Tout envoyer bouler, laisser les morceaux virevolter, puis les laisser s'assembler autrement et créer une nouvelle réalité. Nouveau quotidien. Rien n'a disparu, rien n'est apparu : tout a changé.
Ne pas avoir peur, se sentir libre, sentir le vent qui nous caresse à nouveau et nous invite à avancer.dimanche 1 novembre 2020
samedi 22 juillet 2017
Encore un tour de manège
Ecrit par Mimille à 07:38
— Catégories : En consigne, En mots
Avant, il me suffisait d'ouvrir cette page "nouvel article" pour que les mots coulent tout seuls.
Mais ça, c'était avant.
Aujourd'hui c'est comme si je devais courir juste après avoir traversé un champs plein de boue et que j'avais des tonnes d'argile collées sous les godasses, comme s'il n'y avait plus de connexion entre ma tête et mes mains... ou entre mon coeur et mes mains, plutôt.
Aujourd'hui, comme avant, j'ai toujours cette envie d'écrire ici qui ne m'a jamais quittée tout ce temps. Mais je n'ai plus pu ; sur les derniers articles j'avais le sentiment de ne plus rien avoir à écrire, de ne parler que de futilités, de sujets qui n'avaient pas leur place ici.
Ça fait deux ou trois nuits que je me rends compte que l'un des facteurs de mes insomnies récurrentes, c'est le simple fait de dormir chez moi. Pas simple à solutionner, ça ; vers les 4h du matin je me suis demandé si je dormirais mieux en plantant la tente dans la forêt à côté... mais sans doute pas. Parce que ce n'est pas le lieu qui compte, c'est ce qu'on y fait. Et c'est bien ce que je fais chez moi (ce que je dois faire, ce que je n'ai pas le temps de faire, ce que je devrais arriver à faire, ce que je m'en veux de ne pas faire, ce que j'ai oublié de faire) qui me réveille la nuit. Présentement je ferais mieux de, au choix, faire mes comptes, ranger la cuisine qui en a grand besoin, réaffuter ma faux pour pouvoir me remettre à faucher la prairie qui m'attend, enfiler un pantalon et descendre voir les chevaux au petit matin, finir une à une toutes les choses urgentes en retard sur ma to-do list professionnelle, écrire un article vachement intelligent pour le boulot, préparer mon futur nouveau diaporama,... voire, soyons fous, retourner me coucher.
Mais non, je suis là. À boire du café depuis 4h du mat' et à fumer des clopes en me fustigeant d'avoir repris et de ne plus arrêter. À lire des files de commentaires-fleuves totalement inintéressants sur Facebook en me demandant comment diable des gens peuvent se dire "Tiens je vais écrire ça, ça va être vachement bien". À repenser à une amie-blogueuse d'ici à qui je pense souvent (je ne dirai pas qui ^^). À ouvrir/fermer la porte de la cuisine pour faire entrer/sortir les chats. À regarder le jour se lever ; premier matin depuis notre retour où l'on voit les rayons du soleil. À sortir l'écouter aussi, ce jour qui se lève : chiens qui aboient au loin, oiseaux qui s'appellent, (...chats qui grattent à la porte...,) le calme avant la tempête des cigales qui couvre tout.
J'ai relu quelques posts ici, et je me dis que décidément, on ne change pas. Impression de refaire indéfiniment le même tour de manège. J'ai eu beau changer tout le contexte, me donner l'impression de tout recommencer sur des bases plus saines et que ma vie maintenant était si différente, les questions de fond restent et je n'ai guère avancé sur mon propre chemin. J'ai sans doute fui encore une fois, manifestement, tout en oubliant consciencieusement les quelques éclairs de compréhension que j'avais pu avoir. Ah ! C'est sans doute pour ça qu'encore une fois je sens que tout doit changer, que tout va changer. Et je suis là à me débattre dans un courant sur lequel je n'ai par essence aucune prise, et ma lutte m'épuise et ne fait que m'empêcher de voir ce que je devrais faire, de me voir moi-même là-dedans, tout simplement. J'ai pourtant bien expérimenté le total lâcher-prise il n'y a pas si longtemps, quand les événements étaient trop pour que je puisse "faire face", et j'avais bien vu que c'était la seule solution pour tenir, pour rester debout. Mais le geste n'est pas acquis pour autant. Je cherche parce que j'ai envie de trouver, je n'ai pas le courage d'attendre que ça se présente alors que je sais que ça se présentera dès que j'arrêterai de chercher. Encore un tour de manège, donc. Je voudrais pouvoir prendre du recul sur ma propre vie et regarder tout ça de plus loin, voir ce qui s'en dégage.
Ah, quand-même, une chose que je retrouve avec plaisir, c'est ça et là les mots d'amour que j'exprime pour mon homme.
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mardi 1 avril 2014
R.
Ecrit par Mimille à 10:20
— Catégories : En consigne, En mots, Les autres
Je me rends compte aujourd'hui que je n'ai jamais dit au monde entier à quel point tu étais une personne merveilleuse. J'ignore si d'autres le savent aussi bien que moi. Ce matin, je suis soudain saisie par la peur que le monde te perde, que le monde t'ait déjà perdu peut-être. C'est dur de parler à quelqu'un dont on ne sait pas s'il est mort ou vivant, dont on sait qu'il ne lira jamais ce que l'on est en train de lui écrire. Et je sais bien que c'est à mon souvenir de toi que j'écris, à la personne que j'ai connue et non à celle que tu es aujourd'hui et dont j'ignore tout, parce que je suis triste de tout cela depuis si longtemps maintenant. Je voudrais que tu sois heureux, j'aurais voulu que tu sois heureux déjà à l'époque, je le voulais tellement et je ne sais pas si tu l'étais, je pense que oui, autant qu'on peut l'être lorsque l'on est plongé dans les émotions de l'adolescence, heureux et terriblement malheureux en même temps, empli de joie et de légèreté, d'angoisse et de cette infâme terreur qui nous ronge.
