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mardi 5 février 2008

Question bibliographique

Je n'ai pas vraiment envie d'acheter 10 000 bouquins sur la question, juste ce qu'il faut - quoi que la notion de falloir reste toute relative...


J'ai déjà commandé Vivre sa grossesse et son accouchement d'Isabelle Brabant. Apparemment, s'il y en avait un d'absolument indispensable c'était unanimement celui-là, alors je l'attends (et c'est long !!).


Mais je me demande si je ne ferais pas bien d'en acheter un second, en plus. Pour avoir des compléments d'info ? Par curiosité ? ... En tout cas ce matin j'ai entendu dire que le gros J'attends un enfant de Laurence Pernoud (cf. une présentation) était la bible des femmes enceintes qui se le refilent de mère en fille et qui est réactualisé chaque année...


Est-ce que certaines d'entre vous l'ont eu entre les mains ? Est-ce qu'il est bien ? Ce qui me fait un peu hésiter c'est qu'il a été rédigé par des tas et des tas de médecins... donc j'ai peur que ça soit comme les infos mainstream que l'on trouve partout et qui n'informent de rien, faites attention à ci, ne faites pas ça, surveillez tel truc, etc.

vendredi 1 février 2008

Un pas de côté

Moi je pensais à Un pas de côté quand Yves évoquait un album de Gébé des années 70. Mais point du tout : celui-là est le dernier sorti avant son décès, en 2002. L'album dont Yves voulait parler, je pense !, devait être L'an 01, paru dans les années 70, et dont Zig & Puce avaient parlé il y a peu d'ailleurs ! Alors j'en profite.



Mais admettez qu'il y avait de quoi confondre, tout de même...



Merci à la Compagnie un pas de côté pour les images !



Et puis j'ai retrouvé ça aussi, sur OPLF, publié par YanouWeb il y a... pfff, un an et demi déjà :


Sans douleur

Et si au lieu de faire un pas en avant, comme le demandent les tacticiens de la Société Nouvelle, nous faisions un pas sur le côté ?
– Les queues ne tomberaient plus en face des guichets.
– Les fusils tomberaient à côté des recrues.
– Les usagers du petit matin ne tomberaient plus en face des portières de train, des portières de bus, des entrées de métro.
– Ceux qui par manque de pot, le pas exécuté, se trouveraient en face de la portière, une fois arrivés au boulot pourraient retenter leur chance et là, à tout les coups c’est bon. Un pas de côté et tu t’assoies à côté de ta chaise de bureau. À la chaîne tu n’es plus en face des trous, tu boulonnes dans le vide.
– Au comptoir tu bois dans le verre du voisin. Pas grave !
– Au cinéma tu n’es plus en face de la caisse, tu entres sans payer. Au poil !
– Et pour danser ça ne gène pas, il suffît de faire ensemble le pas du même côté.
– Sur le chantier, un pas de côté et tu montes le mur à la place de la fenêtre. Mais regarde avant si l’échafaudage est assez long. Va pas mettre le pied dans le vide !
Car moi le sang me fait pas bicher.
C’est pour ça que je cherche des trucs.
Des trucs pour sortir de l’ornière, pour sortir des rails.
SANS DOULEUR !

Par exemple, échanger les appartements, échanger les maisons, échanger les autos, pour commencer. Et puis échanger les pays.
Exode pacifique et permanent : les Italiens en Turquie, les Français en Suède, les Espagnols en Allemagne et puis les Turcs partout, les Italiens partout, les Espagnols partout. Tous les peuples brassés. Un seul champ, une seule culture, une même nourriture, une seule langue. Va pour l’anglais.
C’est de l’utopie, ça, hein !
Il en faut. L’utopie ça réduit à la cuisson, c’est pourquoi il en faut énormément au départ. Alors, on continue.

Le goût de régner se perdrait. Les maîtres, les tyrans, les hommes à poigne n’auraient que du sable à saisir dans leur poigne. Et leur poigne mollirait. Et ils prendraient la route, nomades parmi les nomades.
D’un côté on nous tend les armes de la production, de l’autre les armes de la révolte, d’une manière de plus en plus pressante. Un jour proche il faudra choisir. Dépêchons-nous pendant qu’il est encore temps de nous trouver de bonnes raisons de refuser ce choix. Mettons-nous en marche pour couper court à tout.
Ni la fuite ni le recroquevillement, le mouvement.
La liberté ce n’est pas se ranger sous une allégorie de la liberté, c’est se sentir libre.
L’imagination qui appelle aux armes ou qui appelle à l’ordre n’est qu’une imposture.
L’imagination appelle à l’imagination.
Allez ! On continue.

Par exemple, comment faire craquer les prisons ? En y allant tous.
Décider d’un jour d’ivresse nationale.
Décider d’un jour d’attentat général à la pudeur.
Décider d’un jour de pillage. Tous pris la main dans le sac, qui pour une tomate à l’étalage, qui pour un rouge à lèvres au Prisunic. Geste ostensible. Si pas pris, se dénoncer. Si pas coffré, gueuler jusqu’à l’être. Des millions en prison, plus de prisons ! Dans l’allégresse, mes amis. Pourquoi la révolution ? La kermesse ! Et surtout, pas héroïque ! Ni lâche, ni veule, ni trop prudente non plus, mais irrésistible, entraînante, majestueuse, inventive et lyrique – c’est-à-dire, accompagnée à la lyre.

