ça ne nécessite pas de baisser sa culotte - du moins, pas tout le temps. Et c'est quelque chose que j'aime faire.
- D'autre part, que de toute façon, il me semble évident que croire qu'il en serait différemment ailleurs serait se mettre profondément le doigt dans l'oeil. On ne va pas me faire croire que les recrutements sont plus justes dans le privé.
Cela étant dit, je ne sais pas si je continuerai la course pour autant. Parce que je suis fatiguée de tout ça, parce que pour l'instant je ressens que ça fait deux ans que je m'ennuie dans mon travail, que je ne m'amuse plus autant qu'avant, que je ne fais plus ça que dans la perspective d'améliorer mon CV pour un éventuel recrutement, et que ce n'est pas comme ça que j'arrive à faire de bonnes choses, c'est-à-dire des choses qui me satisfont, qui me rendent heureuse d'exercer mon métier. Et parce que pour l'instant en tout cas, je n'ai plus la niaque. Je n'ai pas envie de re-re-refaire mon CV une nouvelle fois l'an prochain, de devoir repasser autant de temps à réfléchir à comment mettre au mieux en avant ce qui fait de moi une candidate à retenir. Tout ça m'ennuie, d'autant plus que dans ce milieu, l'activité de candidature occupe environ 5 mois de travail non stop, c'est beaucoup trop, c'est usant (surtout quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, et encore plus quand ça n'a pas grand rapport avec notre dossier).
Et puis dans ces moments on voit, on entend tellement de choses dégoûtantes. Je n'en citerai pas, il y en a tellement déjà qui sont racontées au le web, ce serait inutile d'en rajouter, juste que l'on n'entend quasiment jamais parler d'un concours qui se serait bien passé, en respectant les règles du jeu, sans que les résultats soient connus d'avance ou bien qu'il y ait un subit Deus ex machina qui vienne chambouler un classement honnête pour des raisons tout à fait extérieures au fait présent. Je voudrais qu'un jour on m'annonce que je suis auditionnée dans telle fac et que l'on me donne dans le même temps la liste des autres auditionnés et la composition de la commission de spécialistes (et même la date à laquelle ils statueront) ; et je voudrais qu'après le concours on puisse me dire ce qui a été dit à propos de ma candidature, que l'on puisse me faire un rapport honnête et complet des points forts et faibles qui ont fait que j'ai été classée ou non, et que l'on me donne la liste des classés. Ça ne me paraît pas trop en demander... mais pourtant, pour l'instant, il semble que ça le soit. Et je ne voudrais pas entendre parler des dossiers passés à l'as pour de mauvaises raisons, des petites cuisines internes, des injustices criantes sous toutes leurs formes, et surtout pas du résignement crasse des membres des commissions de spécialistes qui déplorent tout cela et pourtant en font bel et bien partie, en jouent le jeu, ne remuent dans les brancards que dans les couloirs, ou devant les candidats, ou dans des blogs ou des articles de journaux, espérant se donner je ne sais quelle bonne consicence.
S'il y avait une chose à modifier immédiatement pour sauver l'enseignement supérieur et la recherche, ce serait le mode de recrutement. Certainement pas dans le sens de la réforme qui nous pend au nez, non. Mais ne serait-ce qu'en obligeant les recruteurs, puisqu'ils ne semblent pas le comprendre d'eux-mêmes, que c'est non seulement la carrière des gens qu'ils ont en face d'eux mais aussi l'avenir de la construction et de la diffusion des savoirs en France qu'ils mettent en jeu dans leurs petites tractations de couloir. Que quand on auditionne 5 ou 6 candidats on peut se permettre de consacrer 5 minutes par personne à la sortie de la commission pour leur donner les résultats, même par email si l'on ne veut pas (risquer de ?) le faire par téléphone, même le lendemain si l'on ne peut pas le faire le soir même, même déléguer cette lourde tâche si l'on a prévu de partir en week-end dès la fin de la journée. On peut le faire, on peut deviner que c'est important pour les candidats qui ont dépensé de l'argent, du temps et de l'énergie et plein de volonté pour venir présenter leurs travaux, et leur motivation sans cesse remise en question. On peut devnir que ce petit geste qui ne coûte pas grand-chose ferale plus grand bien à ceux qui galèrent de l'autre côté du miroir, pendant que les titulaires se gargarisent de crachats dans la soupe - qu'ils finissent par avaler, comme tout le monde, même s'ils font la grimace, du moment que ça ne met pas leur poste, leurs facilités, leurs acquis en danger.
(Oui, il y en a qui se bougent vraiment, qui osent risquer de se mettre eux-mêmes dans une situation inconfortable pour faire changer cela. Mais honnêtement, il y en a combien ? J'en connais un, en tout et pour tout. Et il a dû tout faire tout seul parce qu'il ne trouvait personne pour l'épauler, même au niveau national.)
Mhhh, j'avais dit que je ne voulais pas paraître désespérée... :-/
Mais c'est parce que le centre de ce billet, c'est que j'ai retrouvé ce pourquoi je voulais faire ce travail. Je ne l'éprouve plus en ce moment, mais je sais de quoi il s'agit malgré tout. C'est déjà ça.
...A part ça, l'orage de hier / ce matin s'est très lentement dissipé, a laissé place à une tentative de rayon de soleil vers 11h30, puis à un grand souffle de mistral depuis une demi-heure. Qui n'a même pas la force de pousser les nuages, on dirait... dites, c'est quand le printemps ?
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vendredi 9 mai 2008
Un peu de mal
Ecrit par malie à 14:33
— Catégories : Docteure chômeuse, En ceinte, En consigne, En question, Thèse and Co.
Une bonne frayeur ces derniers jours. Ce week-end on a un peu baroudé, invités par ci par là, lundi et mardi j'ai fait mes 3h de trajet quotidien pour aller travailler, et puis mardi soir on est sortis avec un ami, on a bu un coup et dîné au restau... je ne sais pas très précisément ce qui a le plus joué là-dedans, mais le lendemain j'avais mal à l'utérus. Comme j'étais crevée, j'ai passé presque toute la journée à dormir, et puis en fin de journée, comme les douleurs ne passaient toujours pas, je suis allée marcher un peu. Ça s'est soulagé. Et puis c'est revenu pendant le trajet en voiture qui nous amenait chez nos amis, où l'on était invités le soir. En en discutant avec mon mari, il m'a conseillé de téléphoner à la sage-femme au cas où.