J'espère de tout mon cœur que d'autres auront pu te connaître aussi bien que je l'ai pu, parce que tu fais du bien au monde, parce que tu es une des plus belles personnes que j'aie rencontrées dans ma vie et que la vie ne peut plus être aussi belle sans toi qui en fais partie.
Je sais que de toute façon même le jour où tu ne seras plus là, toi en tant que personne, je sais que tout ce qui est bon en toi subsistera, sera transmis à d'autres, autrement. Mais curieusement, cette fois, ça ne m'apaise pas du tout. D'accord le monde gardera ta splendeur, ta magnifique douceur, mais toi, auras-tu été heureux ? Auras-tu su à quel point tu étais bon ?
Je ressens toute l'urgence de dire à quel point tu es une personne formidable. Comme si je ne l'avais jamais fait, jamais comme je l'aurais dû. Parce que je réalise aujourd'hui seulement à quel point je n'y pouvais rien. Je réalise que je ne peux rien faire même aujourd'hui, à part me taire. À part dire combien tu es beau là où je sais que tu ne le verras pas. Quelle douleur de comprendre enfin que je ne peux pas, que je n'ai jamais pu faire quelque chose pour toi. Que la seule chose que je peux faire pour toi c'est de te laisser vivre, de lâcher jusqu'à mes plus profonds souvenirs, et je ne sais même pas si cela marchera.
J'espère, de toute la force de mon cœur, que tu es là, et que tu es heureux. Parce que tu fais partie de toute la beauté de ce monde. Parce que rien ne sera jamais aussi bon lorsque tu ne seras plus. Parce que je voudrais que d'autres le sachent, et te reconnaissent cette beauté.
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mercredi 28 août 2013
Cigarettes à Paris
Ecrit par Mimille à 15:31
— Catégories : En consigne, En mots
Je suis montée à Paris pour participer à une émission de radio. Après l'enregistrement, j'ai marché avec l'un des invités, la soixantaine, un chapeau, et une voix qui me donnait des frissons. On a marché longtemps, jusqu'à chez lui, il habitait dans un quartier très chic. Sur le trottoir, à un moment, j'ai croisé mon ex petit ami ; étonnant, je ne l'avais jamais revu depuis et il n'était pas censé se trouver là.
On parlait beaucoup, l'homme âgé et moi. Au détour d'une ruelle, mon ex m'a brusquement agrippée, il avait les mains pleines de boue et essayait de m'en barbouiller le visage en me traitant de salope. L'homme âgé m'en a dégagée.
On est allés boire un verre dans un café. Je le regardais. J'ai roulé une cigarette, il m'a dit de la lui offrir, en a roulé une de son tabac et me l'a donnée. Nous sommes allés fumer dehors. Son tabac était trop fort pour moi, mais c'était comme si j'avais son goût à lui dans ma bouche.
Il m'a dit "Bon, je te ramène en voiture." Nous sommes allés chercher sa voiture, il m'a raccompagnée, dans mon quartier beaucoup plus populaire. Il n'y avait pas d'électricité dans mon appartement, et mon ex nous attendait pour nous agresser à nouveau.
Le lendemain il y devait y avoir un énorme vide-grenier dans mon quartier, nous attendions ça avec impatience, ça promettait d'être une journée très sympa. Mais il a plu comme vache qui pisse toute la journée, et nous sommes restés dans notre café habituel, avec mes vieux amis. Des vieux amis avec qui j'ai passé une journée à retrouver les blagues d'il y a 20 ans, j'étais touchée mais je m'ennuyais terriblement, je ne me sentais plus à ma place.
Quand je suis rentrée chez moi il y avait un cheval en liberté qui broutait les quelques herbes devant l'entrée du bâtiment. La porte à côté de chez moi était entr'ouverte, il y avait une nouvelle locataire, une femme avec deux jeunes enfants dont un qu'elle portait dans son dos. Nous avons discuté ; elle m'a expliqué qu'elle me connaissait, qu'on avait été à la fac ensemble. Je n'avais aucun souvenir d'elle.
Elle faisait aujourd'hui une formation d'infirmière. Je lui expliquai que j'étais ici pour une année de DEA de philo, avant de commencer ma thèse, que j'avais pensé que c'était sans doute le seul moment de ma vie où je pourrais découvrir la vie à Paris et que c'était pour ça que j'étais venue faire cette parenthèse dans mon cursus.
Pour entrer dans mon appartement en travaux, il fallait que je contourne tout le bâtiment en escaladant les balustrades. Et arrivée presque au bout je me suis retrouvée coincée, j'ai dû faire demi-tour.
Je détestais cet endroit, cette ville, je m'y sentais horriblement mal à l'aise, décalée, jamais en sécurité. Je repensais à cet homme, à ce moment magique et plein de tension de nos cigarettes échangées. J'étais coincée sur la façade du bâtiment...
...c'est là que ma fille est montée sur le lit et m'a réveillée.
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samedi 3 novembre 2012
(au fait)
Ecrit par Mimille à 11:16
— Catégories : Geekeries et Méta-Blogage
Ce modèle de blog me sort par les yeux mais je ne trouve rien qui me convienne. Il va falloir que je me refasse un modèle fait maison. En attendant je change tout le temps, c'est déroutant, désolée.