Par exemple, est-ce que vous n’aimeriez pas aller en Chine ? Et croiser les Chinois en un lieu dit "Tchécoslovaquie" ? (les Chinois marchent plus vite que nous.)
En arrivant sur les bords de la Seine, les Chinois trouveraient un monsieur en chapeau haut de forme et gros sourcils qui les accueillerait par ces mots : "Nous ne sommes pas le pays des répressions violentes, mais nous sommes le pays de la fermeté !" Comme, au passage, nous aurions fait aux Chinois l’imitation de Pompidou, les Chinois en riraient encore en foulant le sol d’Irlande et à Belfast en liesse. Pompidou serait le clou de l’Opéra de Pékin ambulant.
Mais, peu à peu, les vedettes perdraient de leur éclat. Pas étouffées mais égalées. Tous Mao en Chine. Tous Gandhi aux Indes. Tous papes à Rome. Tous rois à la Nouvelle Orléans. Parce qu’il faudrait s’y mettre, à penser tout bas, tout bas et à faire de la musique !

On a sonné, je vais ouvrir, c’est le facteur.
Evidemment, il y a plus d’utopie à l’imaginer avec une trompette qu’avec un fusil.
On parle un peu. Il est trompette dans l’harmonie municipale !
On parle encore. Il fait un pas à gauche, moi à droite, il prend mon verre, moi le sien, nous trinquons !
Partir ? Il est prêt ! "Toute une vie distribuer des écrits sans importance, c’est pas une vie ! Et au bout ? Une retraite de quoi pas mourir de faim. Allez ! Allez ! Oublier tout ça ! Repartir à zéro. Se refaire une grande vie d’homme libre, oui ! UN GRAND MOIS ENTIER !
Un petit appartement pas loin de la plage, sur la Costa Brava, tout compris, pas de soucis à se faire, l’Espagne c’est encore abordable, j’ai loué, j’ai retenu, le 30 au soir je mets tout le monde dans la voiture, la femme, les gosses, et les bagages et en route, bon, je ne m’ennuie pas, à la prochaine…"

La lettre, je l’ouvre, c’est un prospectus : "un superbe volume gratuit… le reste en quinze mensualités… sans obligation d’achat…"
AUX ARMES !
Non Non ! Cherchons encore.

mercredi 24 octobre 2007

Ma lecture de Femmes qui courent avec les loups

Clarissa Pinkola Estés, 2001, Femmes qui courent avec les loups, Paris : Le livre de poche, 763 pages.



Je n'ai pas beaucoup accroché au premier chapitre, j'ai par contre beaucoup aimé le second, et puis j'ai lu, j'ai lu... au bout d'environ 150 pages le livre me donnait l'impression d'un ensemble de notes qu'elle avait prises pour sa thèse mais n'a pas pu intégrer telles quelles dans le manuscrit et a finalement ressorties comme ça, à peine organisées en tentant de lier les paragraphes les uns aux autres tant bien que mal.


J'en suis à 450 pages et cette même impression est toujours présente. L'idée est intéressante, il y a des passages très touchants, très remuants parfois, mais il me faut lire 100 pages pour trouver un paragraphe qui m'émeut. A tel point que j'en ai un peu marre, je lis à reculons (ça fait tout de même un sacré bout de temps que je l'ai commencé !). Je voudrais arrêter mais je n'aime pas arrêter une lecture en cours. Je me force un peu, et toutes les 100 pages, quand je tombe sur le paragraphe émouvant je pense que j'ai bien fait. Mais le reste du temps je m'ennuie. J'ai l'impression de relire 1000 fois la même chose.


A mon avis ce livre aurait pu très facilement (et beaucoup plus heureusement) être torché en 200 pages. Tout le reste n'est qu'enfonçage de clou. Et puis, il y a un truc qui me bloque là-dedans, c'est ce côté absolument, systématiquement, à tout prix et quelle que soit la question, féministe. A tort et à travers, tout est féminisme absolu dans ce livre, et j'ai beau moi-même l'être fondamentalement, là j'en fais une overdose.


En fait, je dirais qu'à mon goût ce livre est trop : trop long, trop répétitif, trop féministe, trop monothématique, trop monocorde aussi, la forme est toujours la même d'un chapitre à l'autre et l'on s'en lasse.


C'est dommage. Je ne sais vraiment pas si je vais continuer à le lire, parce que j'ai L'élégance du hérisson qui m'attend, qui me fait des clins de couverture à chaque fois que je lui passe devant, et franchement je me laisserais volontiers tenter...

La nuque

Dimanche après-midi, un peu de lecture avec ma mère : quelques pages de Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi de Michel Odoul.



Après avoir passé les diverses douleurs récurrentes de ma mère, après avoir bien ri sur les curieuses coïncidences et la façon dont ce que je lisais était parlant, révélateur, évident même, on est passées à mes douleurs à moi. J'ai cherché la nuque. La nuque, c'est quand on a envie de faire quelque chose mais que l'on ne passe pas à l'acte, parce que l'on ne s'en sent pas capable.


