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lundi 15 décembre 2008

Bric-à-brac avant de me lancer dans la journée

Il pleut. Ça fait des jours qu'il pleut. Il pleut beaucoup dehors ; il pleut même pas mal dans la maison, et ça c'est plutôt embêtant. C'était difficile de s'occuper hier, ne pouvant pas vraiment sortir sous la tempête de pluie accompagnée de rafales de vent à tout faire envoler, on avait prévu de ranger la maison. Il y avait un gros ménage à faire et surtout des choses à ranger en haut, quelques meubles à déplacer, ça promettait d'être tout de même plutôt sympa.


Mais c'était sans compter les fuites dans la maison. Pas assez de serpillères, on passait d'un endroit à l'autre et à peine le temps de tout essuyer qu'on n'avait plus qu'à recommencer. Alors on est sortis tenter d'endiguer le flot de l'extérieur sur le toit mais c'était pas simple, et on était trempés, les mains gelées, les cuisses tremblantes. On n'est pas équipés de telles pluies, c'est tellement rare normalement.


Mouillés pour mouillés, du coup on est restés dehors pour aller s'occuper des chevaux. Il y en avait deux dehors, plus l'âne M. Ils étaient allés s'abriter du vent glacé et de la pluie mais avaient fort mal choisi leur endroit : dans la réserve à foin... On les a donc surpris en flagrant délit de gavage intensif. On a fait rentrer en vitesse les deux chevaux dans le parc à côté, c'est pas bien grave s'ils ne s'entendent pas bien avec l'un de ses occupants puisque c'est super grand, sont pas obligés de rester ensemble. Mais l'un des deux s'est mis à s'étirer en portant tout son poids sur ses postérieurs, et puis il dansait d'un pied sur l'autre sans arrêt. J'étais très inquiète. Je n'en ai jamais vu de mes yeux mais je trouvais que ça ressemblait fort aux premiers symptômes d'une fourbure, et ç'aurait été la catastrophe. Mais je n'y voyais guère, la nuit tombait, il pleuvait des cordes, j'ai pensé qu'il faudrait attendre le lendemain pour voir comment ça évoluait et éventuellement appeler le véto. J'ai passé la soirée à chercher des informations sur la fourbure, et la nuit à gamberger en espérant n'avoir pas fait de bêtise en attendant le lendemain, en espérant très fort que ça ne serait pas trop rapide et qu'on ne risquait pas de le retrouver mort ce matin, ou même gravement atteint.


Bon, ce matin tout semble aller bien. Je le surveillerai tout de même parce que je n'aime pas ce que j'ai vu, je n'ai pas l'habitude de voir un cheval s'étirer comme ça, je n'ai pas trouvé ça normal. Et je ne voudrais pas qu'il lui arrive quelque chose de grave ; surtout que le plus dur dans la fourbure c'est que c'est très douloureux pour le cheval, et je ne voudrais surtout pas risquer de lui faire subir des souffrances inutiles.


Ce matin j'ai profité d'une accalmie pour passer une petite heure à les regarder et à leur donner à manger. Ils semblent tous se porter bien, malgré la pluie qui ne veut pas vraiment cesser et qui leur trempe le poil en profondeur. Ils peuvent s'abriter sous les arbres mais ne le font guère, donc ça doit signifier que ça ne les dérange pas, ou pas trop. Mais ils doivent en avoir marre tout de même de ne même pas pouvoir se chauffer au soleil dans la journée. Enfin, j'imagine.


Cet aprème je vais voir la psy de la maternité ; on avait pris rendez-vous pour faire le point juste après ma reprise du travail. Je ne sais pas du tout ce que je vais pouvoir y dire, pas parce que je n'ai rien à dire mais parce que bien au contraire j'ai tellement de choses à trier dans ma tête que je ne sais pas ce qui fait partie de son champ d'action (l'évolution du deuil) et ce qui le dépasse. Tout cela ne fait qu'un en moi, évidemment. Et puis j'aurais aimé que mon mari puisse venir aussi, mais il travaille aujourd'hui. Je crois que lui aussi aurait aimé.


Il faut que je finisse mon dossier de candidature à la qualification en urgence (encore une fois...). Ensuite il faudra que je m'attaque au dossier de candidature au CNRS, le temps passe et je n'y ai même pas encore songé concrètement, et la date limite se rapproche et ça m'inquiète. Quand je suis ici à la ferme, j'ai un mal fou à travailler là-dessus parce que j'ai tant d'autres choses à faire. Mais j'en ai déjà parlé... et il suffirait que je choisisse une chose, n'importe laquelle, et que j'en accepte les conséquences. Ça aussi j'en ai déjà largement parlé. Sauf qu'en parler, finalement, ça ne me fait guère avancer : je n'arrive pas à assumer mes choix. Ou j'ai l'impression de ne pas choisir. Ou de choisir la mauvaise chose.


Et ça ne change pas grand-chose de le répéter encore une fois... Je tenterais bien de me faire un petit calendrier, de toute façon c'est nécessaire vu ce qui m'attend dans les semaines qui viennent, mais je sais d'avance que je ne le tiendrai pas alors ça ne m'emballe guère de me lancer dans une entreprise promise à l'échec. Je pourrais aussi ne pas le considérer sous cet angle négatif et le prendre pour ce que c'est : un calendrier pour mettre les choses à plat, et surtout voué à évoluer. Ouais, faudrait que j'assume un peu ça...


J'ai vraiment l'impression que je ne me sortirai pas de tout ce que j'ai à faire. Je ne sais pas comment je vais m'y prendre.

jeudi 4 décembre 2008

Petit séisme intérieur (question de rappeler qu'on est bien vivant)

(Oui oui, je passe de quelques billets par mois à plusieurs par jour, mais je vais me calmer...)


Cette semaine sur Arte Radio il y ça :



J'avais trop envie de l'écouter. Trop envie. Je l'ai fait. Il y a comme mon coeur qui tressaillait à chaque battement du coeur que l'on entend. Il y a que quand j'ai entendu la sage-femme annoncer "c'est parti pour une demi-heure" j'ai pensé au fait que ça serait mon lot, souvent, pour les prochaines grossesses (je n'ai fait qu'un seul monitoring à la première parce que c'était une grossesse sans risque). Je réentendais ce rythme que j'ai tant connu, qui a fait vibrer ma vie pendant tous ces mois. Et je ne m'attendais à sentir mon corps se serrer brusquement en retrouvant ce son.


La voix tendre de la sage-femme. Ses intonations surtout, les conseils que je connais si bien, les propositions de solutions. Les histoires de col et de contractions, le ménage et les courses. Un monde tellement proche finalement, je n'ai pas tout oublié, je m'en rends compte en écoutant ça.


Comment sera le suivi de ma prochaine grossesse ? Je n'ai aucune envie d'aller à la maternité tous les mois. Où cela pourra-t-il avoir lieu ? Ça dépendra sans doute de la sage-femme. Et puis j'ai dit que je me ferais suivre aussi par un gynécologue. Pas que j'en aie envie, mais pour changer les données de l'histoire. Que celle-là soit différente. Je voudrais voir les deux, le gynéco pour changer, et la sage-femme pour le temps qu'elle a à donner, les longues conversations, pour cette voix douce et cette complicité qui se créent, sans lesquelles je me sentirais bien seule.


Seule, c'est une impression que j'ai eue à l'écoute de ce son d'Arte Radio : où sont les hommes ici ? Mon mari m'accompagnait à quasiment tous les rendez-vous que l'on avait, sauf quelques exceptions où il n'a pas pu mais il me demandait alors que je lui raconte tout dans les détails, pour ne pas en manquer une miette. Ce n'était pas un moment à moi c'était un moment à nous, à nous deux, à nous qui aurions dû être bientôt trois, un moment de famille. Il ouvrait des yeux ronds aux explications de la sage-femme, il riait aux éclats à entendre battre le coeur de notre fils, il écoutait les conseils et tâchait de se remettre en question quand il le fallait, parce que faire un bébé c'était aussi sa tâche à lui.


Bon. Voilà. Quelques secousses et c'est reparti. On est toujours là...

lundi 3 novembre 2008

Huit semaines

Rapide tour de blogs ce matin. Mowgli fête le premier anniversaire de sa chtig. Zelda fait le point sur ce qui a changé depuis presque un an. Chulie évoque le décès de sa grand-mère...