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Jouer juste, ou ne pas jouer
Ecrit par Mimille à 11:13
— Catégories : En consigne, Instantanés, Parentalité
Quelques instantanés de ces derniers temps.
* Je regarde ma fille qui joue de la mandoline. Enfin, qui joue... elle gratte les cordes avec frénésie puis vient me voir "Bientôt Papa il va me faire une guitare comme lui." L'ennui avec un parent musicien c'est qu'il faut que les instruments soient justes, ce qui n'est jamais le cas des jouets pour enfants.
(Faut dire, c'est pas moi qui vais le lui reprocher — juste que j'aimerais tellement qu'elle puisse faire un peu de piano, vu qu'elle a l'air d'adorer ça, et pour ma part je serais tentée de préférer un piano un peu faux plutôt que pas de piano du tout.)
* Il est 13h. Matinée à se balader au marché de la petite ville d'à côté, de jolis légumes plein les sacs, le rayon de soleil de midi nous a encouragés à nous installer dehors pour déjeuner. Repas en polaire sur la pelouse humide, mais repas au soleil, tous heureux (chienne comprise). J'aime l'automne et toutes ces scènes de saison.
* Moi en train de faire un gâteau. Je n'arrête pas ces temps-ci... mon homme grossit et moi aussi ! Dans mes éternels moments de questionnements existentiels (et néanmoins totalement inutiles) je me prends à me demander si ce n'est pas un manque d'amour maternel qui réapparaît avec ma propre maternité et tout l'amour qui me sort de partout, tout le temps. Ou alors un trop plein à canaliser peut-être, dans les sucreries ! En tout cas mes amis adorent, parce que les desserts ça se partage. Mon portefeuille apprécie un peu moins.
* Le silence de la maison le soir après le coucher de la demoiselle. La plupart du temps, je suis tellement fatiguée que je me couche encore en même temps qu'elle. Mais quelques rares fois j'arrive à me relever et profiter de quelques temps, mon mari et moi seuls au monde, dans la nuit dehors et la maison calme et sombre. On chuchote, on se blottit l'un contre l'autre, rien que nous deux, on regarde un film.
Bon, tout ça ce sont de belles images. Les moins belles, on va les laisser dans un coin et attendre que de meilleurs jours reviennent...
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samedi 20 octobre 2012
Gourmands
Ecrit par Mimille à 19:21
— Catégories : Jardinage
Retrouvailles avec un vrai jardin. On a des arbres, chose incroyable qui ne nous était plus arrivée depuis des années. Bon sang qu'est-ce que c'est bon de jardiner ! Et ça tombe bien parce qu'il y a un sacré boulot en perspective.
Un des premiers trucs : tailler les gourmands qui envahissent les pieds des arbres.
Et puis tailler les branches mortes (que dis-je, les troncs morts !).
Et puis profiter du plaisir de toucher des arbres... d'avoir un jardin, à nouveau. Je ne me souvenais pas à quel point ça m'avait manqué, ni à quel point ça m'était nécessaire pour me sentir bien. Ma fille semble adorer aussi et me réclame de faire du jardinage au réveil de sa sieste. Elle me demande de lui expliquer ce que je fais, rassemble les branches en un gros tas, me montre les branches à tailler : "celle-là ça va / celle-là faut couper" en prenant toutes les branches à sa hauteur une à une. "Fais attention de pas te couper maman." Le sécateur est "un genre de gros ciseau" et le ramasse-feuilles "c'est comme une fourchette géante". (Oui, ma fille de 2 ans parle couramment. Depuis des mois déjà. Ça fait bizarre mais on s'habitue.)
Il y a trois noisetiers, un laurier, un figuier. Et puis des vieux pommiers et d'autres fruitiers dans un tel état qu'on ne les reconnaît pas... Des marronniers aussi, mais pas besoin de les tailler. Et des chênes et des chênes et des chênes !
On va agrandir le potager actuel, peut-être le déplacer, c'est en discussion. On veut installer une serre pour l'hiver. Remonter les mini restanques qui bordent la cour et ont depuis longtemps disparu sous les lierres et les lilas. On a plein d'idées, plus on s'y remet, plus on en a. Et j'adore être dehors, mes journées reprennent des dimensions plus confortables : je ne suis pas une femme d'intérieur.
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dimanche 14 octobre 2012
Jean Ferrat
Ecrit par Mimille à 13:07
— Catégories : En consigne, En musique
Déménagement fait, et nouvelle connexion à internet. Ouf, ça a été long.
Dimanche dernier on a été dans un vide-greniers. On a trouvé une super collection de disques de Jean Ferrat, quasi neufs, à un prix dérisoire. Alors on a dû aussi se trouver une platine pour les écouter parce qu'on n'en avait plus...
Et depuis, j'ai pu me rendre compte à quel point je connaissais bien Jean Ferrat. Je me souvenais que mes parents l'écoutaient quand j'étais petite, mais je pensais qu'ils avaient juste une cassette. En fait, je connais au moins les 3/4 des disques, et y'a un disque par année.
Et il y a une chanson particulièrement que j'ai reconnue. Une chanson un peu égale aux autres, elle n'a rien d'extraordinaire. Sauf qu'elle m'a complètement retournée. Je ne saurais pas dire ce que ça a provoqué en moi. J'en pleurais... sans savoir pourquoi. Bizarre. C'est vraiment étrange les souvenirs parfois.