Tiens donc.



Moins drôle mais très révélateur, j'ai commencé à avoir mal à la nuque une fois mon audition à Bordeaux passée. Celle où j'ai échoué contre toute attente, celle où tout le monde me voyait gagnante haut la main. Celle où je ne suis pas censée être responsable de ce qui s'est passé, celle où je devrais en vouloir aux autres, à l'extérieur (et avoir mal aux épaules, avoir des manifestations cutanées sur plexus solaire ou que sais-je). Ben non, j'ai mal à la nuque, ce qui veut dire que je m'en sens responsable. Alors ça.



Et puis le passage sur le torticolis, qui dit que l'on se refuse de dire non. Exactement ça.


Par contre j'ai beaucoup moins mal à la nuque depuis quelques semaines. Depuis que j'ai recommencé à travailler ? Apparemment.

samedi 20 octobre 2007

Cadeau !

En général c'est *pas bien* de donner un cadeau qu'on a reçu. Oui mais, là c'est un cadeau si joli qu'il est fait pour être redistribué, et puis il se multiplie au fur et à mesure.


Alors le voilà, je l'ai trouvé linké chez Anna mais il vient initialement de Télérama, c'est un petit extrait de lecture de Daniel Pennac, un vrai plaisir qu'on en mangerait, que ça fait des frissons partout quand on voit la scène parce que oui on la voit clairement alors même qu'on est là en train de regarder la vidéo sur internet d'un type qui lit une partie de son bouquin, et plus on écoute et plus on entre dans la scène qui prend forme, tous les détails, ce qui a été lu plus haut, ce qui n'a pas été précisé mais que l'on voit quand-même. Bref c'est une lecture comme je les aime et comme elles sont tellement rares !








Des fois, je me demande pourquoi j'ai aimé lire, pourquoi je suis toujours touchée par Daniel Pennac. Mais là, la question ne se pose même plus !

dimanche 30 septembre 2007

La femme squelette

Il me travaille, ce bouquin. Je vois bien que mes rêves sont empreints de l'acceptation lente de ce que j'y lis et qui déchire mon regard dans mes journées, qu'ils expriment avec leurs cris propres ce que je n'ose faire éveillée. Ces jours-ci c'est La femme squelette qui retient mon attention (voir ici). En voici deux extraits qui m'ont particulièrement marquée.


Dame Mort poursuit l'homme sur l'eau et sur la terre ferme, elle franchit la frontière entre l'inconscient et la masse solide, consciente, de l'esprit. La psyché consciente se rend compte de ce qu'elle a pêché et tente désespérément de le semer. Nous faisons cela sans arrêt dans notre vie. Quelque chose de terrifiant commence à émerger. Nous n'y prêtons pas attention et nous continuons à mouliner, pensant qu'il s'agit d'une prise. C'est un trésor, certes, pas du type que nous avions imaginé, mais plutôt du genre qu'on nous a malheureusement appris à craindre. Nous essayons alors de nous enfuir ou de le rejeter, ou de l'embellir, en faisant comme s'il s'agissait d'aute chose. Mais cela ne fonctionne pas. A un moment ou à un aure, nous devrons embrasser la sorcière.


Et puis plus loin :


La justice des contes de fées, comme celle de la psyché profonde, récompense la bonté à l'égard de ce qui semble inférieur et punit le refus de faire du bien à qui n'est pas beau. Il en va de même dans les grands sentiments, tels l'amour. Quand nous nous ouvrons et touchons le pas-beau, nous sommes récompensés. Lorsque nous le refusons, nous sommes coupés de la vie et laissés dans le froid.

Pour certains, il est plus facile d'avoir de belles pensées élevées, et de toucher les choses qui nous transcendetn littéralement, que de toucher ce qui n'est guère positif et lui approter aide et assistance. Il est encore plus facile, comme le montre le conte, de rejeter le pas-beau et de se sentir à tort dans son bon droit. C'est le problème qui se pose avec le Femme Squelette.

Qu'est-ce que le pas-beau ? Notre propre faim d'amour secrète est le pas-beau. Notre mauvais usage de l'amour est le pas-beau. Nos écarts en matière de loyauté et de dévotion ne sont pas jolis, notre sens de la séparation de l'âme est ingrat, nos verrues psychologiques, nos insuffisances, malentendus, fantasmes infantiles sont le pas-beau. En outre, nos cultures considèrent que le pas-beau, c'est la nature de Vie/Mort/Vie, qui donne naissance, détruit, incube et donne à nouveau naissance.

Désenchevêtrer la Femme Squelette, c'est comprendre cette erreur conceptuelle et la réparer. COmprendre que l'amour n'est pas un lit de roses. Trouver du réconfort, plutôt qu'avoir peur, dans l'obscurité régénératrice. C'est mettre du baume sur les vieilles plaies. C'est changer notre façon de voir et d'être, afin de refléter l'épanouissement plutôt que le dépérissement de l'âme.

Pour aimer, il faut toucher la femme fondamentale, toute en os et pas-vraiment-belle, en dégageant pour nous-même le sens de la nature de Vie/Mort/vie, en la remettant en place, en lui permettant de vivre de nouveau. Il ne suffit pas d'amener l'inconscient à la surface, ni même de le traîner par accident jusqu'à la maison. Le craindre ou le mépriser pendant longtmeps arrête la progression de l'amour.