Et là, catastrophe : d'après ce que je lui raconte elle m'explique que ce sont des contractions, que ce n'est pas forcément grave mais que par contre c'est très sérieux, qu'il faut que je prenne du Spasfon et que je me coule un bain. Ne pouvant pas le faire puisque je ne suis pas chez moi, elle me conseille de passer à l'hôpital de la ville, qu'ils vérifieront ce qu'il se passe, et qu'au pire ils me garderont 48h sous perfusion de Spasfon. Panique, on file à l'hosto, je commence à être sérieusement terrorisée, je m'en veux à mort de ne pas avoir su détecter ça. Et pour couronner le tout à l'hôpital c'est du grand n'importe quoi. Les urgences maternité sont vides, alors on va jusqu'aux aux urgences normales, qui nous disent d'y retourner et de sonner à la porte. On sonne, on nous indique d'aller sur notre gauche (alors que dans l'entrée les urgences mat' sont indiquées à droite... à gauche c'est les urgences pédiatrie...), on entre dans la maternité (comme dans un moulin, on croise deux mecs un peu louches de je ne sais quel service qui se baladent alors qu'on passe devant des salles avec des couveuses...), on tombe sur une infirmière et on lui explique, elle nous répond que non non, il faut aller au service gynéco (c'est d'une logique imparable, bien sûr). On y va, on tombe sur une infirmière, qui nous explique tant bien que mal où est la salle des urgences gynéco, et nous annonce que l'obstétricien n'est pas disponible pour le moment parce qu'il en train de faire une césarienne... Bon. On va attendre devant la salle en question (franchement bien cachée), on attend on attend, toujours rien, j'angoisse à mort, ce qui n'arrange rien, je ne sais pas si je dois rester assise ou debout, je me sens toute contractée, je me retiens de pleurer tant bien que mal. Au bout d'un moment la dernière infirmière passe, nous voit et nous demande "Ben ? Il est toujours pas revenu ??
- Non.
- (...)
- Y'aurait pas moyen de voir quelqu'un d'autre ?
- Ben... qui donc ?
- Je sais pas moi, une sage femme par exemple.
- (l'air étonné) Ah non alors, les sages-femmes ne font pas ça !"
Bon bon. Je n'en peux plus, mon mari non plus, il sort rappeler à la sage-femme pour savoir ce qu'on doit faire, si l'on n'a pas une autre option que de rester là comme des cons dans cet endroit où je n'ai confiance en personne, je les vois déjà me faire toutes sortes d'examens inutiles et dangereux pour le bébé en me déclarant que c'est obligatoire, et finir par m'annoncer qu'on doit m'accoucher que ça sera mieux, et moi je n'ai pas confiance, je n'ai pas confiance, je veux rentrer à la maison, je repense au fait qu'initialement la SF m'avait juste dit de me plonger dans un bain, je veux rentrer chez moi et prendre un bain, et dormir contre mon chéri, à la maison, au calme, tranquilement, me reposer chez moi. La SF, apprenant que l'on n'a toujours pas été pris en charge est outrée, et nous conseille effectivement, si je me sens de rentrer (évidemment que je me sens ! Tout sauf continuer à attendre dans cet endroit infâme !), de le faire. Puis de me reposer absolument pendant 48h, sous Spasfon régulièrement, sans rien faire.
J'ai donc passé deux jours de repos complet, allongée à ne rien pouvoir faire de plus que me lever régulièrement pour aller faire pipi... parce que le bougre ne m'appuie pas moins sur la vessie pour autant. Hier les douleurs ont commencé à se calmer... pour être remplacées par des courbatures (ben oui, 48h à être contractés, les muscles, ça fait un sacré effort) et un mal de dos à m'empêcher de dormir. Et depuis cette nuit s'est ajouté à ça un mal aux fesses et aux épaules, qui deviennent elles-mêmes toutes tendues.
Je n'ose plus bouger, bien que j'aie moins mal, mais j'ai tellement peur que ça revienne. Je ne veux pas risquer d'accoucher maintenant, c'est vraiment beaucoup trop tôt ça serait l'horreur, mais en même temps c'est cette position couchée qui me fit si mal partout ailleurs, et puisle stress aussi, de ne pas sentir une réelle amélioration, que j'attendais plus rapide, plus franche. Là je n'ai plus vraiment mal (à part hier soir où j'ai eu une brève -mais intense- remontée), je crois que je n'ai plus de contractions (en tout cas rien de plus que les normales c'est-à-dire des légères de temps en temps), mais j'angoisse tellement que même les mouvements du bébé m'inquiètent, j'ai beau savoir que c'est lui ça me fait peur tout de même.
Et puis je voudrais que ça passe. Je ne veux pas non plus passer mes 5 prochains mois couchée, c'est l'horreur. Quand j'y pense, je sens bien à quels moments j'ai abusé, à quels moments je me suis forcée alors que je n'aurais pas dû, mais je n'ai tellement pas l'habitude que je ne m'en rends pas comtpe sur le coup. Déjà, je n'aurais pas dû faire tous ces kilomètres. Mais ça serait resté calme, je crois, si je n'avais pas reçu mardi une mauvaise nouvelle professionnelle. Une nouvelle qui m'a mis le moral complètement à zéro, qui m'a vraiment dégoûtée de continuer, qui m'a ôté tout espoir de trouver un travail pour l'an prochain. Et moi, parce que j'étais bloquée sur mon lieu de travail jusqu'au soir et parce que je ne voulais pas sombrer en larmes devant tout le monde (ni entendre des "Mais noooon... c'est pas si graaaave..."), j'ai pris sur moi. Même le soir j'ai dû en faire autant, parce qu'à peine rentrée du boulot on avait rendez-vous avec un ami et qu'on a passé la soirée à discuter de plein de choses passionnantes, mais pendant ce temps l'angoisse me dévorait de l'intérieur sans que je puisse l'extérioriser pour ne pas qu'elle s'installe. Ben c'était une belle connerie, puisque ça m'a tellement stressée, tellement tendue intérieurement, qu'évidemment cette tension s'est reportée sur l'utérus et les contractions ont commencé.
Et à présent je ne sais pas trop quoi faire pour bloquer ça. Relativiser ? Je veux bien, je ne demande que ça même, mais ce n'est vraiment pas simple de n'avoir absolument aucune idée de ce que pourra bien être ma vie d'ici à quelques mois. La seule chose dont je reste sûre, c'est mon mari, et c'est déjà pas si mal (en tout cas j'espère, parce que sinon...). A part ça, non seulement ma vie ma totalement changer parce que je vais être maman (enfin... si je ne gâche pas tout avec mon stress d'ici là), mais en plus je ne sais pas ce que je ferai ni où je serai. C'est vraiment pas facile de ne pas pouvoir du tout me projeter, de ne pas avoir la moindre idée, juste petit à petit de barrer des possibles, et qu'il en reste de moins en moins dans la liste, à part la dernière ligne : "Autre".
Ce matin je me disais que j'allais tenter de faire un billet positif avec tout ça. Ben c'est pas facile. C'est d'ailleurs sans trop de doutes pour ça que je ne suis toujours pas remise sur pieds. Il faut que j'accepte ça et que j'arrête de me cramponner à... à je ne sais quoi, à tout ce qui me retient. C'était quoi qui était mieux dans ma situation de l'an dernier par rapport à celle de cette année, hein ? Qu'est-ce que je pourrais bien regretter ? On se l'demande.
Pour fêter ça, je ferais volontiers ma petite sieste de 10h30... sauf que j'ai trop mal au dos :-/
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samedi 8 septembre 2007
Je m'voyais déjà (dans une autre nouvelle vie)
Ecrit par Mimille à 10:41
— Catégories : Docteure chômeuse, En consigne, Postdocteure, Thèse and Co.