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mardi 25 septembre 2012
J'ai vu
Ecrit par malie à 14:59
— Catégories : Instantanés
Des fermes immenses utilisées à même plus 10%
Des terrains agricoles abandonnés
Des villas très chic dans de grandes pinèdes
Un monsieur marchant au bord de la route, en serviette de plage, crâne rasé, sac de supermarché à la main
Un cabanon en pierres qui ne sert plus à personne
Des érables roussis
Des pistachiers violets
Un gros faisan qui a décollé juste sous mon nez
En roulant sur une petite route entre Rognes et Lambesc.
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vendredi 14 septembre 2012
Le poor lonesome grammairien
Ecrit par Mimille à 15:32
— Catégories : Recherche mon amour
Au lieu de me reposer pendant l'heure de la sieste je me prends à rêver... je rêve que je finis ma grammaire. Tiens, c'est drôle ça alors. Je ne sais plus en quels termes j'avais parlé de ça ici, déjà, et ce que j'avais tu, mais voilà.
Écrire une grammaire, c'est vraiment un travail solitaire. Quelque chose que l'on poursuit envers et contre tout. Quelque chose qui fait de soi un incompris. Quand j'y réfléchis, aujourd'hui... je commence un peu à comprendre pourquoi mon travail intéressait les gens, les intriguait, mais ça n'allait jamais jusqu'à me choisir moi, en premier, parmi les autres. Même parmi la communauté des "développeurs de grammaire" il y a tant d'incompréhension, aucun de nous ne travaille sur la même chose, aucun de nous n'est d'accord sur ce qu'est une grammaire finalement ! Combien de fois ai-je eu cette conversation, "Sur quoi tu travailles ?
— Je fais une grammaire.
— Une grammaire de quoi ?
— Du français.
— Oui mais une grammaire de quoi ?
— Ben, du français, oral, spontané, enfin je...
— Oui d'accord mais tu travailles sur quel phénomène ?
— Heu... un peu sur tout, je fais une grammaire, quoi. [silence] Et toi tu bosses sur quoi ?
— Je fais une grammaire (au choix) [de la négation avec "guère" | de la conjonction "car" chez les non natifs francophones | de l'usage du mot "simplement" dans la littérature du XIXe siècle | de la coordination de plus de 3 éléments en français médiéval | etc.] — Ah oui, ok."
En somnolant, je me suis souvenue de quelques "développeurs de grammaire" qui faisaient un peu la même chose que moi. Chacun d'eux était un peu vu comme un solitaire, qui avait tout fait tout seul, qui avait dû apprendre à développer tous les aspects de son travail lui-même, incapable de trouver quelqu'un qui aurait pu le suivre. C'était leur caricature... et je crois que ça aurait pu devenir la mienne si j'avais continué, tiens.
Hé hé, je me voyais bien comme ça moi, en chercheure solitaire... ;-)
Et puis blague à part, j'aimerais vraiment finir ce que j'avais commencé dans ma thèse. L'avantage de repenser à tout cela comme ça, aujourd'hui, c'est que je me dis que je n'ai pas besoin des autres, de l'environnement, pour y arriver : que c'est toujours un travail solitaire. Donc peu importe que je baigne dans le milieu ou non.
Manque plus qu'à me fabriquer un petit temps rien que pour ça. Ce serait tellement chouette, j'aimais tellement ça.
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jeudi 13 septembre 2012
Ma vie à moi
Ecrit par Mimille à 17:08
— Catégories : En consigne, Parentalité
Quand j'ai repris ici je me suis dit (entre autres) "Allez, ça va te changer, tu ne vas pas parler QUE de ta fille tout le temps..." Oui, bon. Mais de quoi parler alors que ça fait 2 ans que je ne fais que ça ? Jour et nuit, 24 heures sur 24, tous les jours. Plus de métier, plus d'envies, plus de temps, de courage, de force, d'énergie... plus d'envie.
Au début c'était chouette. Pouvoir me consacrer à mon bébé autant que je le voulais. Pouvoir répondre à tous ses besoins sans jamais me demander comment gérer d'autres priorités en même temps. C'était toujours elle avant tout.
Puis, progressivement, c'est devenu elle à la place de tout. Chéri, tu fais à manger ou tu t'occupes de la petite ? Tu fais les courses ou tu t'occupes de la petite ? Ok, je m'occupe de la petite. Elle pleure ? Ok, passe-la moi, je m'en occupe. Elle se réveille la nuit ? Pas de problème, je la fais téter, elle va se rendormir. Elle a du mal à s'endormir ? Ok, je m'en occupe.
Je m'en occupe.
Je m'en occupe...
Je suis à un moment où j'hésite beaucoup entre penser qu'elle va se réguler elle-même et que spontanément, lorsqu'elle aura moins besoin de moi, elle me réclamera moins, et que l'accompagner autant que je le peux est la meilleure façon d'en faire une personne confiante, sûre d'elle, sereine ; ou alors penser qu'elle ne va pas d'elle-même décider d'arrêter de s'endormir au sein parce que c'est trop bon, décider de se mettre à jouer un peu seule parce que papoter toute la journée avec maman c'est trop bien, décider d'aller vers les autres parce que maman elle est toujours patiente et disponible et aimante (enfin c'est une maman, quoi).
Je ne peux évidemment pas me fier à des lectures, ni à des témoignages, ni à des avis personnels. J'aime entendre les témoignages, les histoires des autres, parce que ça me rassure de constater qu'il existe de telles différences ! Chaque histoire est unique.