Désenchevêtrer la Femme Squelette, c'est commencer à rompre le charme -- autrement dit la crainte d'être consumé, anéanti à jamais.


Je n'ai même pas fini de lire ce chapitre. Je prends mon temps, je savoure, je m'arrête à toutes les pages, relisant les paragraphes précédents, fermant le livre et revoyant ce que j'ai lu, ce que j'ai aperçu, laissant mon esprit divaguer sur ces mots. Non que je me sente en phase totale avec ce que je lis, mais tout ça me travaille et me fait réagir. C'est très vivant comme lecture, très intense, très corporel. J'aime beaucoup.


Les illustrations de ce billet viennent de Neige tardive, qui est un projet de film d'animation basé sur le conte, réalisé par Sarah Van Den Boom.

mardi 25 septembre 2007

Courir avec le loup (que l'on est)

Un billet que j'avais envie de faire depuis quelques jours mais pour lequel je n'avais pas encore trouvé le temps nécessaire. Et puis c'est drôle comme je vois tellement de choses qui s'articulent les unes avec les autres en ce moment !


Dans Femmes qui courent avec les loups, il y a un passage où il est question d'un rêve de femme où elle se fait surprendre, par un homme sombre qui surgit derrière elle. Parallèllement, quand j'ai parlé de l'un de mes rêves, Caco m'a fait remarquer que dans ces situations, tous les personnages sont des avatars de soi-même.


Tout cela m'a fait découvrir quelque chose que je pensais savoir, mais que je ne savais pas en réalité. Jusqu'à présent, j'étais consciente du fait que tous les personnages de mes rêves étaient motivés, guidés par moi, mais ça s'arrêtait là parce que je pensais que ça signifiait que c'était moi qui révélais ce que je pensais d'eux. Alors qu'en fait ce n'est pas du tout ça : tous ces personnages qui interviennent dans mes rêves ne manifestent pas ce que je pense d'eux, mais ce que je pense de moi-même, pardi ! Quand l'un d'eux fait quelque chose, c'est moi qui le fais et non lui ; c'est quelque chose que je me pense faire à moi-même.


Et puis, ce rêve dont Clarissa Pinkola Estés parle, je n'ai pas de souvenir très précis de l'avoir fait, mais par contre j'ai un souvenir très précis d'avoir eu cette impression lorsque j'étais éveillée. Classiquement, j'ai peur dans le noir. Et quasiment à chaque fois que je me trouve seule à marcher dans le noir (sauf quand je suis vraiment en pleine nature sauvage... bizarrement ! ou bien comme par hasard ?), j'ai cette sensation que "quelque chose d'effrayant" se rapproche de moi à toute vitesse et s'apprête à me sauter dessus. Je n'avais jamais fait de rapprochement avec les rêves, et pourtant il me semble à présent évident qu'il s'agit d'une forme de rêve, éveillée, dans le sens où il s'agit de l'expression d'un fantasme irréaliste, d'un sentiment refoulé qui prend la parole sous cette forme indirecte, onirique. Ça a été une vraie révélation pour moi de l'envisager sous cette forme, et de lire le passage de Femmes qui courent... à ce propos.


Or donc, cette "chose" (cette criatura comme le dit Estés) qui me poursuit et me saute dessus avec violence et empressement, est une manifestation d'une partie de moi-même, elle est moi et me le rappelle par ses propres moyens. Elle vient me rappeler qu'elle est là elle aussi, elle vient me saisir, me surprendre parce que le reste de moi-même l'ignore. Et elle me fait terriblement peur... et je me fais terriblement peur, donc ! Alors c'est drôle, parce que souvent, dans ces moments, je me mets à accélérer le pas, à courir même parfois. Et courir, finalement, c'est vif, c'est rapide, c'est beaucoup plus actif et instinctif que marcher, dans ce cas. La criatura réussit à me rappeler à moi-même, à me rappeler que je suis vivante, que je sais courir, que je peux courir. Et lorsque je cours, finalement, je sens que je suis infiniment plus à ma place dans la nature, que je fais comme il est naturel que je fasse, je suis en éveil, je suis pleinement consciente de tout ce qui se passe autour de moi, du monde, des choses, que j'en suis une pleine part. Alors que quand je marche, l'esprit occupé par ce que je suis venue faire, là je ne fais pas partie du milieu, je n'y suis pas vraiment, je ne fais que le traverser sans le voir. Et je ne suis pas entièrement à ce que je fais, à ce que je suis, à ce que je vois, à ce que je peux faire. Je ne suis pas en éveil.

mardi 18 septembre 2007

Ma lecture de L'art de la simplicité

Ça fait quelques jours déjà que j'ai fini de lire L'art de la simplicité, et j'ai longuement hésité à en parler ici ou pas. D'une part, parce que beaucoup de choses ont déjà été dites là-dessus et que je n'ai pas grand-chose à ajouter. D'autre part parce que ce j'en pense n'est pas très élogieux.