Pendant ce temps, je me prépare à mon rendez-vous chez le gynécologue, cet après-midi. C'est la visite de suites de couches, celle qu'on fait entre 6 et 8 semaines après l'accouchement. J'ai pris le rendez-vous il y a longtemps, il faut s'y prendre à l'avance pour avoir un rendez-vous à une date précise chez un spécialiste. Longtemps à l'avance, puis le temps est passé, la date est arrivée. Déjà. Huit semaines, un peu plus d'un mois et demi.


J'appréhende terriblement ce rendez-vous. Parce que jusqu'à aujourd'hui il y avait toujours cette soupape de "pas avant 8 semaines", je ne pouvais pas faire ceci ou cela, il était normal que j'aie tels symptômes, j'étais dans des circonstances tout à fait particulières. Et voilà que du jour au lendemain il faudrait que ça change. Parce que ça y est les 8 semaines sont écoulées, la vie devrait recommencer comme avant. La vie du corps, je veux dire.


Et surtout ça signifie que le temps passe, effectivement. Ce temps que je voudrais suspendu pour vivre dans une parenthèse pour l'instant. Là, je suis obligée de voir que je n'ai arrêté que l'horloge, pas le temps lui-même. Cette semaine ça fait 8 semaines. Dans 5 semaines j'aurai fini mon congé maternité, lui que j'aurais voulu à durée indéterminée, aussi long que j'en aurais eu besoin. Il va finir par se terminer. Aujourd'hui je devrais avoir le feu vert pour reprendre une activité normale, faire du sport, arrêter les siestes et réduire mon temps de sommeil, me forcer à nouveau, commencer la rééducation. Et demain... demain je devrai recommencer à faire sonner le réveil matin, à prendre la voiture dans la nuit et à faire mes 90km pour aller travailler tous les jours de la semaine. Je devrai crever le cocon hors du monde que je me suis fabriquée pour me protéger, parce que j'ai peur. J'ai peur de ce rendez-vous chez le gynécologue. J'ai peur de reprendre ma vie d'avant. J'ai peur d'arriver au point où mon avenir sera devenu le présent, mes projets des actualités, puis mon deuil un souvenir.


Bon, ça ne sert à rien de me voiler la face : j'ai peur de refaire un enfant. Et j'ai peur de me retrouver face à mes éternels problèmes de boulot (en avoir ailleurs ou s'en passer ici). J'ai peur de fuir l'un en me concentrant sur l'autre. Et puis j'ai peur de ne pas y arriver. Plus exactement, j'ai peur d'échouer à nouveau, que ce soit pour l'un ou l'autre. J'ai très peur de mourir en ce moment, et je me rends compte qu'à bien y regarder, ce n'est pas tant de mourir que de vivre, dont j'ai peur.


Alors oui je sais, il faudra du temps, tout ça va évoluer. Reste que pour l'instant je suis encore toute engourdie, et que je n'ai même pas envie de tenter un mouvement. Huit semaines qu'ils disent, huit semaines c'est passé tellement vite et ça a été une telle éternité aussi, huit semaines ça ne veut rien dire, huit semaines ce n'est qu'un chiffre parmi d'autres possibles, qui sait ce que c'est huit semaines, est-ce que mon corps abandonné, vidé, ruiné le sait, lui, ce que c'est huit semaines ?

lundi 13 octobre 2008

Bazar du lundi matin

Quelques gouttes de pluie ce matin. Le ciel est bas et gris, quelques oiseaux osent chanter, réfugiés sur le toît pendant que les chasseurs tirent en bas dans les bosquets. Casquettes orange vif que l'on voit pointer entre les branches à intervalles réguliers, grelots et cloches des chiens : ça n'a que peu à voir avec les chasseurs qui cherchent à se cacher pour ne pas être vus du gibier, et se fondent dans la nature pour s'inscrire dans un certain équilibre.


Mon mari est tombé malade à peine quelques heures après m'avoir dit entre ses dents, en rentrant du travail, qu'il était en colère contre le monde entier, parce que le monde entier avait des enfants et pas nous. Puis la fièvre est arrivée et l'a fait pleurer pendant presque toute la semaine. Ma sage-femme m'avait expliqué une fois que la composition des larmes n'était pas la même quand on pleure pour se débarrasser d'une poussière p.ex., et quand on pleure de chagrin ou de douleur : j'aurais été curieuse de savoir quelle était la composition de ses larmes cette fois-ci.


Moi, pendant ce temps, j'ai voulu être "forte" pour l'aider à tenir le coup, être vigoureuse et joyeuse et énergique pour deux. Mes efforts m'ont conduite à un mal de gorge cuisant, qui a disparu quelques heures après avoir pu pleurer tout mon saoul dans ses bras en lui disant tout ce qui se bloquait dans ma tête.


Et il y en a, des choses coincées là-dedans. Quelques jours après l'accouchement je disais déjà que je voyais qu'il y avait une partie de moi que j'avais enfermée et rien que d'y penser j'en avais un vertige fou. J'en ai déjà parlé un peu ici : j'arrive à faire des projets à moyen ou long terme, mais rien pour le présent, et surtout rien pour moi-même. Enfin, je me rends bien compte que c'est faux puisque je m'en sors, et plutôt pas trop mal pour le moment. Mais quand la peine me saisit... je ne vois plus rien clairement. Je me mets à porter un regard qui trouble tout ce que j'aperçois, le travail que je n'ai aucune envie de reprendre, l'aménagement de la maison que l'on n'arrive pas à faire avancer aussi vite que l'on voudrait, les chevaux dont je voudrais m'occuper plus mais je n'y arrive pas, cette peur qui me tenaille de perdre encore quelqu'un, le vide que mon enfant ma laisse. Il m'arrive à certains brefs instants de me surprendre à penser que tout cela n'est qu'un mauvais rêve et que mon fils est là, qu'il va arriver, qu'il est vivant, que c'est juste un moment d'angoisse qui suit tous ces longs mois de questionnements, de chambardements.


Mais non. Mon fils est mort et il pleut ce matin. Notre maison est devenue une habitation pour deux personnes. Je suis en congé et je devrais en profiter pour préparer un nouveau dossier de candidature pour cette année, parce que j'ai décidé de tout refaire à partir de ce que j'ai appris ces deux dernières années, de ce qui a fonctionné, et ce qui a juste fait bonne impression mais sans m'ouvrir de portes. Que si j'attends de reprendre le travail pour le faire, je n'aurai pas le temps de faire ça et de la recherche en même temps, et que ça fait trop longtemps que je n'ai pas fait de recherche intensive, qu'avant ça me plaisait, que l'envie devrait revenir avec la pratique, avec l'approche d'une solution à un problème, avec la sensation d'aller dans la bonne voie, avec la hâte fébrile de voir les résultats d'un test, avec les réponses que l'on voit apparaître des erreurs que l'on trouve.


Oui, j'en parle bien ;-) mais tout ça n'est que de la théorie. Dans la pratique, la première chose que je devrais faire c'est de me chercher un job pour quand j'aurai fini mon postdoc, ce qui va arriver assez vite, et pour cela je n'ai aucune énergie qui me vient.


Et puis dans l'immédiat, mon énergie va se concentrer sur le ménage de la maison qui est devenue un véritable champ de bataille depuis les pluies diluviennes de la semaine dernière... vivement que l'on ait pu planter le gazon.


A part ça, profitant d'un stand qu'ils avaient installé à la fête de la courge, ce week-end j'ai enfin adhéré à Kokopelli (y'a aussi leur futur site, en cours de construction, ). Ça a été une rudement bonne occasion et j'en suis très contente. Et de les rencontrer, en chair en os (...et en sachets de semences !), ça a été une très chouette rencontre.


lundi 6 octobre 2008

Le linge propre

Je me suis levée (trop tard, encore, mais j'ai réussi à gagner trois petits quarts d'heure sur mes horaire de ces derniers jours : je progresse), j'ai mis de l'eau à chauffer et suis allée me débarbouiller. Je suis sortie devant la maison et j'ai bu un café au soleil avec le chien à mes pieds.