Il y avait une idée parmi d'autres qui pesait lourdement sur mes pensées depuis quelques mois. C'était que je n'avais pas de travail, j'étais donc disponible (et a priori volontaire) pour faire un postdoc, et qu'il allait en paraître des nouveaux d'ici quelques mois, et qu'il allait assez probablement y en avoir dans mon domaine, et que je devrais donc y candidater, et que si j'y étais prise alors je devrais y aller sans me poser de question, où que ce soit. Même si c'était loin. Même si ça posait des tas de questions concrètes, non, je me devais de les ignorer comme tout jeune-docteur-qui-n'en-veut doit le faire pour être reconnu comme constituant un bon élément de la machine, futurement recrutable. Je me devais de faire fi de toutes les questions du type "Est-ce que mon mari démissionne et que l'on déménage au bout de la France en sachant que l'on aura selon toute vraisemblance à en faire autant un an plus tard, ou alors est-ce qu'on se sépare pour l'année ?", ce genre de détails, vous en conviendrez comme moi, complètement futiles.
Mais refuser ce genre d'opportunité ne se fait pas. On est toujours libre de choisir ce que l'on veut évidemment, mais on ne doit pas en ignorer les conséquences. Et je n'arrivais pas à peser le pour et le contre des deux choix qui seraient sans doute possibles d'ici quelques mois : choisir mon boulot, ou choisir ma famille. Lourdes pensées, pour le moins, oh que oui.
Et puis entre temps il y a un autre postdoc qui est paru, au début de l'été. Connaissant un peu le responsable, je l'ai contacté, ne pensant pas du tout que je pourrais être jugée pertinente pour ce poste mais surtout pour profiter de l'occasion pour lui rappeler que j'étais disponible. Je lui demande des renseignements, et lui joins mon CV pour info. Et là, ma candidature est prise en compte... mais je n'y crois pas. Je me pense tellement loin du profil que le premier venu en aurait été plus proche, et qu'il y en aura, des premiers venus. Et puis surtout, la raison pour laquelle je me dis ça c'est que je me protège, je ne veux surtout pas faire des plans sur la comète, je ne veux surtout pas partir gagnante, je me suis pris assez de coups sur ce plan ces derniers mois, alors je m'économise cette fois. Je préfère m'attendre à ce qu'il m'annonce à la fin de l'été qu'il a pris quelqu'un d'autre.
L'été passe donc. Même pas supersticieuse pour deux sous (alors que pourtant, d'habitude, je me garde bien d'annoncer mon jeu avant de savoir ce qu'il en est), j'en parle à quelques-uns autour de moi : "Oui j'ai peut-être un plan de postdoc, mais bon ce n'est pas sûr du tout...".
Et puis d'un coup tout se précipite. Cette semaine, en l'espace de quelques mails, me voilà recrutée.
Quand j'ai écrit "la roulette" je le savais déjà, mais je refusais d'y croire alors. C'était trop inattendu, trop rapide, trop facile par rapport à mes expériences de ces derniers mois. Et puis je ne savais pas quoi en penser. M'étant habituée à l'idée d'être au chômage, j'avais commencé à envisager ça tout à fait sereinement, j'étais plutôt contente à l'idée de me remettre à travailler doucement, d'envisager de faire plein d'autres choses aussi. J'avais entammé ma nouvelle vie, commencé à jeter quelques jalons de mon quotidien, tranquilement. Et voilà que d'un coup on me proposait de faire table rase de tout ça et de me remettre à travailler à plein temps, ailleurs, autrement, sur autre chose. Je n'osais pas y croire, alors je me demandais si c'était, finalement, une bonne idée que j'aie candidaté.
Mais finalement c'était une excellente idée. A l'instant où l'on m'a confirmé que c'était vrai, que c'était bien moi qui avais été choisie, beaucoup de choses ont changé. Beaucoup de poids mentaux se sont évaporés. Toute une partie de la pelote s'est déliée subitement d'un petit coup donné sur un côté. Et mon horizon mental a donc changé, complètement.
Je vais donc recommencer à travailler, à plein temps. Je vais faire de la recherche. Sur un domaine qui n'est pas exactement celui sur lequel j'ai fait ma thèse, mais qui va me demander d'élargir mon champ de connaissances, d'exploiter ce que j'ai pu apprendre tout au long de mes études afin de les mettre en relation avec d'autres données, d'autres besoins, d'autres objectifs. Sur un sujet qui implique tout à la fois des questions très théoriques et des applications concrètes.
Et je change de labo. Et le mieux, c'est que je ne vais pas loin. Exit les grandes questions sur le déménagement, sur la démission de mon mari, sur une éventuelle séparation... tout est infiniment plus simple. On peut déménager, ce n'est pas très loin, ça sera juste pour que ça soit plus confortable. On peut aussi ne pas le faire. On n'est pas pressés par le temps pour se décider. On pourra se débrouiller sans problème dans les deux cas.
Et il y a encore tellement d'autres choses positives là-dedans.
Je me rends compte, à ma réaction, que je n'étais peut-être pas prête pour passer à autre chose. J'aurais pu le faire tout de même, bien sûr, mais toutes les questions que je me posais montraient bien à quel point je n'étais pas sûre de moi. Là, je vais pouvoir me lancer dans une expérience vraiment très intéressante, une expérience qui m'intéresse beaucoup, à laquelle je savais que je tenais tout en étant bloquée par toute une série de questions concrètes qui finalement, dans le cas présent, ne se posent pas. C'est un véritable soulagement. C'est comme si j'avais le beurre et l'argent du beurre.
Je commence une autre nouvelle vie le 1er octobre. Elle s'annonce très bien, très positive, très enrichissante. Et puis l'on m'a fait confiance, ça fait du bien à l'ego finalement. Je me sens mieux. Presque bien !
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jeudi 6 septembre 2007
La roulette
Ecrit par Mimille à 09:51
— Catégories : Docteure chômeuse, En consigne, Thèse and Co.
Sur le seuil d'un possible retournement de situation. C'est comme à la fête foraine, ici on gagne à tous les coups. Mais que peut-on gagner ? Il y a tellement de lots différents et tous ne se valent pas. Leur valeur dépend du regard qui se pose sur eux, ils n'en ont pas en eux-mêmes.
Par habitude, par intertie, par souhaits plus ou moins volontaires, plus ou moins conscients, plus ou moins imposés, plus ou moins contraints, j'ai misé sur plusieurs cases différentes. Je n'ai pas réfléchi dans la plupart des cas, j'ai misé sur les cases qui me parlaient. Il y en avait tellement d'autres qui ne me disaient rien, celles que j'ai choisies me semblaient sur le coup évidentes par contraste. Et voilà que la roue ralentit, ralentit... et qu'elle va, je crois, à moins d'un nouveau petit coup de vent, s'arrêter d'ici quelques heures. Sur la zone où elle va probablement s'arrêter il y a l'une des cases que j'avais jouées. Ce sera peut-être celle-ci, et à présent que je le vois je me demande si j'ai bien fait de miser sur cette case-là. Tant que la roue tournait à plein régime je trouvais que j'avais bien fait. A présent que les probabilités se réduisent je crains mon choix.