Ce bouquin est écrit comme un manuel, un peu à la manière de La méthode simple pour arrêter de fumer d'Allen Carr. Et c'est ce qui m'a gênée à plusieurs reprises. Parce que l'auteure est manifestement riche, et en tout cas qu'elle ne s'adresse qu'à des personnes riches. Ça m'a donc très souvent donné l'impression d'un manuel pour passer le temps à l'attention de quadras pêtées de thunes qui ne savent diantre pas quoi faire de leurs journées ni quoi raconter à leurs copines, et sont en mal d'un but dans la vie, d'un objectif à suivre. Bref, dans ma vision des choses, aucun rapport avec la simplicité volontaire (ce qui n'est pas une critique en soi, mais ce bouquin est souvent cité dans la bibliothèque de base de la SV, alors que franchement je ne vois pas pourquoi tellement c'est loin, p.ex., de la "pauvreté volontaire" de Thoreau qui est à l'origine de la SV).


Il y a aussi que beaucoup de choses sont décriées sans raison ni argument (j'ai noté, p.ex. et en vrac, la psychologie, la transpiration,...). J'ai trouvé ça inutilement violent, et surtout que ça n'allait pas du tout dans le sens de ce que voudrait dire le bouquin.


Et puis il faut dire que je ne suis pas du tout attirée par les cultures asiatiques. Alors forcément, il y a beaucoup d'exemples censés être évidents qui me passent largement au-dessus de la tête, parce que je ne m'y retrouve pas du tout. (Idem pour la partie maquillage, j'ai vraiment ressenti l'impression qu'elle prenait son cas pour une généralité, c'était assez désagréable vu que le mien est très loin du sien, alors non seulement ça ne me parlait pas, mais en plus ça me semblait presque hautain de sa part.)


En fait, ce bouquin aurait à mon avis très largement gagné à être présenté comme un témoignage, et non comme un manuel. En d'autres termes, je l'aurais trouvé nettement plus honnête et enrichissant s'il avait remplacé tous les "faites ci, faites ça" par des "j'ai fait ci, j'ai fait ça".


A part ça... j'y ai toutefois trouvé quelques choses intéressantes, comme la fameuse idée de ranger tous les bibelots du salon dans un carton pendant un certain temps et de les trier un à un ensuite, question de voir plus clairement ceux qui ont manqué, et comment on s'est senti pendant qu'ils n'étaient pas là. Et puis, pour être tout à fait honnête, c'est à peu près tout ce que j'ai retenu comme bonne idée ! Mais il faut avouer qu'il y en aurait peut-être eu quelques autres si je ne les avais pas déjà lues ailleurs, voire expérimentées moi-même.


En conclusion, je le prêterais volontiers à ma mère, en lui expliquant qu'il ne faut pas le prendre à la lettre et plutôt le considérer comme un témoignage maladroit, mais instructif et enrichissant.


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Depuis, j'ai commencé à lire Femmes qui courent avec les loups de Clarissa Pinkola Estés. Il m'a attirée, lui aussi, pour ce que j'en ai lu sous d'autres plumes... et je reviendrai en parler.


lundi 17 septembre 2007

Rubrique-à-brac

Forcément quand on n'a pas blogué pendant plusieurs jours, on risque d'avoir plusieurs choses à dire. Du lourd et du léger, du drôle et du sérieux, de l'important et du futile.


Ce week-end, on l'a passé à lire une série de BD. Les 7 tomes du Triangle sacré, suivi des 4 tomes de I.N.R.I..



Pas très bien dessiné, pas très bien mis en couleurs, mais l'histoire a été suffisamment prenante pour qu'on y plonge sans retenue. C'était très agréable, en outre, de passer le week-end à lire tous les deux en même temps la même chose, l'un passant les tomes lus à l'autre, et au suivant, et c'est à qui se lever pour retourner faire du thé, c'est à toi, oh non c'était déjà moi la dernière fois t'exagères, fais-moi un peu de place je suis en train de tomber du canapé, et faudrait manger, ben oui quand-même il est déjà 15h30, effectivement, passe-moi le cendrier, t'as fait à manger aux animaux, ben non j'ai oublié, faudrait aller faire des courses, ben on n'aura qu'à y aller plus tard, passe-moi le briquet, ah ben non il est trop tard maintenant c'est fermé, allez je finis ce tome et on va se coucher, t'en es où toi, j'ai les yeux qui se ferment.


Le dimanche après-midi (parce qu'on n'avait pas fini les BD le matin), on est partis à la brocante de Gréoux, mais on avait oublié la carte bleue et on n'avait pas de monnaie sur nous donc on est vite rentrés, assoiffés et abattus par la chaleur lourde de l'après-midi.


Et puis...


Et puis je porte un fardeau qui n'est pas le mien. Depuis toujours. Depuis plusieurs événements. Que j'ignore. Mais ce dont je viens de me rendre compte, c'est que je ne les ignore pas au sens où je ne les connais pas, je les ignore au sens où je refuse de les voir. Un peu comme dans Fight Club mais à l'envers (ne lisez pas la suite de cette phrase si vous n'avez pas vu le film et que vous souhaitez le voir un jour, c'est un spoiler) : le héros croit que c'est quelqu'un d'autre qui joue le rôle de son comparse alors qu'en fait c'est lui-même qui commet tous ces actes.