Puis j'ai enfilé une veste et je suis allée mettre le nouveau cheval au parc. Quand je suis revenue du parc il s'est mis à tomber trois gouttes, sous le soleil devenu timide. Je me suis tournée vers l'ouest et il y faisait tout gris, avec un gigantesque arc-en-ciel (et je vois que ce n'était pas le seul). C'était beau.


Je suis revenue, j'ai nettoyé un peu le box, et puis je suis allée boire une menthe à l'eau avec les gens de la ferme qui étaient là. Les filles sont rentrées des vendanges très tôt, il n'y a plus grand-chose à faire, cette année ils font presque tout à la machine.


Devant la menthe à l'eau se prépare la réouverture d'un commerce du village, c'est pour bientôt, beaucoup de la ferme en sont, ça intéresse tout le monde et chacun y va de son petit conseil sur les travaux, le mobilier, les techniques de vente.


Je regarde au loin le nouveau cheval qui se fait attaquer par les moucherons, il hoche la tête et remue la queue sans cesse, et je ne sais pas trop quoi faire pour l'en soulager. On a parlé de lui mettre un bonnet, mais on s'est dit qu'il était déjà trop aristocrate sans avoir besoin de le déguiser en plus ;-) Avec un peu de chance il s'habituera.


En fait, le plus dur c'est que là j'ai fait à peu près tout ce que j'avais prévu de faire dans la journée. Et il n'est même pas tout à fait midi. Les filles m'ont proposé de descendre avec elles au village d'à côté cet après-midi, faire trois courses, mais je n'en ai pas bien envie. Je les aime beaucoup mais je peine à prendre leur rythme à elles, elles ont des habitudes qui ne sont pas les miennes et beaucoup ne prennent pas facilement leur place dans le déroulement de mes journées. Et j'aime encore beaucoup passer du temps seule, et ça m'est sans doute nécessaire.


Alors à présent, je me trouve dans le moment où je sais ce que je pourrais faire (ranger la vaisselle propre et nettoyer la cuisine, prendre une grosse douche et m'épiler en attendant que la machine à laver ait fini puis ranger le linge sec et étendre le mouillé, passer un coup de balai dans les chambres,...), mais je n'ai plus très envie de rien. Ou j'ai peur de le faire. J'ai peur de ne pas bien le faire. J'ai peut-être peur d'arriver au bout de ma liste de choses à faire.


On n'a toujours pas retrouvé les clés qu'il faut pour démonter le lit de bébé qu'on avait mis dans la pièce qui devait être sa chambre. On y passe de temps en temps, mais on a complètement désinvesti cette pièce, on ne l'utilise plus telle qu'elle devait l'être et pas encore telle qu'elle le sera finalement. Et il y a toujours ce lit qui brise notre volonté, même si l'on n'en parle pas, même si l'on se contente de penser à autre chose, de ne pas le regarder quand on passe. Il y a aussi les cartons de vêtements de bébé que l'on avait laissés ouverts volontairement mais que l'on pourrait fermer et stocker à présent, il suffirait de mettre les boules de cèdre dedans, de les scotcher et puis de les mettre... où ? Je ne sais pas où l'on va les mettre, j'ai peur de les ranger dans le grenier, j'ai peur qu'ils prennent l'eau, se fassent ronger par des bestioles, je ne sais pas si ça craint ou pas mais j'ai peur de les laisser dans un endroit où l'on ne peut pas veiller à ce qu'ils soient protégés. Mhhh. Je réalise que j'ai terriblement peur de tourner complètement la page (même si ce n'est pas la présence de ce lit ni de ces cartons qui y change vraiment quelque chose en réalité, je le sais bien). Sur le coup je trouvais infiniment glauque ces parents qui ne touchent pas à la chambre de leur enfant disparu, mais à présent je peux comprendre ce qu'ils ressentent et ça n'a rien de glauque. C'est une paralysie.


Les nuages se sont dissipés maintenant. Il va faire chaud cet après-midi. J'ai envie de boire un autre café, et quand je serai en bas je sais que machinalement je finirai par le vider, ce lave-vaisselle propre. Que je me ferai à manger, puis que j'irai chercher quelques herbes sèches à placer dans le vase que l'on nous a offert hier, et que ça remplacera les roses qui à présent sont fanées. C'est joli, des bouquets dans la maison. Je regarde l'étendoir à linge et me dis que je peux le faire. Je peux le faire.


Parfois, le goût à la vie tient juste à un bout de drap sec qui attend sur un étendoir au soleil.

lundi 29 septembre 2008

Les jours qui passent

Reprendre vie. C'est assez soudain. Se re-saisir. Une dure dure nuit passée pleine de cauchemars et de peurs après deux jours de calme. De calme qui m'inquiétait, qui menaçait de cacher quelque chose en dormance. Je ne suis certainement pas au bout de mes surprises, dans mes ressentis présents et futurs. Observer ça et apprendre, m'apprendre à nouveau, toute nouvelle que je suis à présent, mère - même sans fils - et toujours vivante.


Mon mari m'aide. Les gens autour, voisins amis famille m'aident. L'acuponcture m'aide. Les douleurs qui subsistent ne m'aident pas. Moi qui ai attendu neuf mois je pensais que l'attente était finie et me voilà à nouveau au pied du mur, comptant les jours qui me séparent de mon rétablissement, comptant les jours qui me séparent du retour de mon apparence d'avant. Je les compte avec hâte et appréhension : j'ai tellement peur que tout disparaisse, toute marque de lui, et parmi elles mon ventre et même ce sang qui restent pour l'instant des preuves qu'il a été là, qu'il a existé, que tout cela n'a pas été qu'un rêve merveilleux brusquement transformé en cauchemar. Mais c'est aussi tellement lourd d'être constamment rappelée à l'ordre par les besoins physiques, par l'obligation de faire attention, de toujours penser à ne pas forcer, à ne pas ci ne pas ça.


Je ne sais plus quoi dire, je suis comme tarie : ça fait cinq paragraphes que je commence et que j'efface, à propos de choses différentes, que je ne veux pas dire, ou ne sais pas dire peut-être. Pour lesquelles les mots ne viennent pas ou ne veulent pas rester.


J'arrive à faire des projets à long terme, à imaginer des choses que je referai, un jour prochain quand j'aurai repris la forme et puis même plus tard, je parviens à avoir des envies ; mais à présent je n'arrive à presque rien, je m'en rends bien compte. Ils sont beaucoup à me dire que je suis forte, parce qu'ils le croient, parce qu'ils le voient, mais quand je me trouve face à moi-même je ne sais pas si je suis aussi forte qu'ils le prétendent. On m'a toujours dit ça. Parfois je voudrais qu'on ne me voie pas forte. Ou alors, je ne sais pas. Oui bien sûr j'arrive à me changer les idées, j'arrive à rire et même à faire le ménage mais - et je ne réalise ce que ça signifie qu'en laissant les mots affluer - il me manque quelque chose. Il me manque la présence de mon fils évidemment, sauf qu'elle est tellement vague cette présence, tellement inconnue de moi, tellement désirée et si brusquement retirée que je ne sais pas ce qui me manque finalement. Peut-être que je la cherche, peut-être que c'est ça ce deuil si étrange d'une personne qui n'a jamais ouvert les yeux sur le monde qu'au travers des membranes maternelles : peut-être que ça me demande infiniment de force de deviner cette présence inconnue ce qui me manque. Peut-être que je m'en veux de ne pas le savoir. Que je suis terrifiée à l'idée d'oublier mon enfant parce que je connais pas la couleur de ses yeux.


Je connais malgré tout la douceur de sa peau. La finesse de ses traits. La sensation de son poids sur mon corps. Je ne veux pas oublier ça et j'ai tellement peur de le perdre parce que c'est tout ce que j'ai de lui, cet instant de tendresse posthume. Tous les objets souvenirs et les images ou même les mots n'ont rien à voir : je ne veux pas perdre cette sensation et pourtant je sais bien qu'elle finira par s'effacer comme toutes les autres. Elle n'est pas comme toutes les autres, je ne veux pas qu'elle disparaisse. Et je piétine. Je parcours le chemin à l'envers pour ne pas oublier qu'un matin de septembre, j'ai tenu mon fils dans mes bras.


