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vendredi 1 juin 2007

Le male de la rondibelle

Alors que chez Obni l'on fait des rondibelles
Dont le but avoué est de faire rimer
En deux alexandrins, le prénom d'une belle
Avec une recette dont elle a le secret,


Je vous propose ici, pour venger cet affront
(Et sur l'idée d'Obni comme un alter-ego),
Que l'on se livre à notre tour, pour les garçons,
Au jeu sexiste inverse, avec des rondibeaux :


En place du prénom de notre gente dame
On donnera celui d'un homme, et avec lui
L'on pourra faire rimer pour une farce infâme
D'un doux cliché viril, le nom d'un bon outil.



Exemples de rondibelles empruntés chez Obni (Ben voilà que je fais des alexandrins même sans le vouloir, maintenant !) :


Depuis que je connais la pétulante Anna
Je dévore, je finis, toute sa paella. (obni)

Au détour d'un chemin, je vis la Léontine,
Réputée à neuf lieues pour ses pommes dauphines. (Bbsato)

Poulets et curés déjeûnent chez soeur Marie
Depuis qu'elle sait faire le poulet au curry (claudune)


Deux rondibeaux, maintenant :


Jamais je n'ai cessé d'admirer le Pierrot :
Que de choses fait-il avecques son marteau !


Dans tout le haut pays l'on contait que Didier
Son âme aurait vendue pour un fer à souder


A vous maintenant, si le cœur vous en dit !


jeudi 24 mai 2007

[47] Mettre mes compétences de linguiste au service de mes convictions

Dans la perspective de ce point-là de ma liste des 101, en faisant le tour des différentes revues de linguistique que j'ai pu trouver, je suis tombée sur ça :



Language & Ecology is an online journal focusing on critical analysis of discourses implicated in environmental destruction, and exploration of alternative discourses and their potential to contribute to ecological sustainability. The journal also publishes articles which explore the application of ecolinguistics to Education for Sustainable Development.

Mhhhh, à creuser tout ça... c'est pas exactement dans ma branche directe mais je pourrais commencer par voir ce qui y a été fait. En tout cas c'est dingue, je n'imaginais pas une seule seconde qu'une revue puisse exister sur la question !


jeudi 8 mars 2007

Esope

La langue est la meilleure et la pire des choses.

vendredi 2 février 2007

égrégore mental

Koldo, dans un commentaire de mon billet intitulé "De la féminité" a dit (entre autres choses !):


Donc voilà, voir pour ce qu'il est l'égrégore mental qu'on appelle "son corps" (et les autres, et toutes les prises de tête qui vont avec), et revenir à ce qu'on ressent.

Mais qu'est-ce que c'est-t-il donc qu'un égrégore, cré nom de nom?, me suis-je écriée à la lecture de cette phrase. Alors, comme je suis une grande curieuse (qui plus est doublée d'une bloggueuse à présent), je ne résiste pas à la tentation de donner ici la définition que j'ai trouvée de ce terme ésotérique (hé oui, parce qu'il s'agit bien d'un terme ésotérique - peut-être que ceci explique cela), figurant tout simplement dans la Wikipédia. Je vous le donne en mille:


Égrégore (du grec égrêgorein / egregoros qui signifie : veiller / veilleur) a deux sens, il s'agit d'une part du nom d'un ange présent sur le mont Hermon dans les légendes juives, et d'autre part d'un concept ésotérique dont la définition approximative est celle d'"être collectif".

Selon le Livre d'Énoch, ce sont des Anges qui s'unirent aux filles de Seth, lesquelles engendrèrent des géants. Ils sont ainsi appelés parce qu'ils s'établirent sur le mont Hermon et jurèrent d'y veiller jusqu'à ce qu'ils eussent possédés les filles des hommes.

Cette dernière notion fut introduite dans l'occultisme par Stanislas de Guaita. Le terme désignait alors l'idée de la "personnification" de forces physiques ou psychophysiques non surnaturelles. Le mot est souvent aussi synonyme de forme-pensée.