Il y a que je ne me fais pas confiance. Je porte ce stigmate de la culpabilité existentielle, et a priori tout ce que je choisis ne peut être que mauvais.
Mais le mal ça n'existe pas. Ça n'existe que dans un schéma mental que l'on adopte volontairement, que l'on s'impose comme une ligne de conduite. Et si l'on s'en écarte, ce n'est qu'au travers de notre schéma mental que le "mal" apparaît. La ligne n'existe pas. Le schéma est un artifice. Et rien ne s'oppose en soi à le changer.
Si la roue s'arrête, si elle s'arrête sur la case que j'avais choisie, que vais-je faire ? Que vais-je ressentir ? Comment vais-je réagir ? Est-ce que j'aurai bien fait de miser sur cette case-là ? Cette dernière question n'a pas de sens. Voilà, c'est ça. Elle n'a pas de sens. Elle est guidée par un artifice mental auto-imposé. Si les battements d'ailes des papillons de la vie font choisir cette case-là, et si je l'avais choisie, alors c'est que c'est possible. Ni plus ni moins possible que n'importe quel autre choix que j'aurais pu faire. Ça sera juste différent de ce que j'avais imaginé, en me basant sur la case la plus probable.
Le vent a peut-être tourné, mais quelle que soit la case, alors ça sera toujours moi qui gagnerai. Et la valeur du lot ne dépendra que du regard que je poserai sur lui.
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mardi 4 septembre 2007
Première étape réussie
Ecrit par Mimille à 09:14
— Catégories : Docteure chômeuse, Thèse and Co.
Pas simple, mais réussie. Mais je m'y attendais un peu, je craignais même bien pire.
Hier, comme par hasard..., j'avais oublié de téléphoner aux Assedic pendant les heures d'ouverture (rhô le bel acte manqué !) : du lundi au mercredi de 8h30 à 15h, et puis... bref. Par téléphone, puisque le service d'inscription sur internet me répond qu'il ne peut rien pour mon cas (qui n'est pas si exceptionnel que ça, pourtant, il me semble). Donc j'ai téléphoné ce matin, espérant que cette fois, ça marche.
Premier appel... veuillez patienter... si c'est pour une inscription tapez 1... si c'est une première inscription tapez étoile... veuillez patienter... ah ben non finalement tous nos opérateurs sont occupés. Bon ben vous pouvez laisser votre numéro de téléphone, on vous rappellera. Je tape mon numéro mais le répondeur m'annonce alors qu'il est désolé, qu'il ne peut pas répondre à ma demande. Bon.
Deuxième appel... veuillez patienter... tous nos opérateurs sont occupés, veuillez rappeler ultérieurement. Bon.
Troisème appel... comme le premier mais sans laisser mon numéro puisque ça ne marche pas. Bon.
Quatrième appel, je patiente, je tape 1, je tape étoile, je patiente, et on me répond. Bonjour Madame, c'est pour une inscription. On me répond que je ne suis pas au bon service (plus exactement, on me répond que je ne suis pas "dans la bonne file"), ici ce n'est pas pour les inscriptions. Ah bon mais j'ai tapé 1 moi ! Vous pouvez me passer le bon service alors, ou bien est-ce que je rappelle ? Elle me dit qu'elle va essayer de m'inscrire. Elle essaie une fois, ça échoue. Une seconde fois, ça marche. Rendez-vous dans 15 jours. "Ben dites donc ça fait tard... - Oui j'en suis désolée mais je n'ai rien avant. - Bon ben allons pour le 19 alors. "
Dans 15 jours ! Mes droits au chômage seront donc ouverts à partir du 19 septembre. Pour la période du 1er au 19, je n'aurai rien. Ben heureusement que mon mari a eu quelques bonus ce mois-ci...
Remarquez, des droits ouverts à partir du 19 septembre, et puis si tout se passe bien payés à partir d'octobre, ça sera toujours mieux que les retards de salaire quand on débute à la fac. Il y a deux ans, j'avais fini par obtenir une avance (sic) d'une partie de mon salaire, versée directement par la fac parce que la trésorerie ramait, valant pour la période de septembre à novembre... à la mi-décembre. Avance que j'avais dû rembourser quand j'ai reçu mon vrai salaire, par l'instance concernée. Et encore, c'était parce que j'avais fait vilain, j'avais ameuté toute la fac, j'avais commencé par monter un collectif de "pas contents", j'avais rencontré les syndicats, tout ça pour obtenir un message de la part du Président qui nous promettait, dans sa grande mansuétude, une "avance" pour le 6 décembre. Or le 6 décembre, il n'y a eu que quelques personnes qui ont reçu quelque chose. Alors je suis partie avec mes larmes au service du personnel (qui joue au tampon dans cette affaire puisque c'est lui qui reçoit les personnels mais ce n'est pas lui qui gère les paiements... ce dernier service n'étant pas accessible aux personnels, évidemment, vous imaginez s'ils avaient en plus à voir le résultat de leurs retards - tout à fait illégaux, soit dit en passant, même si les facs bénéficient de pas mal de passe-droit dans ce cas précis), et c'est là qu'elle est allée chercher un chèque, rien que pour moi. Comme quoi, finalement, mes droits qui ne s'ouvriront qu'à partir du 19, certes ça sent la manipulation à plein nez de la part des Assedic (genre on démarre plus tard comme ça si vous trouvez du boulot entre temps ça sera toujours ça qu'on ne vous aura pas payé), mais on peut toujours trouver pire.
Entre temps, pendant que je rappelais, j'ai reçu un appel des Assedic qui me recontactaient suite à mon premier essai où j'avais laissé mon numéro mais où selon le répondeur ça avait échoué...
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samedi 1 septembre 2007
Ça commence
Ecrit par Mimille à 12:40
— Catégories : Docteure chômeuse, En consigne, Thèse and Co.
Premier jour de chômage. Et ça commence bien : pas moyen de m'inscrire aux Assedics par Internet : soit "le service est momentanément indisponible", soit "nous ne pouvons répondre à votre demande, veuillez téléphoner au NA-NA-NA". Quand je téléphone au NA-NA-NA, c'est fermé le week-end.
Bon, tant pis, ça retardera mon inscription de deux jours de plus, je le ferai lundi. C'est quand-même trop bête que l'on n'ait pas le droit de le faire avant le premier jour de chômage tout de même, surtout quand ça tombe un samedi.
C'est drôle, j'ai rêvé que j'enseignais, cette nuit. A force d'entendre parler de rentrée partout, voilà ce qui arrive. Mais cette année, s'il y a une chose que je ne risque pas de faire, c'est précisément ça. Et ce, uniquement pour des raisons légales.
Une nouvelle vie commence. C'est comme ça que je le vois, et c'est comme ça que j'ai envie de le voir. Aujourd'hui est l'aube d'une ère nouvelle où le champ est ouvert, où tout est possible (sauf de s'inscrire aux Assedic). Rien ne change au dehors, c'est dedans que tout est différent. Mes dimensions intérieures ont changé. Mon monde a changé.