La route sera longue comme ça, je le sais. Mais elle est trop importante pour ne pas consacrer le temps nécessaire à chaque étape.

jeudi 25 septembre 2008

Il est parti

Il est parti, hier, sous les regards silencieux. Toutes les larmes versées nous ont aidés à lui dire adieu, dans notre tête, dans notre corps. Un tout petit cercueil très simple, quelques roses déposées par ceux qui l'ont aimé avant même de pouvoir le connaître, son bracelet de naissance et puis quelques vêtements que l'on avait choisis pour lui l'ont accompagné.


Avant la cérémonie d'adieu, il y a eu la mise en bière. Instant très difficile que les retrouvailles avec ce petit corps inspecté sous toutes les coutures par des équipes médicales pendant une dizaine de jours depuis sa naissance. Mais passé l'effroi des premières secondes, quel soulagement de le retrouver un peu, même comme ça. On a réalisé que l'on attendait cela depuis toutes ces longues journées. C'était bon de le revoir, bon de le suivre sur la route, qu'il soit enfin là près de nous même pour quelques instants seulement.


Qu'est-ce qu'il était beau. Le nez de son père et les mains démesurées de sa mère. Il était beau comme le plus beau des cadeaux que l'on ait pu se faire l'un à l'autre. Il était beau comme le souffle de vie qui l'avait animé pendant tous ces mois dans mon ventre. Il était aussi beau qu'il était désiré.


Hier il a plu. Il a plu surtout sur le chemin vers le funérarium. Quand on est sortis de la cérémonie, le soleil a pointé un rayon vers nous.


Il fait beau, aujourd'hui.

lundi 22 septembre 2008

Merci

Pour tous les mots reçus ici, par email, par courrier, par téléphone ou de visu ; pour les pensées et le soutien, pour tout l'amour, la compassion, la compagnie, pour l'empathie ; pour l'aide et la présence offertes, pour les nouvelles prises, pour chaque geste vers nous.


Il n'y a certes pas de mots magiques pour enrayer la douleur, mais tout cela nous sauve du chaos qui règne en nos coeurs.

vendredi 19 septembre 2008

A toi

On avait imaginé plein de choses. On t'avait rêvé berger, batteur de jazz, sportif ou bien savant, beau et fier assurément, et puis tant d'autres choses inattendues. On t'attendait avec impatience maintenant, fébriles à l'idée d'enfin te tenir dans nos bras, de toucher ta peau, de nous perdre dans ton regard, de te caresser, te chatouiller, te porter, te regarder, te sentir, on attendait que tu entres dans notre vie de toute ta présence.


C'est par ton absence que tu y entres. On n'avait pas pensé cela possible. Notre rencontre a été éphémère, marquée par la douleur de l'adieu à te faire, déjà, avant même de pouvoir faire ta connaissance.


Tu es malgré tout entré dans notre famille, et tu resteras toujours notre fils aimé, attendu, désiré. Tu nous manques - et ton absence fera désormais partie de notre histoire. Avec le temps la blessure deviendra moins déchirante et cédera la place à tout l'amour que l'on a pour toi. Je t'ai porté dans mes entrailles, ton père dans ses espérances et l'on te portera toujours dans nos coeurs.


A Villequier

Maintenant que Paris, ses pavés et ses marbres,
Et sa brume et ses toits sont bien loin de mes yeux ;
Maintenant que je suis sous les branches des arbres,
Et que je puis songer à la beauté des cieux ;

Maintenant que du deuil qui m'a fait l'âme obscure
Je sors, pâle et vainqueur,
Et que je sens la paix de la grande nature
Qui m'entre dans le cœur ;

Maintenant que je puis, assis au bord des ondes,
Emu par ce superbe et tranquille horizon,
Examiner en moi les vérités profondes
Et regarder les fleurs qui sont dans le gazon ;

Maintenant, ô mon Dieu ! que j'ai ce calme sombre
De pouvoir désormais
Voir de mes yeux la pierre où je sais que dans l'ombre
Elle dort pour jamais ;

Maintenant qu'attendri par ces divins spectacles,
Plaines, forêts, rochers, vallons, fleuve argenté,
Voyant ma petitesse et voyant vos miracles,
Je reprends ma raison devant l'immensité ;

Je viens à vous, Seigneur, père auquel il faut croire ;
Je vous porte, apaisé,
Les morceaux de ce cœur tout plein de votre gloire
Que vous avez brisé ;

Je viens à vous, Seigneur ! confessant que vous êtes
Bon, clément, indulgent et doux, ô Dieu vivant !
Je conviens que vous seul savez ce que vous faites,
Et que l'homme n'est rien qu'un jonc qui tremble au vent ;

Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme
Ouvre le firmament ;
Et que ce qu'ici-bas nous prenons pour le terme
Est le commencement ;

Je conviens à genoux que vous seul, père auguste,
Possédez l'infini, le réel, l'absolu ;
Je conviens qu'il est bon, je conviens qu'il est juste
Que mon cœur ait saigné, puisque Dieu l'a voulu !

Je ne résiste plus à tout ce qui m'arrive
Par votre volonté.
L'âme de deuils en deuils, l'homme de rive en rive,
Roule à l'éternité.

Nous ne voyons jamais qu'un seul côté des choses ;
L'autre plonge en la nuit d'un mystère effrayant.
L'homme subit le joug sans connaître les causes.
Tout ce qu'il voit est court, inutile et fuyant.

Vous faites revenir toujours la solitude
Autour de tous ses pas.
Vous n'avez pas voulu qu'il eût la certitude
Ni la joie ici-bas !

Dès qu'il possède un bien, le sort le lui retire.
Rien ne lui fut donné, dans ses rapides jours,
Pour qu'il s'en puisse faire une demeure, et dire :
C'est ici ma maison, mon champ et mes amours !

Il doit voir peu de temps tout ce que ses yeux voient ;
Il vieillit sans soutiens.
Puisque ces choses sont, c'est qu'il faut qu'elles soient ;
J'en conviens, j'en conviens !

Le monde est sombre, ô Dieu ! l'immuable harmonie
Se compose des pleurs aussi bien que des chants ;
L'homme n'est qu'un atome en cette ombre infinie,
Nuit où montent les bons, où tombent les méchants.

Je sais que vous avez bien autre chose à faire
Que de nous plaindre tous,
Et qu'un enfant qui meurt, désespoir de sa mère,
Ne vous fait rien, à vous !

Je sais que le fruit tombe au vent qui le secoue,
Que l'oiseau perd sa plume et la fleur son parfum ;
Que la création est une grande roue
Qui ne peut se mouvoir sans écraser quelqu'un ;

Les mois, les jours, les flots des mers, les yeux qui pleurent,
Passent sous le ciel bleu ;
Il faut que l'herbe pousse et que les enfants meurent ;
Je le sais, ô mon Dieu !

Dans vos cieux, au-delà de la sphère des nues,
Au fond de cet azur immobile et dormant,
Peut-être faites-vous des choses inconnues
Où la douleur de l'homme entre comme élément.

Peut-être est-il utile à vos desseins sans nombre
Que des êtres charmants
S'en aillent, emportés par le tourbillon sombre
Des noirs événements.

Nos destins ténébreux vont sous des lois immenses
Que rien ne déconcerte et que rien n'attendrit.
Vous ne pouvez avoir de subites clémences
Qui dérangent le monde, ô Dieu, tranquille esprit !

Je vous supplie, ô Dieu ! de regarder mon âme,
Et de considérer
Qu'humble comme un enfant et doux comme une femme,
Je viens vous adorer !

Considérez encor que j'avais, dès l'aurore,
Travaillé, combattu, pensé, marché, lutté,
Expliquant la nature à l'homme qui l'ignore,
Eclairant toute chose avec votre clarté ;

Que j'avais, affrontant la haine et la colère,
Fait ma tâche ici-bas,
Que je ne pouvais pas m'attendre à ce salaire,
Que je ne pouvais pas

Prévoir que, vous aussi, sur ma tête qui ploie
Vous appesantiriez votre bras triomphant,
Et que, vous qui voyiez comme j'ai peu de joie,
Vous me reprendriez si vite mon enfant !

Qu'une âme ainsi frappée à se plaindre est sujette,
Que j'ai pu blasphémer,
Et vous jeter mes cris comme un enfant qui jette
Une pierre à la mer !