Selon Robert Ambelain, "On donne le nom d'égrégore à une force engendrée par un puissant courant spirituel et alimentée ensuite à intervalles réguliers, selon un rythme en harmonie avec la Vie universelle du Cosmos, ou à une réunion d'entités unies par un caractère commun. Dans l'invisible hors de la perception physique de l'homme, existent des êtres artificiels, engendrés par la dévotion, l'enthousiasme, le fanatisme, qu'on nomme des égrégores."

Vous voilà maintenant préviendus (et par là même culturés, que dis-je, culturifiés).


samedi 6 janvier 2007

Les 606 saucisses de l'archiduchesse sachant chasser sans son chien

En flânant de lien en lien, je suis arrivée sur une page qui recense toute une liste de virelangues. Dans la liste j'ai retrouvé un truc dont je croyais, petite, que mon pére était l'auteur, parce que je n'avais jamais rencontré quelqu'un qui connaisse ça:
Quand un gendarme rit dans la gendarmerie,
tous les gendarmes rient dans la gendarmerie.

Il me l'avait dite un jour en passant en voiture devant une gendarmerie à l'entrée de Hyères, je n'ai jamais oublié. Il y a quelques mois je suis par hasard repassée devant cette même gendarmerie, j'y pensais encore.

J'en ai aussi retrouvé un autre, dont je ne connaissais pas la "version complète":
Tatie, ton thé t'a-t-il ôté ta toux,
disait la tortue au tatou.
Mais pas du tout, dit le tatou,
Je tousse tant que l'on m'entend
de Tahiti à Tombouctou.

Et puis un dernier pour la route. Je me souviens clairement du texte de cette chansonnette, mais plus du tout de son air:
Buvons un coup ma serpette est perdue, mais le manche, mais le manche ...
Buvons un coup ma serpette est perdue, mais le manche est revenu!

(On répète ces phrases à chaque fois en changeant toutes les voyelles en "a", puis en "e", puis en "i", etc.)

Les virelangues (tongue-twisters) c'est drôle aussi en hollandais:
Zou me zo een zorg zijn zou mijn zuster sientje zeggen als ze zondagsmorgens zonder centen kwam te zitten

En africaans:
Die duiwel druk die domme donkie dwarsdeur die driedubbele doringdraad, dat die domme donkie dwarsdeur die driedubbele doringdraad dwars draai.

En breton:
C’hwec’h merc’h gwerc’h war c’hwec’h marc’h kalloc’h o tougen c’hwec’h sac’h kerc’h.

En basque:
Ikusi xut aker oker, adar makar okerrik; baia etxut ikusi Lakarreko aker-oker adar-makerra bezain ederrik.

En catalan:
Com a ploure, prou que plou, Pau, però plou poc.

En danois:
Da de hvide kom til de vilde, ville de vilde vide hvad de hvide ville de vilde.

En créole haïtien:
Sèt tèt chat nan chak sak.

En gascon:
Tap tarat taparà, tap pas tarat taparà pas.

En guarani:
à aha ya ha à ha ya à

En portuguais:
Compadre compre pouca capa parda porque quem pouca capa parda compra pouca capa parda gasta. Eu pouca capa parda comprei e pouca capa parda gastei.

En espagnol:
Tres tristes tigres tragaban trigo en un trigal.

Et en zulu:
Ingqeqebulane yaqaqela uqhoqhoqho, uqhoqhoqho waqaqela iqaqa, iqaqa laqalaza.