C'est une nouvelle vie que, dans mon orgueil et ma fierté tant combattues, je n'imaginais pas vivre. Je pensais que moi, le chômage, jamais. Que j'étais dans le peloton de tête, celui qui gagne, celui qui ne finit pas sur la touche. J'espérais tant figurer parmi les exceptionnels qui sont recrutés juste après la soutenance. Ça faisait classe, c'était le top. Et puis ça n'a pas été le cas. Je n'ai pas beaucoup cherché, il faut dire, je ne me suis pas beaucoup débattue, pas assez en tout cas. Hier je me souvenais de ce jour où je devais trier un tas de papiers pour retrouver le compte-rendu de ma soutenance, pour compléter mes dossiers de candidature : j'avais fait deux tas, un à jeter et un à conserver, et puis je suis consciencieusement allée mettre le premier tas à la poubelle. Je me suis alors soudainement demandé où est-ce que j'avais bien pu poser le rapport...? Je l'ai retrouvé dans la poubelle. Ça m'a fait sourire, hier.
Je crains que ça soit un métier où si l'on veut s'en sortir il ne faut pas faire les choses à moitié. Et ne pas faire les choses à moitié, c'est faire comme que je faisais avant. Je crains un peu que m'y remettre au rythme que je choisis ne me mène qu'à des échecs. Bah !, on verra bien.
Mais j'ai beau faire la fière et puis affirmer haut et fort que je suis sûre de moi et qu'on verra bien et que quoi qu'il arrive j'y survivrai, j'ai tout de même pas mal peur, quand j'y pense, des fois.
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mercredi 29 août 2007
Emploi du temps
Ecrit par Mimille à 11:11
— Catégories : Docteure chômeuse, En consigne, Thèse and Co.
Ça, ça va être un vrai billet-consigne. Il faut vraiment que je pose tout ça parce que je n'arrive plus à y réfléchir tellement j'en ai plein la tête, même si ce n'est que bassement concrêt : j'ai besoin, ces jours-ci, de décider (enfin) de comment je vais organiser mon emploi du temps de la rentrée (c'est-à-dire à partir de lundi prochain... houla houla ça arrive à grands pas), et j'ai du mal à trancher.
Récapitulatif de la situation : je serai au chômage à partir de samedi. Mais je continuerai de travailler tout de même, afin d'une part de ne pas perdre le fil des recherches, et d'autre part de ne pas disparaître de la situation (pour ne pas que les autres m'oublient, en d'autres termes). Alors dans l'absolu j'ai tous les choix possibles entre deux extrêmes qui seraient 1/ travailler à la maison et 2/ travailler dans mon ancien labo, qui m'accueille bien volontiers (et même, qui m'encourage à venir).
Il y a aussi que j'ai été tellement choquée par mon état de stress et de fatigue au bout de toutes ces années de travail non stop que j'ai l'intention de profiter de mon état de chômeuse, où je ne serai pas pressée de finir telle ou telle chose, où je ne serai pas tenue par un contrat, pour y aller mollo et essayer d'apprendre à travailler sans que ça me dévore, moi et toute ma vie en dehors.
L'emploi du temps que je compte mettre en place consisterait à profiter du contexte existant :
- La maison est toute petite et je n'ai pas de "bureau" à proprement parler, i.e. pas d'endroit dédié au travail. La conséquence de ça est que quand je travaille à la maison, c'est la maison toute entière qui devient mon lieu de travail, et que quand j'y suis, je reste tout le temps dans une ambiance de travail. Donc l'idée est de ne pas travailler à la maison. En tout cas, d'essayer de limiter ça le plus possible.
- Donc, et comme j'ai un autre lieu de travail possible tout trouvé, j'irai bosser dans mon ancien labo. Là, ça me pose quelques problèmes parce que je vais me retrouver exactement dans le même endroit, avec la même ambiance et tout que quand je faisais ma thèse, mais il faudra que j'apprenne à faire avec, et à détacher le lieu (qui n'y est pour rien en soi) de l'attitude dans laquelle je m'étais mise (le travail qui prend le pas sur tout le reste, et en même temps cette impression constante de ne jamais travailler).
- Le temps de travail maintenant. Je serai au chômage, donc j'aurai peu de moyens. Ce qui me vient logiquement à l'esprit c'est que je devrais compenser mon manque d'argent par mon gain de temps, en l'employant à produire la nourriture que l'on ne pourra pas acheter (faute de moyens financiers). Donc : potager intensif. Ça sera une bonne occasion pour m'y mettre sérieusement, régulièrement. Ce qui signifie aussi ne pas travailler à plein temps. Alors, puisque mon mari travaille trois jours par semaine, je me dis que la solution pourra consiter à n'aller travailler que ces trois jours-là, et consacrer le reste à l'autonomisation alimentaire.
Je trouve que c'est un programme qui sonne bien a priori. Il y a toutefois quelques hics dans l'addition. Notamment que j'ai envie de me remettre à travailler progressivement, afin de ne pas commencer l'année en culpabilisant parce que je n'arriverai pas à reprendre le rythme immédiatement (ce qui va être inévitable et tout à fait normal). Ça consisterait à travailler seulement 2 ou 3h le premier jour, puis 1 ou 2 heures de plus le second, puis 1 ou 2 heures de plus le troisième, etc. jusqu'à arriver à des journées complètes. Mais concrètement, parce que je compte aller travailler au labo, et que j'y vais en bus parce que je n'ai pas de voiture, et que le bus s'arrête vachement loin de la maison, je suis assez contrainte par les horaires de travail de mon mari qui d'habitude me laisse à l'arrêt de bus en partant et m'y attend le soir. Sauf que lui il va faire des journées complètes dès le début... ce qui n'arrange pas mes bidons. Alors je pourrais commencer par travailler à la maison jusqu'à ce que j'aie atteint des horaires de travail complets, sauf que j'avais dit que je ne travaillerais pas à la maison. Alors il va bien falloir que je commence par sacrifier (temporairement) au moins l'une de mes bonnes résolutions, et je ne sais pas laquelle choisir.
Argh.
Et je passe sur tous les autres questionnements, sur plein de détails, il y en a il y en a houla de quoi remplir tout un blog. Et donc de quoi remplir largement une tête aussi, raison pour laquelle j'en dépose un peu ici parce que bon hein quand-même il faut bien que je me sorte de tout ça, ça serait trop bête que j'embourbe là-dedans alors que je n'ai même pas encore commencé à travailler... Tiens, ben en attendant que ça décante, je vais m'occuper de vérifier si j'ai bien tous les papiers nécessaires pour l'ouverture de mes droits au chômage, ça me changera les idées ;-)
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mercredi 13 juin 2007
Docteure nomade : l'épi(web)logue
Ecrit par Mimille à 10:28
— Catégories : Docteure chômeuse, Docteure nomade, Thèse and Co.
Un saut à Bordeaux, inattendu, pour une surveillance d'examens. J'ai à peu près autant envie d'y aller que de me pendre. Ce n'est même pas le fait d'y aller qui me chiffonne, mais c'est la perspective de passer l'intégralité de mes deux prochains après-midis dans ce fichu Corail Téoz que je ne peux plus voir en peinture.