Considérez qu'on doute, ô mon Dieu ! quand on souffre,
Que l'œil qui pleure trop finit par s'aveugler,
Qu'un être que son deuil plonge au plus noir du gouffre,
Quand il ne vous voit plus, ne peut vous contempler,

Et qu'il ne se peut pas que l'homme, lorsqu'il sombre
Dans les afflictions,
Ait présente à l'esprit la sérénité sombre
Des constellations !

Aujourd'hui, moi qui fus faible comme une mère,
Je me courbe à vos pieds devant vos cieux ouverts.
Je me sens éclairé dans ma douleur amère
Par un meilleur regard jeté sur l'univers.

Seigneur, je reconnais que l'homme est en délire
S'il ose murmurer ;
Je cesse d'accuser, je cesse de maudire,
Mais laissez-moi pleurer !

Hélas ! laissez les pleurs couler de ma paupière,
Puisque vous avez fait les hommes pour cela !
Laissez-moi me pencher sur cette froide pierre
Et dire à mon enfant : Sens-tu que je suis là ?

Laissez-moi lui parler, incliné sur ses restes,
Le soir, quand tout se tait,
Comme si, dans sa nuit rouvrant ses yeux célestes,
Cet ange m'écoutait !

Hélas ! vers le passé tournant un œil d'envie,
Sans que rien ici-bas puisse m'en consoler,
Je regarde toujours ce moment de ma vie
Où je l'ai vue ouvrir son aile et s'envoler !

Je verrai cet instant jusqu'à ce que je meure,
L'instant, pleurs superflus !
Où je criai : L'enfant que j'avais tout à l'heure,
Quoi donc ! je ne l'ai plus !

Ne vous irritez pas que je sois de la sorte,
Ô mon Dieu ! cette plaie a si longtemps saigné !
L'angoisse dans mon âme est toujours la plus forte,
Et mon cœur est soumis, mais n'est pas résigné.

Ne vous irritez pas ! fronts que le deuil réclame,
Mortels sujets aux pleurs,
Il nous est malaisé de retirer notre âme
De ces grandes douleurs.

Voyez-vous, nos enfants nous sont bien nécessaires,
Seigneur ; quand on a vu dans sa vie, un matin,
Au milieu des ennuis, des peines, des misères,
Et de l'ombre que fait sur nous notre destin,

Apparaître un enfant, tête chère et sacrée,
Petit être joyeux,
Si beau, qu'on a cru voir s'ouvrir à son entrée
Une porte des cieux ;

Quand on a vu, seize ans, de cet autre soi-même
Croître la grâce aimable et la douce raison,
Lorsqu'on a reconnu que cet enfant qu'on aime
Fait le jour dans notre âme et dans notre maison,

Que c'est la seule joie ici-bas qui persiste
De tout ce qu'on rêva,
Considérez que c'est une chose bien triste
De le voir qui s'en va !

-- Victor Hugo, Les contemplations. Villequier, 4 septembre 1847.

lundi 8 septembre 2008

L'attente

J'ai lu, j'ai parlé, écouté, demandé, j'ai observé. J'ai ressenti, appris de moi et de lui. J'en ai compris que ça sera une expérience inattendue, dont on peut espérer bien des choses mais dont on ne peut en fait que tout ignorer avant qu'elle n'arrive. Que ça peut se passer de toutes les manières imaginables - et même au-delà de l'imagination, parfois. Souvent. Toujours ?


Un certain nombre de femmes en parlent comme d'"un mauvais moment à passer" mais je ne le vois pas comme ça. Pourquoi mauvais ? Pourquoi une grossesse réputée merveilleuse mènerait à un moment si détestable ? C'est un moment essentiel à passer, où tant de choses vont se passer, justement. Un moment à vivre pleinement parce que ça sera là, dans ce temps, que se passera la transition entre ma vie de jusqu'ici et celle d'après, et tout cela vaut bien que j'y consacre de l'énergie, de la concentration, de la volonté et tout le reste. Et tout ce que je pourrai y mettre, puisqu'à cet instant ma vie sera en train de changer. La sienne aussi d'ailleurs, et sans doute qu'il en fera autant de son côté. Ça sera notre moment à tous les deux, rien qu'à tous les deux, intégralement concentrés sur nous-même et sur l'autre, sur ce travail essentiel, vital que l'on va accomplir ensemble.


Je découvre, je comprends peu à peu pourquoi est-ce que depuis toujours je veux qu'il en soit ainsi. Pourquoi c'est si important pour moi, dans mon chemin personnel. Et bien que je ne sois pas toujours heureuse de toutes les étapes de ma vie, je suis par contre heureuse de ce que ça a engendré chez moi : cette volonté de faire de mon accouchement un événement grandiose, savoureux, de vie et de communication de la vie. Evidemment que j'ai le trac devant cet inconnu toujours relaté comme au-delà de l'imagination, mais je suis contente de savoir que je vais le vivre, bientôt, que je vais le partager avec ce petit bout d'homme qui grandit encore en moi pour quelques semaines, quelques jours ou quelques heures encore.


- - - - - - -


Beaucoup de mal à revenir m'exprimer en ce lieu, sans doute parce que beaucoup de choses ont déjà changé et que j'avais besoin d'autres choses, avant. Et puis une envie, ce matin. Pour la suite on verra ; je ne manque absolument pas de choses à dire, de tous ordres ; c'est où, quand et comment les dire qui ne me reviendra pas forcément. On verra bien. Et je dois répondre à tous vos commentaires depuis un bon mois...

mardi 20 mai 2008

Un peu de bien

Merci à tout le monde pour tous les gentils petits mots de ces derniers jours (semaines !). Je n'ai pas pris le temps de répondre mais j'ai tout lu au fur et à mesure, et ça m'a beaucoup touchée.


Oui, les nouvelles sont bonnes. D'abord, l'épisode précédent avait été causé par le stress professionnel, donc depuis je m'efforce vraiment d'apprendre à le gérer, à le laisser passer sur moi sans y laisser de trace, parce qu'à présent l'enjeu ne concerne pas que moi (qui m'en remettrais), mais aussi bon bout de chou en construction (pour qui ça serait moins sûr). C'est loin d'être gagné mais je fais tout mon possible, j'y consacre toute mon énergie.


Et le bout de chou en question, on a enfin pu faire sa connaissance de visu il y a une semaine. Ça sera un petit mec (ce qui signifie que ce test a donc fait erreur). Un parfait petit gaillard avec tous ses membres et tous ses organes, et apparemment très vif puisque depuis un moment maintenant il bouge tellement que non seulement je le sens très clairement mais mon mari aussi le sent, et on peut même le voir quand il tape vers la surface de mon ventre. On a une image de l'écho où il attrappe son pied avec sa main, un grand classique mais c'est tellement émouvant quand c'est le nôtre à soi qu'on voit faire ça.


Et non seulement il bouge, mais apparemment il réagit même à nos sollicitations : quand on fait une légère pression des doigts sur mon ventre il répond d'un petit coup au même endroit. Je me demande d'ailleurs comment ça fonctionne parce que, quand bien même il aurait un embryon de conscience (ce dont on ne sait rien, finalement), il ne peut avoir aucune conscience de l'existence d'un au-delà de ce monde monoplace dans lequel il est plongé, et encore moins d'un autre qui existerait dans cet au-delà, alors je me demande bien pourquoi il réagit, est-ce qu'il conçoit ça comme un stimulus et si oui de quel ordre, si ça l'amuse, si c'est un réflexe, si c'est une défense, ou tout autre chose ou bien tout à la fois.


Un étrange moment que cette échographie. Je sais bien que le job de ce spécialiste-là est de détecter toutes les malformations possibles et qu'il est donc focalisé là-dessus, mais quand c'en est au point de passer à côté de toute l'émotion que vivent les futurs parents au même moment, grâce à ce qu'il est en train de faire, je trouve ça vraiment dommage. Je sais bien qu'on ne l'a vu qu'une vingtaine de minutes, mais ce type qui était là à nous réciter qu'il pouvait y avoir plus de 500 malformations rien que pour le coeur du foetus, je suis sûre qu'il serait vachement plus profondément heureux s'il profitait ne serait-ce qu'un tout petit peu de la joie que son métier peut procurer aux gens, aussi, même en restant conscient que ce n'est pas ça le centre de sa tâche.