Mais alors, dans notre histoire à ma fille et moi, c'est quand que je peux reprendre un tout petit bout de vie rien qu'à moi ?
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mercredi 12 septembre 2012
Gaston et Gustave
Ecrit par Mimille à 08:34
— Catégories : En mots, Parentalité
Je ne sais pas comment introduire ce jour, mais c'est un bon jour pour parler de ce billet paru sur le blog projetdenaissance : Gaston et Gustave.
Il s'agit d'un livre d'Olivier Frébourg, un témoignage sur le deuil périnatal. La lecture du billet de Sophie Gamelin m'a bouleversée. J'ai réalisé que je n'en avais pas fini ; qu'en tout cas, je n'aurais pas la force de lire un tel livre aujourd'hui.
Extrait.
Cet amoureux de l’ailleurs s’est vu précipité dans un voyage au bout des limbes avec la naissance prématurée de ses jumeaux. L’un survivra, l’autre pas. Olivier Frébourg signe le parcours d’un père combattant sous le signe de Flaubert est c’est simplement magnifique.
(...)
Pour ne pas devenir fou, l’écrivain convoque l’ombre de Flaubert dont la lecture l’a foudroyé à 14 ans, et dont la statue l’accueille tous les jours à l’entrée du CHU de Rouen où Gaston est hospitalisé. Flaubert, ce « dégoûté de la vie », a-t-il eu raison de tout sacrifier, son bonheur en tête, pour l’amour de la belle phrase ?
Le va-et-vient entre Gaston et Gustave est justement conduit, oscillation constante entre la vie et les livres. « Il n’y a pas d’autre issue que la joie car il n’y a pas d’utilité au malheur », écrit finalement Olivier Frébourg dans ce récit d’une fureur de vivre qui échappe à tout sentiment morbide où la consolation a pour noms Arthur, l’enfant des limbes, Martin et Jules, les fils aînés, et Gaston, joyeux rescapé des ténèbres.
Je viens de relire ce que j'avais écrit à l'époque. Je n'en reviens pas à quel point ça sonne toujours aussi juste dans mon cœur. La vie avance, mes émotions ont bien sûr évolué. Mais je voudrais en parler simplement à ma fille et je ne sais pas comment faire. Et je ne pense pas que mon homme le voudrait.
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lundi 10 septembre 2012
Ma décision est prise (enfin... il me semble bien)
Ecrit par Mimille à 16:02
— Catégories : Allaitement, Parentalité
Je vais la sevrer. C'est décidé.
Ça fait 36.000 fois que je prends cette décision... et que je n'ai pas envie de la prendre. Je voulais tellement aller jusqu'au servage naturel. Je me disais que même si on régulait, un peu, beaucoup, on ferait ça en trouvant un compromis entre nos besoins, à elle et moi.
Elle aime tellement ça, elle réclame à téter tout le temps. Pas moyen de la faire diminuer, toutes les excuses sont bonnes, maman je me suis fait un bobo je veux faire du néné (c'est encore plus dur quand ils ont la parole !), maman je veux une tétée câlin, et une tétée dodo, et pour se rendormir quand on fait une insomnie, et quand on est chez des amis, et quand on est fatiguée dehors, et quand on s'ennuie, et quand on a fini de manger... tout le temps.
Mais je n'en peux plus. Ce matin j'ai réalisé (mais ne l'avais-je pas déjà réalisé plein de fois et aussitôt jeté aux oubliettes ?) que toutes les tétées sont devenues un calvaire pour moi. Je pensais réduire et ne conserver que les tétées-plaisir... mais à bien y réfléchir, et pour être tout à fait honnête, des tétées-plaisir je n'en ai aucune. Avec du plaisir pour moi je veux dire ; parce que pour elle...
Et justement, tiens. Qu'est-ce que je lui transmets à toujours accepter à contrecœur, à en être mécontente, à avoir mal, à repousser, à refuser ces moments qui sont censés être un moment de plaisir partagé ? Est-ce qu'elle en retire un de ces trucs biaisés, une histoire de masochisme, un lien émotionnel malsain entre elle et moi où elle apprendrait que quand elle se fait plaisir (et que JE veux lui faire plaisir !) ça me fait du mal, quelque chose que je voudrais à tout prix éviter comme expérience pour elle ?
Je ne supporte pas les commentaires du genre "Tu l'as déjà allaitée 2 ans, c'est déjà génial, c'est super long par rapport à la moyenne, ses besoins élémentaires sont assurés maintenant ce n'est plus que pour le plaisir..." etc. Et même si ce n'était "plus que pour le plaisir", pourquoi est-ce qu'un enfant n'aurait pas le droit de profiter de tous les plaisirs procurés par un allaitement, aussi longtemps qu'il en ressent le besoin ?
Comment je vais le vivre quand je vais voir mes copines allaiter ? Quand ce sera des enfants plus âgés que ma fille ? Et moi qui suis déjà émotionnellement sur le fil du rasoir, est-ce que ça ne va pas me fragiliser encore plus ? Comment le savoir à l'avance ? Et comment je vais faire pour l'aider à s'endormir alors que déjà avec le sein c'est la croix et la bannière ? Et comment vais-je faire pour ne pas me sentir coupable d'avoir mis fin à cet allaitement parce que je n'aurai pas fait les bonnes choses aux bons moments ?