Et en plus j'ai une seconde surveillance lundi prochain à laquelle j'ai pris la résolution de ne pas aller (150€ l'aller-retour maintenant que je n'ai plus d'abonnement Fréquence, mon salaire de misère ne me le permet pas après les auditions de ces derniers mois), et ça s'avère très compliqué de trouver une solution, puisqu'évidemment il y a au moins deux instances administratives différentes qui sont impliquées là-dedans, et que par conséquent personne n'est responsable de rien.
Sur ce, je vais faire mon sac. Chouette.
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jeudi 17 mai 2007
Je reste !
Ecrit par Mimille à 10:21
— Catégories : Bouches du Rhône, Docteure chômeuse, En consigne, En photo, Nature, Provence, Thèse and Co.
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Le cafoutche du MCF
Ecrit par Mimille à 06:20
— Catégories : Docteure chômeuse, Docteure nomade, En consigne, Thèse and Co.
Ce matin (de très bonne heure) je recherche des infos que j'avais trouvées sur le web il y a quelques mois, à propos des candidatures MCF. Vainement, je recherche. Tout au moins, il m'a fallu relire tout un tas de conseils que je connaissais déjà et que je ne cherchais pas, pour me rendre compte que non, ce n'était pas sur cette page-là que j'avais lu cette info tant recherchée.
Alors, maintenant que j'ai à peu près refait le tour des pages underground à ce propos (parce que les pages officielles ne sont pas franchement très informatives), voici un petit florilège, qui me servira de marque-page pour les éventuelles prochaines fois, et puis qui pourra peut-être également servir à d'autres, sait-on jamais.
Tout d'abord chez Olivier, maître de conf' en sciences de l'information et de la communication, on trouve plusieurs billets qui portent sur la question, dont j'en retiens deux qui sont pleins d'informations à garder sous le coude :
- Un premier, tout chaud tout récent, qui parle du contenu des rapports de candidatures. Autant dire que ça tombe à point nommé.
- un second, que j'avais déjà lu il y a quelques temps et qui fait partie de ceux que je recherchais, qui donne quelques impressions, conseils et témoignages d'auditions passées.
Vient ensuite ce billet de Caroline, qui fait un bilan de son travail. Ce qui m'intéresse surtout dans ce billet, et d'ailleurs c'était exactement ce que je recherchais ce matin (chouette), c'est ce qui est dit dans l'un des commentaires :
L'absence de rapports écrits est un motif d'annulation de la procédure (lien)
Je cite Le Guide de Fonctionnement des Commissions de Spécialistes : "Les rapports doivent impérativement être écrits, signés et datés : leur caractère communicable à l’issue du concours de recrutement implique que ces rapports doivent être rédigés avec la plus grande rigueur : tout manquement à ces règles élémentaires peut provoquer l’annulation d’un concours pour vice de forme."
Ouf, me voilà presque rassurée : reste encore à savoir ce qu'ils entendent par "à l'issue du concours de recrutement" : Est-ce que ça correspond à la date de la publication officielle des classements, ou alors à la date limite des choix d'affectation des candidats, ou alors plutôt à la fin des auditions ? Bon, en tout cas il y aura bien un moment où toutes ces dates seront passées et où je pourrai me permettre d'insister lourdement sur ma requête (j'ai déjà demandé les rapports dans les facs où j'ai été auditionnée, et aucune des deux ne m'a répondu à ce jour - même pas pour me dire "houlà, z'êtes bien pressée vous, attendez voir un peu").
Enfin, Baptiste rappelle quelques éléments importants (que dis-je importants, fon-da-men-taux) que tout candidat à un poste de MCF doit garder en tête :
- Que les membres de la commission de spécialistes devraient être connus des candidats. Par exemple, à ma première audition on ne m'a pas proposé d'en prendre connaissance, alors pour la seconde j'en ai explicitement fait la demande, alors qu'apparemment ce n'était pas prévu (par contre, pas moyen d'avoir la liste des auditionnés, ce que j'ai trouvé super étonnant vu le secret de Polichinnelle que c'est : on se connaît presque tous puisqu'on est dans le même profil et que donc on se voit en conférences, dans des projets, etc., voire même des fois on est amis... mais bon).
- Il rappelle qu'il ne faut pas hésiter à faire savoir si l'on se sent lésé par un recrutement. Sur ce point, le problème tel que je le conçois vient de deux points : 1/ Tout d'abord parce dans le panier de crabes dans lequel on essaie désespérément de rentrer, si l'on commence à ruer dans les brancards d'un côté, ça risque de se savoir partout... et paf, on passe vite fait pour l'emm** de service. 2/ Ensuite parce que, concrètement, je ne vois pas trop ce que ça pourrait changer, et comment. C'est vrai que je n'ai pas encore reçu mes rapports donc je ne peux pas savoir ce qu'il y a précisément dedans et si ça me donnera vraiment des infos sur ce qu'on a bien pu me reprocher, mais tout de même dans la mesure où d'une part je ne saurai pas ce que les candidats classés devant moi ont eu, eux, comme rapport, et d'autre part où les CS ne sont pas censées divulguer ce qui s'est passé pendant les débats... ben, je ne vois pas sur quoi je pourrais bien me baser pour critiquer ce qui a été fait. Z'allez me dire, c'est probablement fait pour ça, ben justement c'est tellement bien pensé que comme d'hab' c'est le demandeur d'emploi qui se retrouve lésé et sans aucun recours.
A part ça...
Une idée quelle est bien ici, tellement bien, tellement simple et lumineuse, que j'y avais même jamais pensé ! Imaginez : on aurait le droit de candidater sur des "vrais" postes (entendez, des pas précaires) à la condition que l'on ait obtenu notre doctorat avant l'entrée en fonction, et non pas avant la date de candidature. Pour rappel de la procédure actuelle :
- 1/ On soutient notre thèse d'abord.
- 2/ Ensuite on fait un dossier de demande de qualification.
- 3/ Si on a obtenu notre qualification, on peut candidater sur des postes de MCF.
- 4/ Si on a été classé, on fait notre choix parmi les classements, et l'on sera affecté dans le premier poste disponible dans l'ordre des choix que l'on a faits.
Dans le détail, les postes de MCF commencent en septembre dans la plupart des cas ; les choix se font en juin-juillet ; la procédure de recrutement a commencé en février, quand la liste des postes ouverts est parue au J.O. ; pour pouvoir répondre à ces appels, qui paraissent en février donc, il faut avoir été qualifié, et pour cela il faut avoir envoyé un dossier complet avant, pour 2006 p.ex., le 15 décembre (NB : c'est de plus en plus tôt, il y a quelques années c'était à la mi-janvier) ; et pour pouvoir envoyer ce dossier, il faut avoir déjà soutenu sa thèse, i.e. avant le 15 décembre (il faut aussi s'être pré-inscrit aux qualificiations en octobre parce que sinon c'est cuit, mais bon ça n'est qu'une procédure administrative, rien de compliqué, faut juste y penser). Pour un poste au mois de septembre suivant ! Alors, entre temps, on fait quoi ? Avec de la chance on réussit à trouver un job précaire. Avec moins de chance, on est au chômage. Si l'on pouvait candidater sur des postes moyennnant l'obtention de la thèse entre temps, on soutiendrait avant septembre et hop, à la rentrée on pourrait entrer en fonction directement. Mais ce serait trop simple, non ?