A part ça j'ai un mal de dos de tous les diables, ça, ça ne s'arrange pas. J'attendais avec impatience le 19 mai pour que la piscine du village d'à côté ouvre enfin ses portes pour la saison, mais il fait un tel temps de chien que je ne suis même pas allée voir si elle avait bel et bien ouvert, finalement. Mais j'ai hâte, je sens bien que ça me fera un bien fou.


En attendant, j'ai repris les balades, ce qui est bien agréable (et c'est fou toutes les orchidées que je n'avais pas vues autour de la maison, il y en a partout de plein de sortes) mais je commence à tourner un peu en rond. Heureusement que je peux reconduire sans crainte, maintenant que l'on a vérifié que tout allait bien, je vais pouvoir élargir un peu mon champ de marche. Mais ce n'est pas pour tout de suite.


Pour l'instant j'ai d'autres choses à faire, inattendues et professionnelles, qui m'obligent à me remettre à travailler pour les jours à venir, mais qui peuvent en valoir la chandelle... Ou bien non, on verra bien. Je pense que je garderai donc encore un silence quasi-complet pendant quelques temps, parce que j'ai la tête à trop de choses à la fois, et que je ne suis pas souvent d'humeur à venir écrire ici. Soit parce que je suis trop triste (j'ai de sacrées sautes d'humeur), soit parce que je suis trop occupée faire autre chose. Mais ça reviendra.

vendredi 9 mai 2008

Un peu de mal

Une bonne frayeur ces derniers jours. Ce week-end on a un peu baroudé, invités par ci par là, lundi et mardi j'ai fait mes 3h de trajet quotidien pour aller travailler, et puis mardi soir on est sortis avec un ami, on a bu un coup et dîné au restau... je ne sais pas très précisément ce qui a le plus joué là-dedans, mais le lendemain j'avais mal à l'utérus. Comme j'étais crevée, j'ai passé presque toute la journée à dormir, et puis en fin de journée, comme les douleurs ne passaient toujours pas, je suis allée marcher un peu. Ça s'est soulagé. Et puis c'est revenu pendant le trajet en voiture qui nous amenait chez nos amis, où l'on était invités le soir. En en discutant avec mon mari, il m'a conseillé de téléphoner à la sage-femme au cas où.


Et là, catastrophe : d'après ce que je lui raconte elle m'explique que ce sont des contractions, que ce n'est pas forcément grave mais que par contre c'est très sérieux, qu'il faut que je prenne du Spasfon et que je me coule un bain. Ne pouvant pas le faire puisque je ne suis pas chez moi, elle me conseille de passer à l'hôpital de la ville, qu'ils vérifieront ce qu'il se passe, et qu'au pire ils me garderont 48h sous perfusion de Spasfon. Panique, on file à l'hosto, je commence à être sérieusement terrorisée, je m'en veux à mort de ne pas avoir su détecter ça. Et pour couronner le tout à l'hôpital c'est du grand n'importe quoi. Les urgences maternité sont vides, alors on va jusqu'aux aux urgences normales, qui nous disent d'y retourner et de sonner à la porte. On sonne, on nous indique d'aller sur notre gauche (alors que dans l'entrée les urgences mat' sont indiquées à droite... à gauche c'est les urgences pédiatrie...), on entre dans la maternité (comme dans un moulin, on croise deux mecs un peu louches de je ne sais quel service qui se baladent alors qu'on passe devant des salles avec des couveuses...), on tombe sur une infirmière et on lui explique, elle nous répond que non non, il faut aller au service gynéco (c'est d'une logique imparable, bien sûr). On y va, on tombe sur une infirmière, qui nous explique tant bien que mal où est la salle des urgences gynéco, et nous annonce que l'obstétricien n'est pas disponible pour le moment parce qu'il en train de faire une césarienne... Bon. On va attendre devant la salle en question (franchement bien cachée), on attend on attend, toujours rien, j'angoisse à mort, ce qui n'arrange rien, je ne sais pas si je dois rester assise ou debout, je me sens toute contractée, je me retiens de pleurer tant bien que mal. Au bout d'un moment la dernière infirmière passe, nous voit et nous demande "Ben ? Il est toujours pas revenu ??
- Non.
- (...)
- Y'aurait pas moyen de voir quelqu'un d'autre ?
- Ben... qui donc ?
- Je sais pas moi, une sage femme par exemple.
- (l'air étonné) Ah non alors, les sages-femmes ne font pas ça !"

Bon bon. Je n'en peux plus, mon mari non plus, il sort rappeler à la sage-femme pour savoir ce qu'on doit faire, si l'on n'a pas une autre option que de rester là comme des cons dans cet endroit où je n'ai confiance en personne, je les vois déjà me faire toutes sortes d'examens inutiles et dangereux pour le bébé en me déclarant que c'est obligatoire, et finir par m'annoncer qu'on doit m'accoucher que ça sera mieux, et moi je n'ai pas confiance, je n'ai pas confiance, je veux rentrer à la maison, je repense au fait qu'initialement la SF m'avait juste dit de me plonger dans un bain, je veux rentrer chez moi et prendre un bain, et dormir contre mon chéri, à la maison, au calme, tranquilement, me reposer chez moi. La SF, apprenant que l'on n'a toujours pas été pris en charge est outrée, et nous conseille effectivement, si je me sens de rentrer (évidemment que je me sens ! Tout sauf continuer à attendre dans cet endroit infâme !), de le faire. Puis de me reposer absolument pendant 48h, sous Spasfon régulièrement, sans rien faire.


J'ai donc passé deux jours de repos complet, allongée à ne rien pouvoir faire de plus que me lever régulièrement pour aller faire pipi... parce que le bougre ne m'appuie pas moins sur la vessie pour autant. Hier les douleurs ont commencé à se calmer... pour être remplacées par des courbatures (ben oui, 48h à être contractés, les muscles, ça fait un sacré effort) et un mal de dos à m'empêcher de dormir. Et depuis cette nuit s'est ajouté à ça un mal aux fesses et aux épaules, qui deviennent elles-mêmes toutes tendues.


Je n'ose plus bouger, bien que j'aie moins mal, mais j'ai tellement peur que ça revienne. Je ne veux pas risquer d'accoucher maintenant, c'est vraiment beaucoup trop tôt ça serait l'horreur, mais en même temps c'est cette position couchée qui me fit si mal partout ailleurs, et puisle stress aussi, de ne pas sentir une réelle amélioration, que j'attendais plus rapide, plus franche. Là je n'ai plus vraiment mal (à part hier soir où j'ai eu une brève -mais intense- remontée), je crois que je n'ai plus de contractions (en tout cas rien de plus que les normales c'est-à-dire des légères de temps en temps), mais j'angoisse tellement que même les mouvements du bébé m'inquiètent, j'ai beau savoir que c'est lui ça me fait peur tout de même.


Et puis je voudrais que ça passe. Je ne veux pas non plus passer mes 5 prochains mois couchée, c'est l'horreur. Quand j'y pense, je sens bien à quels moments j'ai abusé, à quels moments je me suis forcée alors que je n'aurais pas dû, mais je n'ai tellement pas l'habitude que je ne m'en rends pas comtpe sur le coup. Déjà, je n'aurais pas dû faire tous ces kilomètres. Mais ça serait resté calme, je crois, si je n'avais pas reçu mardi une mauvaise nouvelle professionnelle. Une nouvelle qui m'a mis le moral complètement à zéro, qui m'a vraiment dégoûtée de continuer, qui m'a ôté tout espoir de trouver un travail pour l'an prochain. Et moi, parce que j'étais bloquée sur mon lieu de travail jusqu'au soir et parce que je ne voulais pas sombrer en larmes devant tout le monde (ni entendre des "Mais noooon... c'est pas si graaaave..."), j'ai pris sur moi. Même le soir j'ai dû en faire autant, parce qu'à peine rentrée du boulot on avait rendez-vous avec un ami et qu'on a passé la soirée à discuter de plein de choses passionnantes, mais pendant ce temps l'angoisse me dévorait de l'intérieur sans que je puisse l'extérioriser pour ne pas qu'elle s'installe. Ben c'était une belle connerie, puisque ça m'a tellement stressée, tellement tendue intérieurement, qu'évidemment cette tension s'est reportée sur l'utérus et les contractions ont commencé.