Moi, ça serait quelques choses que je n'ai pas commises, mais dont j'ai effacé le(s) protagoniste(s) pour ne plus y voir que moi, pour en porter la faute exclusivement et pour surtout ne pas accuser quelqu'un d'autre.


Peur, terreur, grand vide, trou noir, descente aux enfers, honte absolue et dévorante. Frissons intérieurs, et vertige, vertige. Culpabilité omniprésente, par essence, par volonté, par incompréhension, par frayeur, par éducation judéo-chrétienne. Torture et pénitence. Mais rien d'autre. Rien pour l'instant.


Enfin, presque. Mais après ça devient trop. Je préfère retourner travailler...

lundi 10 septembre 2007

L'art de la simplicité

J'ai acheté L'art de la simplicité, de Dominique Loreau, il y a quelques jours.



Ce n'était pas prémédité, je me baladais dans la librairie, et voilà qu'il est apparu à mon regard. Je l'ai pris en main, je l'ai observé, et je l'ai acheté. J'ai commencé à le lire hier soir, quelques pages. Une cinquantaine. Du coup ce matin, j'ai fait une liste (ahhhh, elle dit bien de faire des listes !). Une liste de choses désencombrables, avec une idée de comment procéder pour chaque type de chose. Tout y est passé, j'y vois bien plus clair que jusque là, même si ce n'est pas encore limpide, je rechigne un peu. C'est venu tout seul (tout simplement si j'ose dire). N'ayant pas passé la journée à la maison c'était tout ce que je pouvais faire, mais dès l'instant où je suis rentrée j'avais envie de m'y mettre. Sauf que je suis trop fatiguée. Alors je vais retourner à ma lecture.


Je ne regrette pas de m'être laissée tenter, après les nombreux extraits que j'avais lus ici et là.

lundi 3 septembre 2007

L'égalité des intelligences ?

Suite aux conversations que l'on a eues en commentaires de ce billet, voilà que je lis ça sur le blog de Sancho :


Communiqué par Nico :

« Il faut donc retourner les questions des rieurs. Comment, demandent-ils, une chose comme l’égalité des intelligences est-elle pensable ? Et comment [...] pourrait-elle s’installer sans provoquer le désordre de la société ? Il faut demander à l’inverse comment l’intelligence est possible sans égalité ? L’intelligence [...] est puissance de se faire comprendre qui passe par la vérification de l’autre. Et seul l’égal comprend l’égal. Egalité et intelligence sont termes synonymes, [...]. Cette synonymie qui fonde la capacité intellectuelle de chaque homme est aussi celle qui rend une société en général possible. L’égalité des intelligences est le lien commun du genre humain, la condition nécessaire et suffisante pour qu’une société d’hommes existe. »

Jacques Rancière.

Alors je me demande : est-ce que selon cette vision ça fonctionne comme le troupeau de bisons ? Vous savez, l'histoire selon laquelle le troupeau ne peut pas aller plus vite que le plus lent de ses membres. Qu'en pensez-vous ?


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PS : Je rajoute au passage une petite bio de Jacques Rancière.

vendredi 20 juillet 2007

La pensée du jour

Un scientifique n'est pas quelqu'un qui fait de la politique avec des moyens politiques ; c'est quelqu'un qui fait de la politique avec d'autres moyens.

Bruno Latour, Le métier de chercheur : regard d'un anthropologue, INRA éditions, 2001, p. 78.


Trouvé chez Enro.

lundi 25 juin 2007

Mini-bibliographie yoguique

Ça, c'est le livre que mon mari m'a acheté à la librairie l'autre jour :



Sioux Berger, La leçon de yoga, Paris: Flammarion, 131 pages avec des photos et un DVD. Il n'est pas mal du tout pour débuter, pour réfléchir à par où commencer, mais il manque un peu d'indications tout de même.


Et puis ce week-end, comme je passais à la bib', j'ai trouvé ça :



André Van Lysebeth, J'apprends le yoga, Paris: Flammarion, 340 pages avec plein de photos (mais pas de DVD !). Celui-là est franchement excellent, et je le conseille vivement à tous les curieux. Il est très, très bien fait, explique plein de choses, et répond à toutes les questions que je me posais, sur le déroulement concret d'une séance, sur le choix et l'enchaînement des postures, etc. Vraiment très, très bien.


D'ailleurs, l'auteur a écrit d'autres bouquins sur la question, parmi lesquels :


  • Ma séance de yoga (*)

  • Je perfectionne mon yoga (*)

  • et Pranayama, la dynamique du souffle (*)


J'ai bien envie de les lire aussi. Manque de bol, ceux-là ne sont pas à ma bib'...


Contrairement à beaucoup de choses que j'avais pu trouver sur le web, on est ici dans une approche qui se veut vraiment (en tout cas, d'après la lecture que j'en ai eue) loin des approches trop philosophiques de la pratique, on est plus dans le concret, on commence par essayer de comprendre à quoi ça sert et dans quelles dispositions on doit se mettre pour pratiquer une séance de yoga, et puis on apprend ce que ça fait au corps, le bien-être que ça apporte, mais sans entrer dans des considérations trop... religieuses, ou assimilé. Exactement ce que je cherchais, donc.


dimanche 27 mai 2007

(Almost) Towel Day

Et voilà, à faire tant d'autres choses, cette année je l'ai encore raté ! Et pourtant ce n'était pas faute de l'avoir noté sur mes petites tablettes.