Pendant ma soutenance, le président du jury, ancien soixante-huitard qui n'a jamais baissé les armes, a fait tout un laïus là-dessus. Au-delà du fait que ça a fait rire toute l'assemblée, j'ai trouvé ça simplement génial et tellement humain et important de profiter de cette occasion-là, comme de toutes les autres, pour faire connaître ce qui se passe, pour expliquer, pour s'insurger.
Sur le même blog il y aussi l'histoire de Frédéric, candidat aux fonctions de MCF, qui est tout à fait classique et tellement désolante. A lire pour avoir des compléments d'info sur comment ça se passe dans ce monde qui reste inconnu des masses.
Et pour finir, voici le Guide du fonctionnement des commissions de spécialistes, à mettre entre toutes les mains intéressées.
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mercredi 16 mai 2007
Appétit de lion
Ecrit par Mimille à 11:21
— Catégories : Docteure chômeuse, Docteure nomade, En consigne, Thèse and Co.
La thèse du lapin.
Scène : Une belle journée ensoleillée dans la forêt, un lapin est assis devant son terrier, tapant à sa machine à écrire. Vient alors un renard, sorti se balader.
Renard : "Sur quoi est-ce que tu travailles ?"
Lapin : "Ma thèse."
Renard : "Ahhh. De quoi s'agit-il ?"
Lapin : "Oh, je travaille sur comment les lapins mangent les renards."
(pause incrédule)
Renard : "C'est ridicule ! N'importe quel idiot sait que les lapins ne mangent pas les renards."
Lapin : "Bien sûr que si, et je peux le prouver. Viens avec moi."
Ils disparaissent tous les deux dans le terrier du lapin. Après quelques minutes, le lapin ressort, seul, et retourne taper à la machine.
C'est alors qu'arrive un loup qui s'arrête pour observer le lapin travailleur.
Loup : "Qu'est-ce que tu écris ?"
Lapin : "Je fais une thèse sur comment les lapins mangent les loups."
(rires bruyants)
Loup : "Tu n'espères pas publier de telles âneries, quand-même ?"
Lapin : "Pas de problème. Tu veux voir pourquoi ?"
Le lapin et le loup entrent dans le terrier, et à nouveau le lapin ressort seul, après quelques minutes, et retourne travailler.
Scène : Dans le terrier du lapin. Dans un coin, il y a un tas d'os de renards. Dans un autre, un tas d'os de loups. De l'autre côté du terrier, un énorme lion se cure les dents en rôtant.
(Fin)
Moralité : Peu importe le sujet de thèse que vous choisissez. Peu importe les données que vous utilisez. Ce qui importe, c'est qui est votre directeur de thèse.
Seconde morale : Il ne suffit pas d'avoir un lion comme directeur de thèse, il faut aussi qu'il ait plus d'appétit que les autres lions en jeu. Et aussi, qu'il dirige son appétit au bon endroit, et non pas qu'il change d'objectif en cours de route : on peut difficilement monter un nouveau parti politique, se présenter à la mairie d'une grande ville, et rester disponible pour ses ouailles fidèles et naïves.
La bonne nouvelle c'est que je ne suis plus une docteure nomade : je suis une docteure au chômage certes, mais une docteure provençale.
Il me semble que la misère serait moins pénible au soleil.
(Charles Aznavour)
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mercredi 18 avril 2007
Mirza 2 - CNRS 0
Ecrit par Mimille à 11:28
— Catégories : Docteure chômeuse, Docteure nomade, En consigne, Thèse and Co.
Evidemment, il a suffit que je me plaigne pour que mes voeux soient enfin exhaucés : les résultats de la section 45 ont été publiés hier (juste le jour où je n'avais pas accès au web de toute la journée ;-)
Et tout aussi évidemment, je ne suis pas dedans. Bon, ce sont tous des psycholinguistes, je n'étais pas du tout dans ce profil. Regrets oui, mais regrets raisonnables.
Hier aussi j'ai passé ma seconde audition, dans ma section de spécialité cette fois : la 34, portant le doux intitulé de "Langue, Langage, Discours". Un peu plus de 80 candidats si je me souviens bien ce qu'on m'avait dit, tous les dossiers recevables (i.e., complets) sont auditionnés sur 3 jours, le tout pour 3 postes, sans profil cette fois. Autant dire que ça usine dur.
Convoquée à midi, donc passage à 12h30 (ils convoquent une demi-heure plus tôt afin de permettre un éventuel échange de passage entre deux candidats, parce que dans la théorie "Toute absence, même justifiée, est éliminatoire", c'est écrit sur la convovation). J'arrive plus tôt, par le train de 6h49, arrivée un peu avant 10h, une petite heure de RER + Tramway + marche pour arriver à Meudon, et installation du QG de campagne dans le bar d'en face, en terrasse au soleil, attendant la sortie d'un ami qui passait à 10h.
Attente devant la salle de mon sous-jury. Fais les cent pas, repire avec le ventre, bois régulièrement une gorgée d'eau agrémentée de Rescue, sens mon coeur qui se met à battre de plus en plus fort, mes jambes qui commencent à trembler. De cette salle-là (ce n'est pas la même que pour mon audition précédente), il n'y a pas de fenêtre d'où l'on voit le jury, mais par contre on entend les voix qui passent à travers la porte, et ce que j'entends n'est guère rassurant. Soyons honnête : quoi que j'aie pu entendre, de toute façon je n'aurais pas été rassurée. Ici la candidate précédente, non native francophone, avait une toute petite voix tremblante et non assurée, bafouillait, semblait globalement molle. Voix de femmes qui posent des questions : ça a l'air d'être piquant, presque acide, aux intonations : je ne refuse de m'approcher de la porte ou de tendre l'oreille pour avoir plus de détails, ça serait encore pire. Si ça avait été le contraire, si la candidate avait semblé très sûre d'elle et le jury conquis, j'aurais été tout aussi stressée, de toute façon ça n'est pas chouette de les entendre. Tendue, donc.
Une amie arrive, qui passe l'après-midi et qui était venue repérer sa salle. On papote en chuchotant, et puis la candidate sort, pendant que le jury fait la transition entre elle et moi : premières impressions sur elle, et puis présentation de moi par les deux rapporteurs de mon dossier (on ne dit pas au candidats de qui il s'agit).
Le président du jury sort et m'invite à entrer. J'entre donc. Je tends ma clé USB pour que l'on lance ma présentation sur le vidéo-projecteur, pendant ce temps je montre ma carte d'identité et signe un papier attestant que je me suis bien présentée, et que c'était vraiment moi. Etonnement : la dernière fois ils avaient fait un tour de table pour se présenter, cette fois non, on me donne tout de suite la parole. Je commence, mes jambes flageollant, sans avoir eu l'occasion de regarder chacun des membres dans les yeux une première fois (c'est dommage, c'est important ce premier lien). Je parle, posément, sûrement, sans trembler, mais je me sens moins concentrée que la dernière fois. Je me reprends quelques fois. Je finis 2 minutes avant la fin de mon temps de parole : tant mieux. Et commencent les 10 minutes de questions.