Et à présent je ne sais pas trop quoi faire pour bloquer ça. Relativiser ? Je veux bien, je ne demande que ça même, mais ce n'est vraiment pas simple de n'avoir absolument aucune idée de ce que pourra bien être ma vie d'ici à quelques mois. La seule chose dont je reste sûre, c'est mon mari, et c'est déjà pas si mal (en tout cas j'espère, parce que sinon...). A part ça, non seulement ma vie ma totalement changer parce que je vais être maman (enfin... si je ne gâche pas tout avec mon stress d'ici là), mais en plus je ne sais pas ce que je ferai ni où je serai. C'est vraiment pas facile de ne pas pouvoir du tout me projeter, de ne pas avoir la moindre idée, juste petit à petit de barrer des possibles, et qu'il en reste de moins en moins dans la liste, à part la dernière ligne : "Autre".


Ce matin je me disais que j'allais tenter de faire un billet positif avec tout ça. Ben c'est pas facile. C'est d'ailleurs sans trop de doutes pour ça que je ne suis toujours pas remise sur pieds. Il faut que j'accepte ça et que j'arrête de me cramponner à... à je ne sais quoi, à tout ce qui me retient. C'était quoi qui était mieux dans ma situation de l'an dernier par rapport à celle de cette année, hein ? Qu'est-ce que je pourrais bien regretter ? On se l'demande.


Pour fêter ça, je ferais volontiers ma petite sieste de 10h30... sauf que j'ai trop mal au dos :-/

mercredi 30 avril 2008

Impression corporelle

Hier pendant ma sieste j'ai senti un battement. Un peu comme j'aurais pu sentir le battement de mon coeur, sauf que c'était beaucoup plus rapide. Une fois chez l'acuponctrice j'avais senti quelque chose comme ça, elle m'avait expliqué que c'était l'un des autres flux énergétiques de mon corps, qu'il n'y avait pas que le coeur qui battait.


Mais là, je ne saurais pas expliquer pourquoi mais vu le rythme et la façon dont ça irradiait dans tout le corps à partir du ventre, j'avais la claire impression que c'étaient les battements du coeur du bébé que je sentais, comme s'il s'était placé dans une position dans laquelle mon corps qui faisait office de caisse de résonance de son flux d'énergie à lui.


C'est possible ça ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

lundi 21 avril 2008

Une affaire de poids

Hier matin je me suis pesée, la balance affichait 13 kg de plus qu'avant ma grossesse. En réalité c'est un peu moins (parce que j'étais (lourdement) habillée, mais tout de même, je continue à grossir, lentement mais sûrement.


Et puis hier soir, alors que j'étais en train de calculer diverses mesures pour un patron de pantalon, j'ai cherché par hasard sur le web si je trouvais quelque chose comme des mensurations moyennes de bidon de femme enceinte. Je n'ai pas trouvé... mais par contre j'ai trouvé pas mal de discussions de nanas qui se racontaient, en gros, des choses du genre "Houlala je suis à 7/8 mois, j'ai pris 13 kg, je n'arrive plus à me lever / à monter des escaliers / etc.".


Alors, je comprends mieux. Je comprends mieux pourquoi je me trouve si vite si fatiguée en ce moment... la grosse dizaine de kilos que j'ai pris, ça représente +20% de poids acquis en même pas 4 mois, c'est considérable et évidemment, puisque je les prends dans la situation toute particulière de la grossesse ma musculature ne se développe pas en conséquence : mon corps a d'autres choses à penser qu'à faire du muscle ces temps-ci.


L'autre jour en balade je me suis accroupie pour regarder un insecte dans une fleur de mésugue, et pas moyen de me redresser à la force de mes jambes. Hier soir je me suis installée par terre pour dessiner les pièces de mon patron de pantalon sur le tissu... et j'avais une de ces douleurs aux genoux ! Hé oui, je pèse beaucoup plus lourd que d'habitude, donc tout ça est parfaitement normal. Or j'avais tendance, avant d'y réfléchir en tenant compte de toutes les données, à trouver cela inquiétant : tout de même, qu'est-ce que je peux être fatiguée, ce n'est pas normal, je n'ai plus de tonus, plus de force... En réalité il n'en est rien : j'ai pris plus de 10 kg en quelques mois et donc, je pèse sacrément plus lourd et mon corps n'a pas eu le temps de s'adapter complètement à cela !



Je me demande un peu, au passage, comment les gros vivent cela au quotidien. Certes je ne pense pas que ça soit si fréquent que ça de prendre 10 kg en 3 mois dans une situation plus courante (i.e., en n'étant pas enceinte), mais tout de même ça doit être super dur de bouger un corps lourd dans toutes les situations du quotidien. Ne l'ayant jamais vécu, je ne m'étais jamais posé la question. Et quand je pense à toutes les fois où des gros déploraient ma "maigreur" en s'inquiétant du fait que je devais manquer de tonus, que je devais être fragile, avec presque une impression de danger à être si légère, je me rends compte à quel point au contraire c'est plus facile, moins fatiguant, plus tonique de se bouger quand on est léger. Oui j'enfonce une porte ouverte, mais c'est parce que je viens de la découvrir, et puis finalement ce n'est apparemment pas si évident que ça !

jeudi 17 avril 2008

Une chance sur deux

Qu'est-ce qu'on ferait pas pour s'occuper ;-)


D'après ça, ce serait une fille que j'attendrais... Hé dites, les déjà-mamans, est-ce que ça marche pour vous ? (ben quoi, on peut rigoler) Si je ne m'abuse, pour ma maman ça correspond...

mardi 8 avril 2008

On nous ment !!

Je suis un peu verte (mais soulagée, finalement). Je viens d'entendre à la radio, à l'instant, un petit passage à propos des maladies virales que les femmes enceintes peuvent transmettre à leurs bébés. Et de parler de la toxoplasmose (que l'on peut attrapper par les chats ou les viandes pas assez cuites), la rubéole (les fromages au lait cru), etc. Et là j'enrage !! Je suis immunisée à tout ça (tout sauf la listériose évidemment), et malgré tout on n'arrête pas de me dire de ne pas manger ci et ça. Ben mince alors ! Je savais qu'il ne fallait pas écouter ces choses-là et de me contenter de manger ce que je veux en veillant juste de ne pas faire d'excès, mais j'avais toujours une petite dose de culpabilité, alors que non, il n'y a aucune raison !


Oui parce que la viande crue je peux m'en passer sans problème, mais le fromage au lait cru... c'est un supplice...


Bon, je vais tout de même tâcher d'aller trouver des infos plus précises qu'un vague article de journal radio pour vérifier.

lundi 7 avril 2008

Toute vidée

J'entre dans ma 17e semaine. Normalement, je suis en plein 4e mois, je devrais pêter la forme et tout et tout. Ben... je crois que le boulot de ces dernières semaines a eu raison de toute cette énergie que je devrais avoir ! J'ai surtout besoin de repos, je passe des heures entières à ne rien faire, je dors, je reste sur le canapé au soleil, même pas envie de lire ni rien, juste me reposer, ne rien faire et n'avoir rien à faire. Quand je me bouge un peu ça va, je tiens le coup, mais dès que j'arrête je sens la fatigue qui revient... et le sommeil qui me reprend ! Je n'imagine même pas ce que ça aurait donné si je n'avais pas été censée être en super forme en ce moment.


Quand j'y pense, je pourrais faire des tas et des tas de choses. Ranger la maison. M'occuper du jardin, y'a du boulot aussi de ce côté-là. Aller me balader tant qu'il fait beau (il paraît qu'à partir de demain il va se remettre à pleuvoir). Lire, me coudre des vêtements (j'ai quelques idées), ou même écrire ici ou rattraper mon retard de lecture de blogs. Mais... pas moyen. Je suis simplement, complètement à court d'énergie. Je m'demande si je vais arriver à ne prendre qu'une seule semaine de vacances, une seconde ne serait vraiment pas du luxe (et quand je pense que je dis ça dès le premier jour de congé !! Ça promet).


Voilà. Après ce dur effort de rédaction ;-) je vais aller me reposer un peu au soleil, tiens.

mardi 1 avril 2008

Des news

Pour la première fois depuis des semaines, il fait beau, il fait chaud, et il n'y a pas de vent. Et pour la première fois depuis des semaines, j'ai une journée de repos.


Les plantes fleurissent, les feuilles se forment sur les arbres, les clairières et les bordures reverdissent. Les tiquent commencent à se pointer aussi... c'est ce que je déteste le plus en cette saison.