Towel Day :: A tribute to Douglas Adams (1952-2001)


Il y a deux jours c'était le Towel Day (voir aussi ici), journée d'hommage à Douglas Adams, le génial auteur du fantastique Hitch-Hiker's Guide to the Galaxy, mort en mai 2001. Si si, souvenez-vous, Mowgli en avait parlé il y a quelques temps déjà.



Et pourquoi donc une serviette ? Je vous le donne en mille, c'est tiré de sa "trilogie en cinq volumes" :


A towel, it says, is about the most massively useful thing an interstellar hitch hiker can have. Partly it has great practical value - you can wrap it around you for warmth as you bound across the cold moons of Jaglan Beta; you can lie on it on the brilliant marble-sanded beaches of Santraginus V, inhaling the heady sea vapours; you can sleep under it beneath the stars which shine so redly on the desert world of Kakrafoon; use it to sail a mini raft down the slow heavy river Moth; wet it for use in hand-to-hand-combat; wrap it round your head to ward off noxious fumes or to avoid the gaze of the Ravenous Bugblatter Beast of Traal (a mindboggingly stupid animal, it assumes that if you can't see it, it can't see you - daft as a bush, but very ravenous); you can wave your towel in emergencies as a distress signal, and of course dry yourself off with it if it still seems to be clean enough.

More importantly, a towel has immense psychological value. For some reason, if a strag (strag: non-hitch hiker) discovers that a hitch hiker has his towel with him, he will automatically assume that he is also in possession of a toothbrush, face flannel, soap, tin of biscuits, flask, compass, map, ball of string, gnat spray, wet weather gear, space suit etc., etc. Furthermore, the strag will then happily lend the hitch hiker any of these or a dozen other items that the hitch hiker might accidentally have "lost". What the strag will think is that any man who can hitch the length and breadth of the galaxy, rough it, slum it, struggle against terrible odds, win through, and still knows where his towel is is clearly a man to be reckoned with.


Donc le 25 mai, pour signifier son admiration au regretté ami Douglas, et en cas de besoin aussi, on porte une serviette. Mais cette année j'ai une fois encore loupé la date. Tant pis. J'y pense deux jours après c'est déjà mieux que rien, et puis je ferai mieux l'année prochaine !


mercredi 9 mai 2007

Franck Herbert

Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit.
La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale.
J'affronterai ma peur.
Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi.
Et lorsqu'elle sera passée, je tournerai mon oeil intérieur sur mon chemin.
Et là où elle sera passée, il n'y aura plus rien.
Rien que moi.

C'est la litanie de la peur Bene Gesserit, dans Dune, et même si je l'avais déjà citée, je la remets parce que je vais en avoir bien besoin dans les heures et les jours qui viennent.


Et même dans la minute qui vient. Je prends mon souffle et j'y vais...


jeudi 5 avril 2007

L'agriculteur

Je l'avais entendue une fois l'an dernier sur Inter, un samedi pendant CO2 mon amour. Je viens d'y repenser et de la retrouver sur Radio.Blog alors la voilà :



J'allume mon poste de télé
Pour admirer ce qu'il s'y passe
Un milliardaire s’envoie en l'air
Toute l'atmosphère pour voir l'espace
Je troque son bol d'air et sa cuillère
Contre un petit verre sur ma terrasse
J'en ai ras le bol de tout ce béton
J'ai la folie des grands espaces

Mais qu'est ce qui se passe dans nos petites têtes
On s'entasse tous comme des sardines
Dans les grosses boîtes que l'on conserve
Le petit poisson doit suivre sa ligne

REFRAIN :
Et puis merde
J’ai décidé de vivre loin sur la colline
Vivre seul dans une maison
Avec la vue sur ma raison
Je préfère vivre pauvre avec mon âme
Que vivre riche avec la leur
Et si le blé me file du bonheur
Je me ferai peut être agriculteur

Y'a trop de feux rouges dans les grandes villes
J'ai préféré me mettre au vert
J'ai plus de bonheur à vivre en paix
Que de m'admirer au fond d'un verre
Je boirai l'eau saine de mon ruisseau
Plutôt que l'eau sale du fond de la seine
Chargée en plomb et en histoires
Que la surface ne laisse plus voir

Je ferai des bornes pour m'éloigner
Pour me retrouver face au miroir
Juste une seconde de vérité
Pour que mon passé coule sous les ponts
Je ferai des bornes pour m'éclipser
Pour me retrouver face à que dalle
Juste une seconde de vérité
Pour contempler ce qu'on est tous

REFRAIN

Ça fait longtemps que je n'ai plus vu
Ce coin de soleil à l'horizon
Ça fait longtemps que je l'attendais
La petite lueur de la raison
Une petite chanson au clair de lune
Pour réchauffer le cœur de pierre
Le grand retour à l'essentiel
Le feu de bois éclaire le ciel

La mélodie de la nature
Reprend ses droits sur la folie
C'est toute la vie qui nous observe
Que l'on oublie au fil du temps
La mélodie, celle de la vie
Que l'on consume à chaque instant
Tous nos acquis s'écrasent au sol
Et j'ai choisi la clef des champs

REFRAIN

Ridan, L'agriculeur, 2004.

vendredi 23 mars 2007

La montagne

Je viens de la mettre dans un commentaire d'un billet du côté de chez Ma, mais je tiens à la mettre ici aussi, elle est tellement belle, tellement vraie, tellement troublante.