Je passe là-dessus, mais globablement je suis déçue : tout le monde n'a pas eu le temps de me poser une question, et je me suis sentie plus attaquée que la fois dernière. Comme je ne connais pas du tout, ou au mieux qu'un minimum les membres du jury (c'est normal, la linguistique c'est très large), je ne sais pas quelles sont leurs tactiques : certains piquent pour tester les épaules du candidat et c'est plutôt un encouragement, d'autres piquent aussi, mais pour le démonter. Certains tiennent à toujours poser des questions pour placer la recherche dans leur propre champ disciplinaire, d'autres préfèrent laisser la parole aux spécialistes. Certains aussi ont faim parce qu'il est midi et demie, certains ont sans doute déjà leurs favoris, etc., et je ne peux évidemment pas savoir tout ça. Alors je fais ce que je peux, avec mes tripes, mes connaissances et mes convictions. On coupe la parole à l'un des membres du jury pendant qu'il pose une question : le temps est écoulé et il faut rester équitable avec les candidats.
Je ressors. Pas de soulagement. Pas de sourire scotché aux lèvres comme la dernière fois, pas de douce impression d'être invincible et d'avoir été bonne, juste le sentiment de n'avoir offert que la prestation d'un candidat lambda, pas mauvaise mais ne sortant pas du lot. Déçue. Triste.
Faire une croix sur le CNRS. Reconnaître et m'avouer l'échec. On me dit que non, de ne pas faire de croix tant que les résutalts n'ont pas été donnés, que l'on ne sait jamais à l'avance comment eux l'ont vécu, que ça dépend aussi des prestations des autres et des soutiens extérieurs,... mais il faut être raisonnable : le plus objectivement possible, j'ai été "bien mais pas top". Il faut sortir du lot, et comme le dit très bien le guide du doctorant :
Vous devez convaincre le spécialiste de la coquille d’escargot qu’il est intéressant d’étudier les sabots de cheval.
C'est même plus que ça : on doit convaincre le spécialiste de la coquille d'escargot que l'étude des sabots de cheval est une piste incontournable pour résoudre les problèmes d'étude des coquilles d'escargot, de toutes les coquilles et même des animaux en général. Que les sabots de cheval sauveront le monde. Mais sans le dire ouvertement sous peine d'être taxé de sabotdechevalcentrisme, non : il faut que ça soit le coquilleur qui en vienne à cette conclusion de lui-même, rien qu'en nous écoutant parler 15 minutes. Et là, je n'estime pas que ma prestation était à cette hauteur-là, loin s'en faut. Manque de recul, de perspective. Et puis quelques points qui pèchent dans mon dossier : pas de publications dans des revues, pas de postdoc à l'étranger. Même si le reste, à mon avis, est honnêtement bien (bon dossier, bon projet, bonne implication dans le milieu, bonnes lettres de recommandation, bons résultats jusqu'à présent, bonne connaissance du domaine,...).
Faire une croix sur le CNRS, donc. Dommage. Je regrette. Et puis ces dernières semaines, je me demandais à quelle expérience d'échec je pouvais rattacher ça pour relativiser : je n'en ai pas trouvé. Tous les examens, concours... importants de ma vie,
- le permis de conduire (je me souviens, au code le gars qui avait annoncé les résultats avait dit "Il n'y a qu'un seul zéro faute" : c'était moi),
- le bac (pas top, mais juste ce qu'il fallait pour passer à autre chose : juste ce que je voulais),
- les exams de la fac (sauf ceux où je n'étais même pas allée parce que de toute façon je n'avais aucune intention de continuer),
- les diverses bourses au mérite et allocations de recherche,
- le monitorat,
- le poste d'Ater spécifique l'an dernier alors qu'il n'avait pas de poste disponible,
- le poste d'Ater de cette année où j'avais décidé de ne pas envoyer 18 dossiers comme l'année précédente mais de cibler précisément (sachant que c'est super risqué de faire ça) : uniquement Aix (en cas de désistement de dernière minute) et Bordeaux,
- les logements que l'on visitait et qu'on voulait louer à tout prix alors qu'on n'avait pas a priori le profil idéal,
- les félicitations du jury à ma soutenance de thèse alors que mon directeur quelques jours plus tôt m'avait annoncé que de toute façon il s'opposerait à ce que je les aie parce qu'elles sont données trop souvent et que ça n'est censé être donné qu'aux thèses directement publiables,
...toutes les choses que j'ai vraiment voulu réussir, je les ai réussies. Et là, j'ai échoué. Et ce n'est pas faute de l'avoir voulu, ce poste au CNRS. Alors il faut que j'apprenne à gérer ça. C'est bête à dire, ça fait un peu (beaucoup ?) "pauvre petite fille riche" ou "caprice de star" mais voilà, je ne sais pas si je dois recommencer à me battre pour les années à venir, ou bien me faire une raison parce que c'était au-delà de mes capacités et accepter simplement le fait que j'ai déjà une chance inouïe d'avoir encore quelques possibilités d'être recrutée dans une fac à la rentrée, ou bien... je ne sais pas !
Bon, c'est pas la fin du monde non plus. Je ne suis pas au 36e dessous, ça va. Il fait beau, je me repose, je me remets de mes émotions. Je me change les idées. Je vais pouvoir faire quelques-uns des trucs qui attendaient que j'aie un peu de temps à y consacrer (genre... saisir le juge de promité pour qu'on se fasse enfin rembourser, par la voie du tribunal, la caution de notre ancien apparte que le proprio ne nous a toujours pas rendue...). Et je suis tout de même contente, ça n'a pas été catastrophique du tout. C'est juste que je suis, hé bien, tellement déçue ! Mon satané orgueil, que je passe le plus clair de mon temps à cacher mais qui est là, toujours, je le sais bien, a pris un coup.
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PS : Le CNRS recrute plus de 400 chercheurs en 2007, dont 271 chargés de recherche 2e classe (CR2, cf. le décret du JO). Il y a 40 sections et 7 commissions interdisciplinaires, ce qui devrait faire une moyenne de 5,77 postes de CR2 par section. En commission interdisciplinaire 45 ("Cognition, langage, traitement de l’information, systèmes naturels et artificiels") il y a eu un poste ; en section 34 ("Langue, Langage, Discours") 3 postes : où sont les 7,53 postes manquants...?
Début de réponse : en 07 ("STIC") : 25 postes, en 01 (maths) : 14 postes... et ne me parlez pas de proportion des candidats : en 07, 342 admis à concourir pour 22 postes ça fait plus d'une chance sur 15. En 01, 224 admis à concourir pour 14 postes ça fait une chance sur 16. En 45 par contre, 65 candidats pour 1 poste : une chance sur... 65. Et en 34, 83 admis à concourir pour 3 postes, ça fait une chance sur 27,66.
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