Je suis je suis tellement fatiguée. Je recule cette échéance de lui apprendre à s'endormir sans téter parce que toutes les fois où j'ai essayé il ma fallait de considérables ressources d'énergie pour l'accompagner pendant les quelques 2h où elle pleurait toutes les larmes de son corps en réclamant désespérément (ressources que son père n'a pas, alors je suis la seule à pouvoir le faire). Je ne sais pas si j'ai la force d'entreprendre ça. En même temps, si je veux retrouver de la force, il faudrait sans doute que je commence à m'écouter et à tenir compte de mes besoins. Et même si ça m'emplit les yeux de larmes rien que de l'écrire ici, j'ai besoin d'arrêter d'allaiter. Je n'en peux plus, c'est trop pour moi. Je n'en suis plus capable.
Punaise qu'est-ce que c'est dur la vie de maman.
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dimanche 2 septembre 2012
Ça cartonne
Ecrit par Mimille à 17:31
C'est drôle, j'ai l'impression que ça fait si longtemps que j'ai arrêté de bloguer ! Et pourtant je me souviens, les matinées passées à lire et répondre, à composer mes billets, assise à mon bureau dans la chambre du haut. Dans cette maison que j'habite encore aujourd'hui.
Mais plus pour longtemps. quoique le cartonnage est long, laborieux, peine à démarrer réellement. On se stresse, on s'affole en voyant que le temps passe mais que les cartons ne sont pas remplis ; puis on se dit que ce ne sera pas si long que ça, qu'on a le temps. On veut trier : trier notre éternel cafoutche ? La bonne blague !
Quand on avait quitté notre premier appartement commun, on avait utilisé des cartons d'un magasin plus bas qui ma faisaient beaucoup rire parce que sur le scotch il y avait écrit "Fuck You I'm in Love". C'était en 2000 je crois. Hum... on a encore certains de ces cartons au fond d'un recoin. Avec encore dedans des choses qui n'en sont plus sorties depuis ce premier déménagement me semble-t-il !
Certaines personnes trainent toute leur vie un lourd bagage familial. Nous, on traine nos éternels cartons.
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vendredi 31 août 2012
Amertume
Ecrit par Mimille à 20:03
— Catégories : Docteure chômeuse, En question, Université mon amour
Avant-hier j'ai reçu un mail, de la part d'un homme. Un vrai mail je veux dire. Il avait envie de développer un truc informatique pour son plaisir, et il a cherché des ressources sur lesquelles se baser, il a tapé ce qu'il cherchait dans Google. Et il est tombé sur moi.
Ça m'a fait tellement drôle : j'ai essayé de taper sa requête dans Google et en effet, incroyable, je suis la seule à sortir. Pourtant, c'est une requête très simple qu'il a tapée, évidente quand on s'intéresse à cette question. J'ai trouvé ça dingue... et intéressant par rapport à ce que me disait mon directeur de thèse à l'époque, mais ce n'est pas la question aujourd'hui.
Et puis c'est tellement décalé, imaginez : je n'ai pas mis le nez dans mon boulot depuis bien 2 ans et demi, j'ai abandonné. Là, il me pose des questions naïves certes, mais je me rends compte avec quel plaisir, avec quelle facilité je lui réponds. Et je lui réponds vite, chose qui ne m'arrive plus que très rarement depuis que je ne travaille plus. Je réalise le recul que j'ai pris par rapport à tout cela. Il y a toutes ces choses que j'ai oubliées, tout ce vocabulaire, toutes ces habitudes que je ne retrouve plus, ce pli que j'ai perdu ; mais il y a aussi la nouvelle perspective que cela me donne, et je trouve ça vraiment intéressant, presque rassurant.
Ça m'a rappelé quand, il y a quelques années, lorsque je m'acharnais à trouver un poste à la fac (en vain), un soir mon amie bibliothécaire m'avait envoyé un mail pour me dire : Tu sais, on a beau dire, ça fait 4 ans que tu as soutenu et pourtant, le document qui est le plus téléchargé sur le site internet de notre labo, ça reste ta thèse. Je trouvais ça dingue. Ma thèse ? Mais personne ne la cite !
Et ça me rappelle aussi que cet été j'ai rencontré quelques jeunes maitres de conférence. Tous recrutés locaux. Et que ce matin, j'ai reçu un mail envoyé à l'une des listes de ma vieille fac (je n'arrive pas encore à passer le cap de m'en désinscrire). D'une nana qui avait fait sa thèse en même temps que moi. Si elle poste sur cette liste, c'est qu'elle a été recrutée. En local.
Pourquoi tout le monde est recruté et pas moi ?
(NB : C'est à moi-même que je pose la question hein, ne vous méprenez pas)
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dimanche 26 août 2012
Un petit air de déjà lu ?
Ecrit par Mimille à 11:17
— Catégories : Geekeries et Méta-Blogage
Peut-être que vous êtes déjà venu mais je viens de tout rénover. Par ci par là, ça s'appelait, ici, avant. Un blog avec plein de mots et de virgules. Je tente une (N-ième) réouverture. Définitivement, il y a des choses que je ne peux dire qu'ici, et dire ces choses me manque.
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dimanche 29 mai 2011
L'insoutenable amour de l'être
Ecrit par malie à 22:38
— Catégories : En consigne, Parentalité
On était en train de rentrer à la maison, on écoutait la radio, c'était les infos. On ne pouvait pas s'empêcher de ponctuer chaque nouvelle information par des commentaires encore plus négatifs que ce que l'on entendait, et progressivement on a dévié vers une discussion généraliste dans laquelle tout était motif de dégoût. Dans ces moments-là je ne comprends plus l'humanité, je ne me sens aucunement en phase avec mon espèce, je déteste ça. Je pleure alors sur ce monde où je ne peux m'empêcher de penser de demain sera toujours pire qu'aujourd'hui, à tous points de vue.