Ils quittent un à un le pays
Pour s'en aller gagner leur vie
Loin de la terre où ils sont nés
Depuis longtemps ils en rêvaient
De la ville et de ses secrets
Du formica et du ciné

Les vieux, ça n'était pas original
Quand ils s'essuyaient machinal
D'un revers de manche les lèvres
Mais ils savaient tous à propos
Tuer la caille ou le perdreau
Et manger la tomme de chèvre

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Avec leurs mains dessus leurs têtes
Ils avaient monté des murettes
Jusqu'au sommet de la colline
Qu'importent les jours les années
Ils avaient tous l'âme bien née
Noueuse comme un pied de vigne

Les vignes, elles courent dans la forêt
Le vin ne sera plus tiré
C'était une horrible piquette
Mais il faisait des centenaires
A ne plus que savoir en faire
S'il ne vous tournait pas la tête

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Deux chèvres et puis quelques moutons
Une année bonne et l'autre non
Et sans vacances et sans sorties
Les filles veulent aller au bal
Il n'y a rien de plus normal
Que de vouloir vivre sa vie

Leur vie, ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne
Il faut savoir ce que l'on aime
Et rentrer dans son H.L.M.
Manger du poulet aux hormones

Pourtant que la montagne est belle
Comment peut-on s'imaginer
En voyant un vol d'hirondelles
Que l'automne vient d'arriver ?

Jean Ferrat, La montagne. Elle me fait pleurer dès que je l'entends, toujours.


vendredi 9 mars 2007

Henry Ford

Ce n'est pas l'employeur qui paie les salaires, mais le client.

Ça rime avec pas mal de choses qui ont été dites sur les notions de consommation et de travail...


jeudi 8 mars 2007

Esope

La langue est la meilleure et la pire des choses.

vendredi 26 janvier 2007

Appel de Varages

Un autre texte rescapé de l'Amicale... mais celui-là, il était bien de moi ;)



L’appel de Varages est un texte rédigé par le maire de Varages, village du Haut Var -pas peu fière d'être varoise sur ce coup-là, la mirza-, qui milite en faveur du service public de l’eau potable en France. Il date du 14 octobre 2005.


Appel aux élus et usagers des communes et intercommunalités pour une gestion publique de l’eau potable en France.

Que tous mutualisent leurs expériences et créent les outils pour s’engager ou accompagner ceux et celles qui souhaitent le retour à une gestion publique transparente et démocratique de l’eau potable dans leur commune ou leur intercommunalité.

Cette prise de conscience est d’autant plus urgente que la dégradation et la mondialisation de la gestion de l’eau sont coordonnées par l’Organisation Mondiale du Commerce. Le risque est donc que les communes ne puissent plus revenir en gestion publique.

L’eau, patrimoine de l’humanité, qui est de la responsabilité des collectivités locales depuis la Révolution française, doit rester un droit et ne peut être gérée selon les règles du marché.


La gestion de l’eau doit être IMPERATIVEMENT exclue de la directive Bolskenstein.

Il faut savoir que 60 des communes françaises (80 des usagers) ont délégué la distribution de l’eau aux trois grands groupes privés. Et que lorsqu’une société privée gère l’eau potable d’une commune, les usagers paient une facture en moyenne 27 supérieure à la facture d’une régie publique et jusqu’à 44 dans le cadre d’une intercommunalité*.

Nous ne pouvons plus accepter que ces sociétés d’affermage continuent à afficher des bénéfices importants vis-à-vis d’un service public essentiel pour tous.

Ensemble, faisons la démonstration collectivement que le retour en régie du service public de l’eau est la seule garantie d’une gestion rigoureuse et de qualité, garantissant à tous un accès à l’eau potable.


Nous invitons tous les élus et l’ensemble des citoyens à nous rejoindre dans cette résistance.
Les élus et acteurs sociaux réunis à Varages ce 14 octobre 2005.
Pour nous rejoindre : contact[AT]france-libertes[POINT]fr

J’ai entendu Michel Partage, maire de Varages, sur France Bleu en février dernier. Il expliquait que selon son idée, l’eau étant une denrée vitale pour l’homme, alors chaque personne doit pouvoir avoir un accès garanti et gratuit à 40 litres d’eau par jour. Tout surplus à ces 40l quotidiens seront facturés. Je trouve que c’est une excellente idée… reste à voir ce que cela va donner.Il ne s’arrête pas là, apparemment son système est parfaitement viable.


Apparemment son texte a été diffusé assez largement, à tel point que le président de la Bolivie l’a contacté pour lui demander comment est-ce qu’il pourrait appliquer cela à son pays.


Il y a tout plein de documents et d'actulaités sur la page dédiée à l'appel de Varages, sur le site de la commune. On peut y apprendre des nouvelles étonnantes, comme par exemple le faut que Michel Vauzelle a signé cet appel en janvier 2006 (si, si!).