lundi 13 novembre 2006

Jean Sur

Intervenir ? Et si ça tournait mal ? Mais comment cela pourrait-il bien tourner si on laisse ces jeunes aussi affreusement seuls, si on les abandonne à tous ces mots creux ? Une seule question, une seule angoisse. Y a-t-il encore assez de responsables pour vouloir que ça se passe bien ? Pour mettre de côté les tactiques, les avancements, les ambitions ? Je n'en suis pas sûr. Je n'en suis pas sûr du tout. Et puis, s'il n'y avait que les quartiers… De quoi ils sont le signe, il faudrait un Hypermarché pour le raconter. J'en étais à me demander par quel bout commencer quand un ami formateur m'appelle, tout remué. Il sort d'une session. Il est en train de développer une idée quand un stagiaire l'interrompt poliment et lui dit son étonnement de l'entendre employer des mots comme en effet, parce que, pourtant, donc, etc. Les autres sourient : ils se posaient aussi la question. Un formateur en communication leur a expliqué que ces mots-là ne servent à rien, qu'ils sont l'échafaudage qu'on retire quand la maison est construite, que ce sont de simples chevilles, qu'ils gâchent un discours, qu'il faut les éviter. Je ne ris pas, vous savez. Je ne mens pas. Ils ont dit ça. Et mieux même. Puisqu'on en était à se parler, une autre stagiaire, elle aussi, s'est étonnée. Non seulement cet ami emploie des donc et des en effet, mais il lui arrive de se servir de tournures négatives. " Jamais de négation, a dit le communicateur, ça casse une image, la négation. Rien que de l'affirmation. Être positif. Toujours positif. " Je vais dire les choses calmement. Ça, la plupart des tyrans du XXe siècle ne l'ont pas fait. Ils ont bourré le crâne des gens avec leurs âneries, ils leur ont fait brailler des slogans, chanter des inepties : la structure de la langue, ils ne l'ont jamais touchée. Ils n'ont jamais osé, ils n'ont même jamais songé y toucher. Seul le nazisme, que les démocrates mondialisés s'en souviennent, s'en est pris à la syntaxe et au lexique. Qu'on n'oublie jamais cela dans les entreprises, dans ces belles entreprises avec lesquelles nous sommes si gentiment réconciliés et où, la langue, on la sabote systématiquement, on l'attouche, on la viole. Où les excellents patrons humanistes payent grassement des saboteurs incultes que les excellents syndicalistes humanistes, l'air bonasse, regardent faire. Pourquoi n'interdirait-on pas aux gens d'articuler leur pensée et de dire non ? Chacun son idée et la course au fric pour tout le monde, c'est pas ça la liberté des veaux ? Et puis, qu'est-ce que ça change à la production, à la consommation, à la négociation ? Ce n'est rien, c'est pour rire, c'est la mode. " Vous dites que ça fait une pensée de pantin, avec des jambes sans genoux et des bras sans coudes ? Qu'est-ce que vous avez contre les pantins ? Nous sommes tous des pantins, mon pauvre vieux. Vous aussi. Excusez-moi. Un client. " Désarticuler les gens et les rendre incapables de refuser, ça s'appelle comment ? Les Droits de l'homme, ils roupillent ? Vous savez ce qu'on fait, vous savez ce qu'on devient quand on n'a plus le droit ni d'articuler ni de refuser ? On branle des mots au hasard. On devient une lavette, une lavette citoyenne. " Au début du siècle numéro 21, la civilisation occidentale s'était essentiellement consacrée à la production de lavettes citoyennes. " Je raconte ça à des gens. Ils ne réalisent pas. Ils croient que j'exagère. Que le plancher soit à ce point pourri, que les termites bouffent les meubles de famille, ils ne peuvent pas imaginer, ils ne veulent pas imaginer. L'amiante mentale, ils ne voient vraiment pas ce que ça peut être. Bruno Frappat rigole : il pense que c'est mon côté 68, il trouve ça sympa. Jean-Pierre Chevènement dit que je suis un original. Quelques formateurs savent, eux. Les grosses saletés, au début, il n'y a toujours que quelques types qui en parlent. Bien sûr que les banlieues, en un sens, sont une question annexe ! Mais ni les gars des banlieues ni les gars des entreprises ne sont des questions annexes. Il ne faut pas les laisser seuls.

Jean Sur, Le marché de Résurgences (XXVIII).