Je me dis que le monde est pourri et je ne vois aucune piste pour que ça s'arrange, au contraire tout ce qui me vient à l'esprit ce sont des sujets où je crains ce qu'il adviendra de nous dans les 5 ou 10 ou 50 ou X années à venir. Plus rien n'est positif, rien n'est encourageant, tout est grave et lourd et complexe. A quelle vitesse est-on en train de détruire l'humanité, et de détruire la planète ?
Je me tourne vers ma fille, qui dort paisiblement dans son siège auto. Je ne peux m'empêcher en la regardant de penser à ces gens qui déclarent refuser d'avoir des enfants parce que le monde est trop pourri. Je me dis que, tout compte fait, ils n'avaient peut-être pas tort, que c'est rudement égoïste de donner la vie à des enfants dans un contexte si minable, si insoutenable, si honteusement nul.
Je lui caresse les cheveux.
Cette enfant est la plus douce, la plus merveilleuse créature de l'univers. Je ne l'ai pas mise au monde dans un monde de brutes : elle est l'exacte antithèse de tout cela. Dans son regard se concentre toute la beauté du monde. Cet être extraordinaire est elle aussi le monde, et alors le monde est beau, et alors la douceur existe, et alors toute l'humanité est sauvée par son existence, par le simple fait que c'est possible d'exister et d'être bon. Rien que cela, sauve tout.
J'aime ma fille, et parce que cet amour existe, parce qu'il me permet d'être émerveillée, soulevée de cette tristesse où je suis enlisée, et alors le monde est merveilleux.
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vendredi 20 mai 2011
ENCORE une nouvelle écharpe ?!
Ecrit par malie à 22:56
— Catégories : Écharportage, Parentalité
C'est ce que l'homme s'exclame lorsqu'il nous voit baver sur un site de vente en ligne ;-)
Bon, je commence un premier billet sur mon expérience du portage, j'ai envie de dire beaucoup de choses et ne sais pas par où commencer, alors peut-être que le plus simple, c'est d'abord de lister ce que j'ai essayé comme mode de portage. C'est juste un aperçu, je reviendrai sur mes préférés dans des billets dédiés (parce qu'ils le valent bien ;-)).
Première écharpe en sergé
Ma fille a été portée dedans les premiers jours, en double croisé.
Puis en croisé simple.
Puis en kangourou ventre.
Et ces derniers temps en kangourou dos.
L'écharpe est enfin assouplie, mais je viens de prendre la décision de la vendre.
Deuxième écharpe en sergé
J'ai donc fait surtout des kangourous, ventre d'abord puis dos. J'ai testé plein de finitions pour le kangourou dos, nouage sous la poitrine, sur la poitrine, sans noeud, sous les fesses du bébé, sur une épaule,...
Des doubles hamacs dorsaux. On me disait que ça serait pas possible avec une 3,60m mais en fait c'est juste parfait !
Là j'ai fait un premier atelier de portage, puis un second, puis j'ai rencontré plein de mamans avec plein de moyens de portage différent, et j'ai commencé à craquer...
Un sling en tissage diamant
Donc j'ai acheté un sling.
Un Storchenwiege leo bleu.
Le sling, c'est simplement génial. Et le tissage diamant, une merveille de confort. J'ai porté d'abord devant puis dans le dos, un peu, pour jouer surtout. J'ai pas mal allaité dedans aussi (pratique quand on est la bourre et qu'on a besoin de ses deux mains). Mais quand la petite a passé les 8 kilos, comme on fait toujours des portages longs, on a commencé à avoir mal à l'épaule en portage asymétrique, donc je l'ai revendu, et...
Un porte bébé type chinois
...Et alors c'était mon anniversaire et j'ai décidé de me faire offrir un Storchenwiege Babycarrier.
Bilan : une merveille. C'est un genre de porte-bébé chinois en un peu plus technique avec plein de réglages. C'est un jeu d'enfant à installer, devant comme derrière. Je peux porter des heures et des heures avec sans douleur. Et c'est très physiologique même avec un tout jeune bébé (cela dit, ma fille tenait déjà son dos quand je l'ai acheté).
Mais je reste malgré tout une afficionada des écharpes, que j'utilise quotidiennement, parce que je trouve que ça reste le must en matière de sur mesure. Mais je n'avais pas encore trouvé mon bonheur. Et en même temps, j'étais très curieuse de tester une écharpe en jacquard pour en avoir lu autant de bien, mais finalement ça reste assez rare parce que cher (quoi que comparé à une Lana c'est en gros le même prix, sauf que j'ai pas trouvé mon confort en Lana). Donc après des mois d'hésitations et suite à une succession d'heureux hasards, je me retrouve à avoir tout récemment acheté (ça remonte à une semaine) :
Une écharpe en jacquard
Et c'est pas bientôt fini ?!
Ben non, à présent je commence à rêver de me trouver (à acheter ou à faire) un onbuhimo parce que ça a l'air intéressant. Et puis j'aimerais tester un mei tai tout simple. J'ai tenté deux porte-bébés physiologiques "classiques", un Ergo Baby Carrier et un Manduca, ça porte bien c'est incontestable, mais ça ne m'apporte pas les plaisirs du portage. Par ailleurs les utilisateurs quotidiens ont relevé plein de problèmes plus ou moins gênants avec ces systèmes. Et je trouve ça trop massif. Et enfin, il faut que j'essaie une écharpe souple mais ce n'est pas la bonne saison puisqu'il paraît qu'elles sont trop enveloppantes pour l'été...