Mon ventre commence à s'arrondir sacrément. La semaine dernière j'ai fini par être réellement obligée de prendre une demi-heure entre midi et deux pour aller m'acheter deux pantalons à coupe spéciale "future maman" parce que je rentrais vraiment plus dans un seul de mes pantalons, et aucune ceinture ne voulait faire le tour de mon nouveau bidon pour les retenir...


J'ai pris une dizaine de kilos déjà. Dans les 3 premiers mois ?!?? Oui. Je les appelle "mes" kilos, parce que ce n'est évidemment pas du ventre que j'ai pris, c'est de tout le corps, et je les ai vus comme une constitution de réserves pour assurer le confort du p'tit lardon, et le mien aussi (vive la lutte nutritive anti-nausées... ça marche !). La plupart des gens qui me côtoient tombent des nues quand je leur annonce ces 10 kilos, qui passent presque inaperçus une fois mis à l'échelle de ma grande taille.


Et là mon corps commence réellement à changer de forme, avec ce bidon qui apparaît. Ça, ça fait tout bizarre. Je le vois qui bouge quand je marche, je le vois qui me cache la vue que j'ai du sol habituellement, je le sens quand je me blottis contre mon mari, il est déjà omniprésent. Je suis contente qu'il soit là parce que je sais ce qu'il y a dedans, mais je pense que je ne serai pas mécontente une fois que j'aurai récupéré mes formes rien qu'à moi ! (quoi que je garderais volontiers la poitrine, si on peut choisir... ;-))


Samedi, pour la toute première fois depuis que l'on a quitté la ville (ça fait houlà dans les 8 ans), on a reçu une visite surprise d'amis. Qu'est-ce que c'était bien ! Ça m'a énormément touchée. J'espère que ça se reproduira. Et j'espère aussi que les prochaines fois, je ne serai pas en plein en train de boucler mes dossiers de candidature juste à ce moment-là... ça m'aidera à être plus présente, plus consacrée à mes amis, à profiter plusse de leur présence comme d'un précieux cadeau offert juste pour le plaisir.

mercredi 12 mars 2008

Nouvelles en vrac

J'ai été absente un long moment d'ici. Je n'ai pas publié de billet, je n'ai pas lu mes blogs favoris, et je n'ai même pas réussi à prendre le temps de répondre ni aux commentaires ici, ni même aux emails amicaux reçus.


Je n'ai pas arrêté de travailler pendant 3 semaines en continu, le jour, le soir et le week-end. J'ai passé mes deux auditions au CNRS, c'était très important, l'enjeu était largement de taille. J'ai aussi vu paraître la liste des postes de maîtres de conférence mis au concours cette année, il n'y en a vraiment pas beaucoup dans ma section, et aucun qui soit vraiment dans mon profil.


J'ai tout de même croisé quelques orchidées autour de la maison comme l'atteste la photo de mon dernier billet. Rien de bien extraordinaire, des Barlia, il y en a vraiment partout pour peu que l'on s'éloigne un poil des vignes et que l'on prenne le temps d'observer où l'on met les pieds. Encore plus de rosettes en cours de pousse, ce n'est que le début. Ça signe l'ouverture de la saison des orchidées sauvages, alors je trépigne d'impatience d'aller en chercher partout, de retrouver les sites que je connais et d'en découvrir d'autres. En ce moment il y a aussi des Ophrys Lupercalis apparemment, je voudrais en trouver, je n'en ai jamais vues. Et ensuite ça sera le début de l'explosion, fin mars, avril, jusqu'en mai ici.


Il a plu ces derniers jours, ce qui m'a bien aidée à me concentrer sur mon travail. Et puis ça a fait du bien à la terre, même si ce n'est pas idéal, c'est mieux que le rien du tout de ces derniers mois.


Le prunier a presque fini sa floraison. Déjà... Heureusement j'avais pris 5mn pour en faire quelques photos, c'est tellement beau. Et ça embaume le jardin d'une senteur de miel, et on entend les abeilles s'afférer tout partout, c'est une période que j'adore.


Ma jonquille a fleuri aussi, il faut que la prenne en photo, je ne l'ai aps encore fait. Je ne sais pas ce que c'est comme espèce, elle n'est pas comme les autres jonquilles que je connais.


Et puis nous avons rencontré notre sage-femme aussi. C'était une rencontre assez incroyable, tellement simple et tellement évidente. C'est si rare de rencontrer des gens comme ça, avec qui l'on a plein d'idées communes, que l'on n'en revenait pas. C'est très chouette, j'ai une absolue confiance en elle, donc sur ce plan-là tout va bien.


Et puis mon ventre commence un tout petit peu à s'arrondir. C'est très léger, mais mon cher et tendre et moi-même on s'en rend bien compte. Et tout le monde me dit que j'ai une super bonne mine, ça change de ces regards affligés que j'ai toujours sentis sur moi parce que j'étais trop maigre selon leurs critères et que j'avais des cernes tracées à la truelle. Alors je découvre, notamment, et avec un grand amusement, comment les commerçants alimentaires parlent aux gens qui ont l'air gourmand: Et vous reprendrez bien un peu de ça ? Et un dessert, vous voulez un dessert ? Et si je vous proposais un [XX] maison, qu'est-ce que vous en diriez ? C'est très drôle (et la plupart du temps je dis oui ;-))


Mes énervements se sont également un peu calmés, je crois que j'apprends doucement à faire avec surtout. Ça me remue moins.


J'ai bien envie d'aller faire une petite balade orchidophile aujourd'hui, maintenant que j'ai un peu le temps. Le temps n'est pas génial, mais je me dis que ça me ferait du bien. Je vais commencer par une petite sieste, et puis on verra bien. Ah, c'que c'est bon de se reposer un peu !


Bientôt je mettrai des photos ici, j'en ai quelques-unes à mettre :-)


Si si, j'ai bien dit "bientôt", c'est promis.

jeudi 7 février 2008

Tout va très bien madame la marquise

Pourtant, il faut, il faut que je vous dise,
Je déplore un tout petit rien :
Un incident, une bêtise,
Les nerfs en vrac je fais des crises,
Mais, à part ça, Madame la Marquise
Tout va très bien, tout va très bien.


Ben oui. Tout va bien, même si c'est tellement étrange que ce n'est pas toujours facile d'accepter tous les changements que je n'ai pas demandés, même si parfois, déjà !, je voudrais retrouver mon corps et mes sensations d'avant. Mais tout va bien, tout va bien.


Le seul truc qui me chiffonne c'est que je fais des crises de nerfs pour un oui ou pour un non. Le moindre petit événement un tant soit peu contrariant et j'explose. Suivant les circonstances je pleure, je crie, je tape (ou les trois !). Je ne savais pas que je contenais toute cette violence et c'est assez effrayant. Comme si ça ne pouvait pas venir de moi - mais ça ne peut pas venir de l'autre non plus, encore moins !


Il ne se passe pas un jour sans que je subisse un de ces séismes intérieurs. Je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour m'en empêcher, pour limiter, pour me calmer, mais je n'arrive pas à éviter de m'énerver pour un rien. J'ai cassé mon aspirateur parce qu'il se bouchait tout le temps, j'ai pleuré toutes les larmes de mon corps parce que mes endives braisées étaient un peu trop salées, j'ai hurlé tout ce que savais sur le chien parce qu'il réclamait sa gamelle. Je ne le maitrise pas ; j'essaie, mais je n'y arrive pas. Je parviens à limiter ces crises quand je suis en présence de personnes, mais c'est très, très difficile.


Et là où c'est le plus difficile, c'est que mon mari ne le comprend pas. Il me répète que je dois faire des efforts et que c'est à cause de l'arrêt de la cigarette, alors j'essaie de lui expliquer que ce n'est pas ça et que ce n'est pas si simple, mais il ne comprend pas. J'ai beau essayer de lui expliquer que la grossesse n'a pas que des conséquences physiques sur moi, toutes mes tentatives en ce sens se perdent dans le gouffre sans fond de... de je ne sais quoi. De son refus de m'écouter, de me croire ? C'est ce que je ressens, mais je sais bien que ce n'est pas le cas, en vrai. Et ça m'énerve... et tiens, je vois que la boucle est bouclée, là ;-)