Je reviendrai sur le Storchenwiege Babycarrrier et sur la Jade dans des billets dédiés parce que ce sont deux super moyens de portage et que j'ai pas mal de choses à en dire. Et là j'ai déjà été très bavarde.
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mercredi 11 mai 2011
Un pas après l'autre (mais tout de même, c'est le printemps)
Ecrit par malie à 18:41
— Catégories : Balades herboristiques, En consigne, En photo, Nature, Parentalité, Provence, Var
Comme le temps passe vite ! En fait je ne sais pas par où (re)commencer, pas envie de faire un résumé de "ma vie entre temps", pas envie non plus de reprendre comme si je n'avais jamais arrêté parce que... parce qu'il m'était venu une certaine aisance, une certaine légèreté avec la pratique quotidienne que j'ai perdues avec le temps passé depuis.
Mais comment faire alors ?
Je pourrais commencer par mettre un cliché d'un genre connu. Orchis anthropophora, l'orchis "homme pendu". Bien contente d'en avoir trouvé une station tout près de chez moi (dans un endroit tout à fait inattendu, comme d'hab'), puisque je n'en avais jamais vu en vrai encore.
Mais c'est difficile comme tout de reprendre la photo herboristique avec un bébé porté, même dans le dos. Elle n'a évidemment pas la même patience que moi pour ces choses ; bien qu'elle soit en ce moment complètement fascinée par les arbres, alors je me fais une joie de lui montrer en détail toutes les espèces qu'on croise (quand je pense que tous ses premiers mois j'attendais avec impatience de lui faire toucher un arbre !).
Et elle goûte à tout évidemment, y compris les fleurs... une pâquerette (pas grave) et un iris (moins bien) en ot déjà fait les frais depuis le début de la semaine.
Ah ! Tiens... (un coq-à-l'âne total) je devrais faire des post antidatés, sur les couches lavables, sur mes modes de portage, sur la diversification, sur l'allaitement, sur le cododo, sur l'éducation non violente, sur la couture, sur le projet de naissance sans violence,... et puis aussi sur le travail (ou pas), et puis sur la vie en général, et sur tout ce qui a changé, et sur les chevaux, et sur les plantes, et sur, et sur...
Mais pourquoi antidatés en fait ? Peut-être parce que ça m'impressionne beaucoup, tout ce qui s'est passé, pendant tout ce temps loin d'ici.
C'est comme le début de chaque chemin : il faut commencer par un premier pas puis un autre et un autre, et une fois qu'on en a fait quelques-uns ça devient très vite plus facile. Allez allez, le plus dur c'est de commencer, et ça c'est déjà fait.
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mardi 12 avril 2011
Mentir pour protéger
Ecrit par Mimille à 23:51
— Catégories : En consigne, Parentalité
Je suis loin d'être une personne parfaite. J'essaie de m'améliorer régulièrement, malgré tout. J'essaie de me rapprocher de ce que je préférerais être, lorsque je ne suis pas heureuse de ce que je fais. Mais c'est difficile. Même de savoir ce que je préférerais m'est difficile, parfois.
On parle d'une situation sur un forum de discussion. Je raconte que, ne sachant pas comment faire autrement, j'ai préféré mentir à des amis pour protéger une minorité en danger. On me tombe un peu dessus : cela choque que j'envisage que mentir puisse être une solution possible. Je le comprends. Mais je trouve ça tellement minime par rapport à ce que j'avais tâché d'empêcher par mon mensonge !
Alors je me sens attaquée. Même si ce n'est pas vraiment le cas, j'ai un mal fou à supporter que l'on remette en question ce que je fais. Je sens bien que je deviens de mauvaise foi, même si j'essaie de ne pas l'être, même si j'essaie de rester honnête, c'est tellement difficile. Non, je ne me mets pas à mentir pour autant, mais... j'aime pas qu'on me dise que c'est pas bien ce que j'ai fait. Même si je suis d'accord ! (peut-être même surtout si je suis d'accord ?)
Je ne regrette pas d'avoir menti ce jour-là, dans cette situation-là. Ne serait-ce que parce que même si ce n'était sans doute pas la solution idéale, c'était alors la meilleure que j'avais trouvée et c'est celle qui aura causé le moins de mal, et c'était ça que je voulais. Donc, j'assume mon mensonge.
Mais je reste d'accord avec les filles qui me disent que mentir de doit pas être une solution viable, que mentir ne peut pas être la seule solution possible, qu'il y a toujours une alternative. Et là je me demande : qu'est-ce que j'aurais pu faire d'autre ? Si la situation se présente à nouveau, qu'est-ce que je pourrai faire pour ne pas mentir et pour ne pas causer plus de souffrance que si j'avais maintenu mon mensonge ?
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Et pendant ce temps, j'ai senti sous mes doigts un tout petit bout de quenotte qui a percé aujourd'hui dans la bouche de ma fille... tout cela passe si vite et j'ai un mal fou à réaliser que ça sera devenu de lointains souvenirs dans 10 ans, 20 ans, 50 ans... sa première dent.
Maman, c'était quand ma première dent ? C'était avant tes 8 mois ma chérie. C'était le printemps, un jour où le mistral s'est levé après déjeuner, des amis étaient venus manger à la maison. On avait bien ri, ton père avait discuté avec un vendeur de scie portative du Haut Verdon, tu avais fait une belle sieste dans l'après-midi et en te réveillant, tu avais ce petit bout de dent qui pointait dehors.
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